À Cannes cet été ? Rêves et cabanes d’Agnès Varda (villa Domergue, la Malmaison) et l’agenda


Elle aimait bien affirmer qu’elle réalisait des documenteurs. Façon de dire qu’on f(r)ictionne toujours ce que l’on veut bien donner à voir. Que rien n’est objectif. Mais si tout est format. L’œuvre d’Agnès se classe… hors format. Son art est comme un petit mensonge sans importance, mais précieux. Comme une cabane ne prenant jamais l’eau ? Comme un coquillage déchu de la Mer ? Ne jamais choisir. L’un de mes documentaires préférés d’elle est : Les glaneuses.

Elle aimait marquer les limites de son absence de limites. Son Cannes est forcément une fiction de plus. Co-mise en scène par sa fille Rosalie, le temps d’un été en deux lieux. La voilà perchée sur l’affiche, Agnès, avec sa fameuse coupe bicolore, assez post-punk dans l’âme… Cette grande glaneuse d’éternel a traversé bien de belles utopies pas encore en cabane, de ses débuts à Sète à sa rue Daguerre à Paris, en passant par la sensualité… des coupoles et minarets dans l’Iran libre d’avant. Un doc-ovni de 28 mn…

Cet été bien frappé (car jusqu’au 20 Novembre en fait), la ville des stars et des tzars présente dans deux jolis maisons et espaces une exposition consacrée à celle qui fut cinéaste, photographe, plasticienne et documenteuse : Du 8 juillet au 20 novembre 2022 au Centre d’art la Malmaison et du 8 juillet au 18 septembre à la Villa Domergue.

Rosalie Varda, directrice artistique et co-commissaire de l’exposition avec Hanna Baudet, directrice du Pôle d’Art Contemporain de Cannes, mettent à l’honneur l’univers d’Agnès, dans la ville qui l’a célébrée pour sa filmographie foisonnante. Á travers une exposition estivale autour de la mer, de la plage et des cabanes, thèmes récurrents dans son travail de cinéaste et d’artiste plasticienne.

La fiction cannoise d’Agnès

Remontons le temps : Agnès y est venue pour la première fois en 1962 avec son film Cléo de 5 à 7, en compétition. Dans son autobiographie, Varda par Agnès (1994), elle dit :

« On est tous allés à Cannes. Corinne Marchand avait l’air d’une starlette des années cinquante à Hollywood. Moi, je m’étais fait faire pour le grand soir de présentation une robe de cirque avec une cape transparente à paillettes, car on montait sur scène à l’époque. Notre succès à Cannes, vécu avec innocence et émerveillement, a fait connaître le film dans le monde entier et j’ai été invitée partout. »

« Du côté de la Côte », un film d’Agnès Varda : un sirop de l’Éden ?
Du côté de la Côte », un film d’Agnès Varda : la couleur des rêves ?


Ensuite, en 1964, Jacques Demy a gagné la Palme d’Or avec son film Les Parapluies de Cherbourg. Il a été membre du grand jury en 1977 ; Agnès en 2005. Treize des films d’Agnès sont allés en sélection officielle. Elle a reçu la Palme d’honneur en 2015 et a monté les marches en 2018, accompagnée de 81 autres réalisatrices. En cette année 2022, pour le 75e anniversaire du Festival, Thierry Frémaux a décidé de rendre hommage à Agnès en donnant son nom à la salle éphémère du Festival. « Tous les ans elle sera là avec nous. » commente-t’il.

Une cabane, c’est « une petite habitation grossièrement construite ». Il en est de mille sortes : celles que font les enfants dans leur chambre, celles que les parents fabriquent pour leurs enfants, celles que l’on fait dehors, dans les bois, sur la plage… Dans sa tête et ses rêves, dans ses voyages réels, réinventés, inventés.

En cabane- fiction

Agnès les aimait tellement ! Les visiteurs-spectateurs pourront découvrir à la Villa Domergue un montage de tous les extraits de ses films dans lesquels il y a des cabanes.

«  Elle les aimait tellement qu’elle m’en avait fait construire une dans notre maison de famille. Une petite cabane en bois, peinte d’un joli bleu vert qui a enchanté mon enfance, puis celle de mes trois garçons et maintenant celle de mon petit-fils Maurice. Hanna Baudet et moi avons eu envie d’installer dans le beau salon de la Villa Domergue une série de photographies de cabanes prises par Agnès en 2005 et 2006 pour le catalogue de son exposition « L’Île et Elle » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain et, en face, une nouvelle cabane : La Tente de Sans toit ni loi. Cette installation, que nous venons de produire, est constituée de pellicules de film 35 mm. En guise de cabane, Mona, le personnage du film Sans toit ni loi, réalisé par Agnès en 1985, avait une modeste tente de camping. » Rosalie, fille d’Agnès Varda. Qui vous a de faux airs en plus jeune de l’Ariane M. de La Criée. Logique : de toute façon, tout est fiction.

Touchant sutoportrait sur la fin sans tête de star. Quoique ?
Une cabane en pellicule d’Agnès. S’y tisser son film ou y prendre les eaux…
Dans un tableau de Bergame, 1969

L’agenda culturel de l’été Des manifestations ponctuelles aux rendez-vous phares de la saison cannoise, l’Office du Tourisme livre le calendrier évènementiel :
cannes-destination.fr/agenda-des-evenements-cannes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s