20/20 : Centenaire Boris Vian. OOn se souvient de son frère Alain à St Germain…

Pour la petite histoire, un frère de Boris Vian, grande silhouette distinguée à cheveux blancs coiffés en arrière, était luthier à St Germain des prés. Rue de L’Échaudé. Non, en fait, rue Grégoire de Tours. Les voici tous deux enfants prometteurs du feu de leur créativité…

Vers 1933. Cela s’écoulera bien avec Camille. http://www.allformusic.fr/camille/chansons
Et votre serviteur sur un tournage en costumes de la même époque, les années quarante..


Alain Vian

Je l’ai aperçu parfois, en passant dans la rue de son échoppe (il y a 30 ans). Il travaillait, penché sur quelque instrument, concentré, longs cheveux blancs formant comme une crinière sur sa nuque, comme un profil de chef d’orchestre, un peu léonin, ressemblant pas mal à son frangin.
Alain était aussi musicien.

C’est en allant manger au resto l’Auvergnat, juste à côté, avec la bande des Marseillais, que j’en appris l’existence : le patron m’en avait parlé, tandis que j’évoquais ma passion pour l’univers de Vian.

Alain témoigne ici avec quelque humour du temps du Tabou.

Il avait un faible pour le piano automatique, dirait-on : il composa nombre d’œuvres avec ce drôle d’instrument.

Il m’apparut comme un Boris… qui aurait pu vieillir. Je n’ai jamais osé rentrer pour discuter du passé.

Son frère Boris était « parti » depuis 30 ans déjà, en 59… Alain, lui, est mort  » le 30 novembre 1995 des suites d’une longue maladie, à l’âge de soixante-treize ans. »

Il tenait donc un magasin d’instruments anciens, rue Grégoire-de-Tours à Paris. Il n’était pas vraiment luthier. Il participa en 1947, avec ses deux frères, Boris et Lélio, à l’ouverture du cabaret de jazz de Saint-Germain-des-Prés, Le Tabou, en jouant de la batterie… Et y revînt souvent.

En 2020, 🍒 sur le gâteau mémoriel : le centenaire de la naissance de Boris Vian.
https://centenaireborisvian.com/vian-vivant/

L’affiche du Centenaire Vian

Premier lien : Visite guidée chez Boris à Montmartre. Dans la charmante Cité Véron, avec la conservatrice du patrimoine. La terrasse donne sur le derrière du Moulin Rouge… https://m.youtube.com/watch?v=djo3ZaOhr2g

C’est a côté de l’actuel « Bar à bulles » dont la terrasse, bien agréable l’été, donne aussi sur le dos du Moulin rouge.

Une Maison, un écrivain

Second lien : très bien aussi, une version longue ( dont on se délecte en deux parties), enrichie en docs sur la vie de quartier montmartroise de Boris. 🌀

Et tant d’autres… #jemesouviens


Ici, le bon album de reprises pour le cinquantenaire de la disparition de Vian, en 2009 : https://youtu.be/VEOKdKlhsZc

Bis refrain En 2020, 🍒 sur le gâteau mémoriel :
Ce sera le centenaire de la naissance de Boris Vian.
https://centenaireborisvian.com/vian-vivant/

Ironie du s (p)ort : Il mourût d’un arrêt du cœur pendant la première du film adapté de « J’irais cracher sur vos tombes ». Il paraît qu’il n’aimait pas ce film… De toute façon, il était affligé d’une maladie cardiaque, il connaissait son risque…
Ce qu’une jolie bande dessinée sur lui a raconté : il aimait aller a la piscine Molitor pour entretenir son souffle au coeur… Ce roman graphique s’appelle donc : « Piscine Molitor« .

Mais je m’égare, ma mémoire ondulant d’un souvenir à l’autre… N’est-ce pas aussi ainsi que c’est bon ?
D’ailleurs, le commentaire ci-dessous ( de Céline Proust) apporte un complément d’éclairage :


-« Alain Vian était expert en orgues de barbarie. Il lui arrivait même de créer des cartons perforés pour telle ou telle mélodie. 💕. Mes parents le connaissaient et petite, j’ai eu le privilège de les accompagner dans sa boutique. C’était passionnant de le regarder travailler ! »

J’ajoute que la dernière fois que je suis passé devant son-ex boutique, celle ci s’était transformé en un  » shop de Sneakers ». Comprendre un magasin de baskets. Mais je crois que cela a rechangé depuis.

Mutatis mutandis… La mue urbaine est permanente. Tout se transforme en ville… Rien ne sert de faire la moue ! Retrouvons plutôt Boris, dit Bison, tout au long de l’année : le programme est assez chouette !

