Entre arbres à Hanoï et atterrissage serré à Hong-Kong

À Hanoï, j’aimais traverser à gué la voie ferrée pour rallier un studio rbnb plus difficile à trouver que sur carte. Maps est insuffisante dans une résidence en barres. Il pleuvait moins qu’aujourd’hui à Paris, il faisait un peu froid. Il n’y a pas de Tropiques en décembre au Nord-Vietnam. L’hiver y frissonne gentiment.

Ce ficus géant, prenant la lumière restante, me subjuguait. Il m’en faut peu, parfois.
On fait pour braver le froid du café très fort, trop, amer sirop. Le premier expresso m’avait vraiment surpris. Imbuvable. Un homme m’avait expliqué cela à une terrasse où je me suis à l’instant retéléporté. J’aimais me perdre, goûter des plats zarbi, border line, étouffant parfois dans les embouteillages de deux roues. La ville dense…

« (…) J’avais envie de me comparer aux arbres qui sont muets et que ne tenaille aucun besoin de réfléchir, eux qui sont là, tranquilles, qui forment la forêt et qui vivent sans l’obligation de se creuser la tête pour savoir pourquoi, eux qui ont le droit de grandir sans devoir s’en réjouir ou s’en attrister, sans avoir à se poser toutes sortes de questions, ainsi que le font les pauvres humains agités, ballottés entre l’exaltation et le découragement, faibles, anxieux, éternellement pressés, sans pour autant progresser dans leurs principales affaires, puisqu’en dépit de leur intelligence très évoluée, ils demeurent piteusement collés à leurs a priori, à leurs opacités, et restent les esclaves craintifs de leurs tristes dispositions. » Robert Walser *

À Hong-Kong, on remettait parfois les gaz

Before its closure in 1998, Hong Kong’s Kai Tak airport was known as one of the most difficult to fly into. The airport was located right in the city and planes required a 45 degree turn to line up with the runway, literally flying in between high rise buildings to land.

Qui a connu cet avant 98 aérien ?

Eric B : « J’ai bien connu pour avoir fait une dizaine d’  » atterrissages cabine  » sur AF , dont certains avec remise de gaz obligatoire ! » – Moi : « Merci Eric, Vous étiez alors pilote je suppose. Ou photographe admis en cockpit ?
Qu’ est-ce svp que la remise de gaz ? » – Éric B : « Je ne suis que photographe, mais j’ai demandé dans tout mes voyage AF un atterrissage et un décollage en cabine avec les pilotes … le bonheur ! Remise de gaz ? Après une procédure d’atterrissage, les trains sortie, soit une mauvaise approche, une mauvaise vitesse, un vent trop violent, ou une panne dans la procedure, ils remettent les gas et tirent les volets afin de reprendre au plus vite de l’altitude, etc … » – Moi : « Bonheur de vivre une telle bohème risquée en cabine ! Remise de gaz : je comprends que les pilotes doivent donc effectuer une nouvelle boucle d’approche plus appropriée, moins risquée. »

Marcel L :  » Un super souvenir que l’atterrissage à Kai Tak, cet aéroport qui donnait sur un marché de rue… Aujourd’hui, il y a des immeubles d’habitation sur la colline. Je crois qu’il y avait une qualif spéciale pour les pilotes pour s’y poser… Dans la même veine, Aberdeen et ses jonques sont parties… »

Martine C : « Génial ! J’adorais passer entre les immeubles en regardant les gens travailler. J’y allais souvent. Et puis il y a eu le nouvel aéroport, le 11 septembre… La magie avait soudain disparu. La procédure pour remettre les gaz peut dépendre aussi de la tour de contrôle. Par exemple si l’appareil précédent n’a pas dégagé la piste assez vite. Si des débris sont sur la piste ou autre chose… Dans ces cas-là, la remise des gaz est obligatoire avec la procédure dite en baïonnette (on se décale à droite de la piste, on ne la survole pas). Remettre les gaz n’est pas anodin !  »

Moi : « Merci pour l’explication…
D’ailleurs, cela fait un peu peur !
J’imaginais fort bien que ce n’est pas anodin, en particulier dans un tel rayon, si près du périmètre urbain ! « 

Martine : « Pour atterrir sur certains aéroports, Tenerife, Hong Kong (l’ancien), Saint-Martin, Madère, Les Açores… il faut quelques milliers d’heures de vol au compteur. Sur les petits aéroports de tourisme, ce qui pose parfois problème, comme aux Marquises, ce sont les pistes courtes, parce qu’il faut freiner très fort et qu’en cas de pb, tu n’as pas de solution… »

Parfois, en cas de problème, on a pas de solution…

Ainsi de l’écrivain Robert Walser. Le 25 décembre 1956, il quitte la clinique psychiatrique d’Hérisau dans laquelle il a été transféré contre son gré 23 ans plus tôt. Il marche dans la neige jusqu’à l’épuisement et la mort.
« Je suis couché, j’ai bien le temps,
je réfléchis, j’ai bien le temps.
Le jour est sombre, il a le temps,
plus de temps que voulu, du temps,
j’en ai à mesurer, du temps, du long temps.
La mesure croît avec le temps.
Une seule chose dépasse le temps,
c’est le désir, car aucun temps
n’égale du désir le temps. » (R. Walser)

* A propos des arbres de Robert Walser, une amie, Diane, ajoute ces propos : « Depuis il a été prouvé que les plantes et les arbres émettent des messages chimiques de stress, notamment à l’attention de leurs congénères…. Pas sûre qu’ils ne souffrent pas, et soient si différents de nous pauvres humains. C’est peut-être le lot commun des êtres terrestres… Que veux-tu, nous avons été dotés de réflexes (assurant notre survie par ailleurs), de matière grise et d’émotions, ce qui fait aussi tout le Miracle et le sel de la vie… Complexité d’être au monde. Peut être parce que nous sommes précisément là pour expérimenter, et nous inscrire dans le choix, le libre arbitre, la conscience. La conscience universelle. Particule de conscience dans l’océan de conscience universelle. Nous sommes comme les cellules d’un organisme, fait pour fonctionner de façon indépendante mais à l’unisson. L’infiniment petit et l’infiniment grand, systèmes se dupliquant à l’infini. Vu un truc scientifique absolument fascinant à ce sujet, vais essayer de te le retrouver. »

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