Quelle bûche (se) prendre ? L’embarras d’un choix superflu pour la fin du festin. Une Epiphanie…



Décembre est pour le citoyen décemment nanti ( celui qui peut acheter du superflu) un chemin semé d’embûches (le choix des cadeaux) et de bûches (le choix du vain gâteau). La bûche de Noël est le marronnier de saison : le train qui revient chaque décembre. Rien à faire pour en descendre…

Les bubûches. Comme chaque année, elles font leur come-back avec une nouvelle page shopping/ conso à écrire pour le journaliste art de vivre. Chaque communiqué reçu est un compartiment à ajouter aux wagons de renvois d’ascenseur à bûches qu’on ne mangera pas, heureusement d’ailleurs.

Puis viennent les galettes. J’ai reçu 38 communiqués pour bûches de luxe de grands hôtels et pâtissiers. Sans en goûter la moindre, je vous rassure… 

Avoir l’eau à la bûche

Plus créatives, plus belles, plus gourmandes que l’an dernier. Moins que l’an prochain ! Une lapalissade… En tout cas, les grandes Maisons et MOF pâtissiers rivalisent vraiment d’inventivité pour figurer parmi les meilleures bûches.

Un journaliste art de vivre reçoit leurs communiqués à partir de la mi-septembre, quand la chaleur est encore bien présente. C’est un peu surréaliste. On a peur que ça fonde. Puis la campagne de relance en novembre et, quand c’est enfin devenu d’actualité, une dernière salve en décembre.

Ce panorama de la bûche de luxe est aussi beau qu’un peu écoeurant. Le pushing de promotion, comme l’allure de la barre : fusée, lingot, sphère ou boule, voire soulier ou luge gelée, glacée à l’extérieur, plus ou moins mousseuse inside. Sur base ou inserts croquants. Pour créer du contraste sous la dent.

La bûche ? Le superflu par nature

La vocation de la bûche, arrivant en fin de repas, en excès, après le fromage en plus, après la débauche d’usage pour un tel repas de Réveillon, est d’être en trop, superflue. La bûche est vaine. Encore plus avec un vin sucré, pétillant ou non. C’est ainsi que le Réveillon endort ses convives…

Écoeurantes ou pas, les préparations mousseuses des bûches sont tout de même meilleures que… les gels hydroalcooliques avec lesquels les bonnes gens se frottent les mains sans fin dans les transports en commun.

Ma bûche préférée la joue minérale :

Parmi les 38 (47, un mois après) communiqués pour luxueuses bûches pâtissières reçus , voici ma préférée… En allure. S’en dégagent en effet une jolie minéralité, les nervures d’un bois flotté, comme un rondin, une souche… Un peu de Land art en version bûche. Le contenu est une Forêt noire revisitée par la prometteuse jeune chef pâtissière coréenne, Narae Kim. Resterait à la goûter quand elle sera disponible… Pas la Chef, sa bûche.
Mais on ne vous le proposera pas : vous ne pe(n)sez pas assez lourd (en termes d’audience) pour valoir cela. Ce n’est pas grave. Si vous les goûtiez toutes, vous fondriez  comme une baudruche en mousse pâtissière !

Ma numéro 2 est un soulier, la bûche du Lutetia…

Et en plus, si vous les goûtiez toutes…

j’aurais goûté
tu aurais goûté
il aurait goûté
nous aurions goûté
Cela vous aurait dé-goûté bonbon !
Cela leur aurait coûté bonbon (de les acheter toutes pour ensuite en vomir toute la mousse en banquise).

Cela vous aurait gâté, comme trop de bonbons ! Je préfère n’en manger qu’une, de bûche, le 25. Voire deux, allez ! Ma non troppo !

Puis vient le temps béni de l’épiphanie. Ça me va car cest un riche confit à la pâte d’amande. J’adore aussi les croissants aux amandes. Je viens de m’en manger un, juste avant mon reste de poulet -recustomisé sauce coco- patates douces.

Bon, la bûche, c’est bof. Mieux vaut en voir de vraies, enneigées. Ma bûche est une première neige. Un hors-piste. Un sapin d’artiste. Quel est vôtre préféré ?

Dali est christique, goth
Qui s’y frotte…
Basquiat annonce la galetta
Manquent
Chagall, Calder, un sapin-cri bien munchien…

Quels sont vos gâteaux préfèrés ?

Les miens : amandines aux poires ou abricots- chibouste – crème, pardon, Puys d’amour de Bourdaloue ( n’existe plus) – fraisier et framboisier – pastel de nata – galette des rois.