Bonus, un lien vers les clubs de Jazz du moment…

https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/une-nouvelle-generation-de-clubs-de-jazz-a-paris-seduit-un-plus-large-public-1160203#utm_source=le%3Alec0f&utm_medium=click’&utm_campaign=share-links_facebook

L’itinéraire parisien de Boris

Il est âgé de 22 ans quand il s’installe en 1942 avec sa femme et son fils au 98, rue du Faubourg Poissonnière (10e). Ingénieur fraîchement sorti de l’École Centrale, il est aussi chroniqueur traducteur en contrat avec Gallimard pour son second roman Vercoquin et le Plancton, et trompettiste dans l’orchestre de Claude Abadie. 

À défaut d’avoir un cœur solide, le pouls de sa vie parisienne bat rapidement à Saint-Germain-des-Prés (6e). À la terrasse des Deux-Magots comme à celle du Café de Flore, Vian refait le monde, parle de jazz et d’existentialisme avec Sartre, Simone de Beauvoir, Raymond Queneau ou Miles Davis. 

98, rue du Faubourg Poissonnière (10e)

L’ÂME DE SAINT-GERMAIN 

Le quartier est un microcosme. Vian en décrypte les mythes, les personnalités, les rues pour en rédiger le mode d’emploi dans Manuel de Saint-Germain-des-Prés. Mais attention, « ce n’est pas après l’avoir lu que vous serez apte à terminer votre vie dans une cave », ironise-t-il. 

La nuit, l’âme de Saint-Germain se fait souterraine. Oubliées les horreurs de la guerre, poètes et musiciens se retrouvent dès 1945 dans les caves pour « jazzer ». Au 33 de la rue Dauphine (6e), le sous-sol du café Laurent abrite Le Tabou. Boris y joue de la « trompinette » avec ses deux frères, Juliette Gréco récite des poèmes de Queneau, et les zazous dansent le be-bop introduit par Gillespie. Le « Prince de Saint-Germain », comme il est surnommé, fréquente tous les sanctuaires, du Club Saint-Germain au Montana, rue Saint-Benoît (6e), en passant par le Caveau de la Huchette (5e)

Quand, en 1950, le cœur du trompettiste l’empêche de souffler dans son instrument fétiche, son frère lui offre une guitare-lyre sur laquelle naîtra Le Déserteur. Le cadeau trône, encore aujourd’hui, dans l’appartement du 6 bis, cité Véron (18e), où il emménage en 1952 avec sa seconde femme, la danseuse Ursüla Kübler.

6 bis rue cité Véron

VOISIN DE PRÉVERT 

Après avoir vécu dans une chambre de bonne au 8, boulevard de Clichy (18e), il s’agit là de son premier véritable appartement. Il donne sur une terrasse qu’il partage avec la famille de Jacques Prévert, et domine le Moulin Rouge. Libertaire, passionné de voitures et de science-fiction, Vian possède de multiples facettes qu’il cache sous une soixantaine de pseudonymes ! Le plus célèbre reste l’hétéronyme Vernon Sullivan, auteur de J’irai cracher sur vos tombes, condamné pour outrage aux bonnes mœurs. 

En 1953, Vian raccroche avec l’écriture. De L’Écume des jours à L’Arrache-Cœur, aucun des livres signés de son vrai nom n’aura eu de succès, contrairement aux romans noirs de Vernon Sullivan. Son univers, cité Véron, devient alors plus que jamais dédié à la musique. Sur le piano du salon, il compose avec Henri Salvador, Alain Goraguer, prépare ses tours de chant aux Trois-Baudets (18e). Entre la chanson, l’écriture théâtrale et la direction artistique chez Philips, l’artiste ne se laisse pas beaucoup de répit. Et sa santé fragile en pâtit. 

Le 23 juin 1959, au cinéma Le Marboeuf (8e), alors qu’il assiste à contrecœur à la projection de l’adaptation de son roman J’irai cracher sur vos tombes, Boris Vian s’effondre, victime d’une crise cardiaque quelques minutes après le début du film. Coup du sort de ce titre maudit qui aura fini par le condamner définitivement. 

7 réflexions sur “20/20 : Centenaire Boris Vian. OOn se souvient de son frère Alain à St Germain…

    1. Avant d’avoir connuLes chiens noirs du MexiqueQui dorment sans rêverLes singes à cul nuDévoreurs de tropiquesLes araignées d’argentAu nid truffé de bullesJe voudrais pas creverSans savoir si la luneSous son faux air de thuneA un coté pointuSi le soleil est froidSi les quatre saisonsNe sont vraiment que quatreSans avoir essayéDe porter une robeSur les grands boulevardsSans avoir regardéDans un regard d’égoutSans avoir mis mon zobeDans des coinstots bizarresJe voudrais pas finirSans connaître la lèpreOu les sept maladiesQu’on attrape là-basLe bon ni le mauvaisNe me feraient de peineSi si si je savaisQue j’en aurai l’étrenneEt il y a z aussiTout ce que je connaisTout ce que j’apprécieQue je sais qui me plaîtLe fond vert de la merOù valsent les brins d’alguesSur le sable onduléL’herbe grillée de juinLa terre qui craquelleL’odeur des conifèresEt les baisers de celleQue ceci que celaLa belle que voilàMon Ourson, l’UrsulaJe voudrais pas creverAvant d’avoir uséSa bouche avec ma boucheSon corps avec mes mainsLe reste avec mes yeuxJ’en dis pas plus faut bienRester révérencieuxJe voudrais pas mourirSans qu’on ait inventéLes roses éternellesLa journée de deux heuresLa mer à la montagneLa montagne à la merLa fin de la douleurLes journaux en couleurTous les enfants contentsEt tant de trucs encoreQui dorment dans les crânesDes géniaux ingénieursDes jardiniers joviauxDes soucieux socialistesDes urbains urbanistesEt des pensifs penseursTant de choses à voirA voir et à z-entendreTant de temps à attendreA chercher dans le noirEt moi je vois la finQui grouille et qui s’amèneAvec sa gueule mocheEt qui m’ouvre ses brasDe grenouille bancrocheJe voudrais pas creverNon monsieur non madameAvant d’avoir tâtéLe gout qui me tourmenteLe gout qu’est le plus fortJe voudrais pas creverAvant d’avoir goutéLa saveur de la mort…

