Machines à bonheur : Edwards Bernays, neveu de Freud

A voir absolument, en 3 épisodes. Le quatrième est notre quotidien ! Ou Comment Edwards Bernays, le neveu de Sigmund Freud, devenu gourou du marketing comportementaliste, au profit de la sélection du moi consommateur (par les marques et le marketing de l’émotion), a recyclé des découvertes freudiennes au profit de la communication produit ! Cela vous a des accents orwelliens, avec un goût d’aujourd’hui prononcé… Il a su transformer le corps désirant (plus tard, cher à Deleuze) en machine à bonheur compensant ses petites amertumes. Et, son amer manque de thune !

Un bémol : On voudra bien pardonner quelques notes complotistes qui nous ennuient un peu, sur le fond de la forme.

La série n’est pas diffusée sur « Netflux » !

Le talent d’d’Edward Bernays est d’avoir su trouver des applications pratiques aux découvertes sur l’inconscient de son époque. Les théories de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, de Wilfred Trotter sur la psychologie sociale, et bien sûr celles de son oncle Freud sur la psychanalyse lui ont permis, aux côtés par exemple de Walter Lippmann, l’auteur de la Fabrique du consentement, d’industrialiser la manipulation de l’opinion publique à des fins économiques et politiques.

Sa femme et partenaire, Doris Fleischman, lui a vivement suggéré de ne pas utiliser le terme trop connoté de propagande pour leur commerce. Elle inventa, pour le remplacer, celui de relations publiques qui fait encore florès…

Documentaire d’Adam Curtis réalisé pour la BBC en 2002, retraçant, en 4 épisodes d’une heure, l’influence de la psychanalyse au fil du 20ème siècle, de la propagande d’Etat (l’invention des « relations publiques » qui constituent aujourd’hui encore le mode de communication des institutions dominantes) jusqu’à la recherche personnelle du bonheur et l’exacerbation de l’individualisme à visée commerciale et d’asservissement consenti des masses (l’invention du « consommateur »).

« De quoi comprendre comment nous en sommes arrivés à vivre dans la société de masse destructrice et démentielle dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Nos dirigeants et les institutions dominantes s’appuient toujours, grosso modo, sur les travaux anti-sociaux de Bernays, Freud, et Co. La véritable démocratie est plus que jamais proscrite, inconcevable (pour une analyse plus détaillée de l’anti-démocratie moderne, qui permet d’ailleurs de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette série, il faut lire, par exemple, les ouvrages de Francis Dupuis-Déri, « Démocratie : histoire politique d’un mot », et « La peur du peuple »). La propagande est plus que jamais omniprésente. La plupart des individus ont accepté le qualificatif de « consommateur » (pour la même raison qu’ils ne remarquent pas ou ne s’offusquent pas de l’omniprésence de la propagande). Le narcissisme domine la société de consommation. L’idiocratie est bien en place. »

Tous droits réservés

https://www.franceculture.fr/societe/a-l-origine-des-fausses-nouvelles-l-influence-meconnue-d-edward-bernays

2 réflexions sur “Machines à bonheur : Edwards Bernays, neveu de Freud

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