Retour à la galette

Chez le pâtissier Philippe Conticini, on a pensé à la galette équitable. Pas une mauvaise idée. Avec de l’argan d’Orient (en huile, en pâte) en plus de la pâte d’amande.

J’en utilise moi, de l’huile d’argan. Elle a un délicieux petit goût de noisette, mais pas seulement : c’est le petit plus de l’argan, déjà connu un cosmétique.

C’est Fatimine qui la produit, l’huile d’argan que j’ai goûté. Une femme croisée cet été. Elle a travaillé pendant des années à la création d’un label pour la filière argan de l’Atlas marocain et au classement UNESCO en biosphère de la zone de production millénaire. Du beau boulot pour Argania, sa marque artisanale d’huile d’argan. Sans gluten ni OGM. En plus, c’est très pur esthétiquement, une noix d’argan. Un genre de gland de chêne, d’un brun un ton plus clair… Argania joue sa petite partition gustative

La galette des reines de Conticini…

Une Galette Engagée

Pour chaque Galette des Reines vendues, 1€ est reversé à la Fondation Tamrart. Cette association est directement adossée à True, autre société marocaine d’huile d’Argan, qui fournit la Maison Philippe Conticini pour cette création unique de l’Epiphanie. 

Discours de marque : un cercle vertueux permet ainsi d’aider à  l’autonomisation des femmes, à pérenniser la culture authentique et ancestrale de l’Arganier, tout en ne faisant aucune concession sur la gourmandise.

Une Galette Aux Notes méditerranéennes : le joli blabla

« De cette recherche d’engagement et de sens qui a guidée les  Éclaireuses et la Maison Philippe Conticini » ne pouvait naître qu’une galette aux saveurs méditerranéennes.  

Le Chef propose une recette absolument inédite, au  carrefour entre sa crème d’amande traditionnelle et généreuse, et l’Amlou, une pâte à tartiner terriblement gourmande, d’origine Berbère.  une crème pâtissière vanille onctueuse, une poudre d’amande délicate, du miel, de l’huile d’argan, et une pâte de noisettes. Le tout, souligné par un trait de confit d’orange, qui vient remplacer la traditionnelle note de Rhum, et permet d’apporter une belle dimension en dégustation.
L’ensemble est déposé sur un feuilletage inversé traditionnel qui a fait la renommée de la galette de Philippe Conticini.
Le décor rend quant à lui hommage aux traditionnelles pâtisseries méditerranéennes, avec des cheveux d’ange, apportant une note croustillante, et sur lesquels on devine le dessin d’une rose des sables mise en lumière par le sucre glace.

« Une véritable invitation au voyage (il y en aurait de fausses ?) sur les terres envoûtantes du Maghreb. « 

Une Galette généreuse

Généreuse, car cette année encore, la fève s’offre et se partage avec toutes les Reines de notre vie, tel un présent.
Un pendentif est dissimulé dans chaque galette, sur lequel on pourra y retrouver différents mots à offrir: “Unique”, “Courageuse” ou encore “Fabuleuse”.
« A vous de décider qui symbolise le mieux ce qualificatif, afin que la Reine désignée puisse porter, avec amour, ce pendentif autour du cou ou du poignet. »

C’est pas beau, ça, comme posture de marque pour modèle de galette ?

Avec l’Éternel retour du Covid, on ne mangera pas de galette ensemble au bureau. C’est ballot. J’en avais l’eau à la bouche. Car oui, la galette, c’est du solide. De la bonne pâte (d’amandes) Pas de la mousse habillée (d’enrobage en tout genre) pour l’hiver.

Synthèse des embûches de la bûche

Parmi les 47 communiqués pour luxueuses bûches pâtissières reçus , voici ma préférée… en allure. S’en dégagent une jolie minéralité, les nervures d’un bois flotté, comme un rondin, une souche… Un peu de Land art en version bûche.
Le contenu est une Forêt noire revisitée par une prometteuse jeune chef pâtissière coréenne, Narae Kim. Resterait à la goûter quand elle sera disponible. Pas la Chef, sa bûche.
Mais on ne vous le proposera pas : vous ne pe(n)sez pas assez lourd (en termes d’audience) pour valoir cela. Ce n’est pas grave. Si vous les goûtiez toutes, vous fondriez comme une baudruche journalistique en mousse pâtissière ! Tout juste bonne à renvoyer l’ascenseur aux maisons de comm.

Au moins, vous n’avez pas fait votre beurre. Sur la crème dont s’enduisent les bubûches.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s