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    2. I wouldn’t want to dieBefore having knownThe black mexican dogsWho sleep without dreamingThe butt-naked monkeysGobbling up tropicsThe silver spiders inWebs riddled with bubblesI wouldn’t want to dieNot knowing if the moonBehind its fake nickel lookHas a sharper sideIf the sun is coldIf the four seasonsAre really only fourNot having triedTo wear a dressOn the boulevardsNot having peepedThrough a sewer peepholeNot having put my dickInside weirdo cornersI wouldn’t want to endWithout experiencing leprosyOr the seven diseasesOne catches over thereNeither the good nor the badWould cause me some sorrowIf if if I knew thatI would get it firsthandAnd there iz alsoEverything I knowEverything I likeThat I know that I likeThe green bottom of the seaWhere the seaweeds waltzOn the rippled sandThe burnt grass in JuneThe crackling earthThe smell of conifersAnd the kisses of the oneShe’s this and she’s thatThe belle here she comesMy bearcub, UrsulaI wouldn’t want to dieBefore having used upHer mouth with my mouthHer body with my handsThe rest with my eyesI say no more one shouldRemain politeI wouldn’t want to fadeWithout someone inventingEternal rosesThe two hour dayThe sea at the mountainThe mountain at the seaThe end of painNewspapers in colorAll children happyAnd so many other tricksThat sleep inside the brainsOf genius engineersOf jovial gardernersOf concerned socialistsOf urban urbanistsAnd of thoughtful thinkersSo many things to seeTo see and to hearSo much time to waitSearching in the darkAnd me I see the endIt swarms and it comes closerWith its ugly faceAnd it opens its arms to meLike a cripplety frogI wouldn’t want to dieNo sir no madamBefore having testedThe taste which torments meThe taste which is the strongestI wouldn’t want to dieBefore having tastedThe flavour of death…

       

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    3. I wouldn’t want to dieBefore having knownThe black mexican dogsWho sleep without dreamingThe butt-naked monkeysGobbling up tropicsThe silver spiders inWebs riddled with bubblesI wouldn’t want to dieNot knowing if the moonBehind its fake nickel lookHas a sharper sideIf the sun is coldIf the four seasonsAre really only fourNot having triedTo wear a dressOn the boulevardsNot having peepedThrough a sewer peepholeNot having put my dickInside weirdo cornersI wouldn’t want to endWithout experiencing leprosyOr the seven diseasesOne catches over thereNeither the good nor the badWould cause me some sorrowIf if if I knew thatI would get it firsthandAnd there iz alsoEverything I knowEverything I likeThat I know that I likeThe green bottom of the seaWhere the seaweeds waltzOn the rippled sandThe burnt grass in JuneThe crackling earthThe smell of conifersAnd the kisses of the oneShe’s this and she’s thatThe belle here she comesMy bearcub, UrsulaI wouldn’t want to dieBefore having used upHer mouth with my mouthHer body with my handsThe rest with my eyesI say no more one shouldRemain politeI wouldn’t want to fadeWithout someone inventingEternal rosesThe two hour dayThe sea at the mountainThe mountain at the seaThe end of painNewspapers in colorAll children happyAnd so many other tricksThat sleep inside the brainsOf genius engineersOf jovial gardernersOf concerned socialistsOf urban urbanistsAnd of thoughtful thinkersSo many things to seeTo see and to hearSo much time to waitSearching in the darkAnd me I see the endIt swarms and it comes closerWith its ugly faceAnd it opens its arms to meLike a cripplety frogI wouldn’t want to dieNo sir no madamBefore having testedThe taste which torments meThe taste which is the strongestI wouldn’t want to dieBefore having tastedThe flavour of death…

       

      Caro Olivier,
      Fallait-il qu’il nous en souvienne ?
      Signé : la dorsale mémorielle de la Seine, les promenades en barque sur icelle, les virées dans vos Aston Martin le long d’icelle, en passant par la péniche de pierre Richard…

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