Tous les paysages l’habitent

Vis, vent ! Assure, conforte ta prise au vent, ta prise au temps D’autant plus incertaine qu’elle soit, sans crampons ni rappel.


En vol vers Valencia, passé l’un des pics culminant des Pyrénées espagnoles, traverse la certitude que tous les paysages traversés, savourés, perdus, retrouvés, foulés des pieds, des mains, des yeux dégustés, m’habitent pour un certain temps. Un temps incertain


Voo para Valencia
Vol pour Valencia
Volver…

Volver veut dire revenir, retourner… l’affiche d’un film bien connu de Pedro Almodovar


6 jours chez l’ami Rafa
Qui ira me chercher en
Volvo Vehicule Vintage
Sa VVV
Sa Volvo vole au vent
dont j’ai fait 10 jeux de mots

Valves de vie
Vulves de vie
Es a Vida !
C’est la vie

Il y aura aussi près de Valencia
deux jours à Dénia
Où je ne prendrai pas
Le ferry pour les Baléares
Car ce n’est pas raisonnable
Pas encore…
⛴️
Même si les îles de Minorca,
Même si une Fuertaventura à Formentera
Me tentaient plus qu’un peu, du bout des yeux et des lèvres

Il y aura deux jours à Alicante car je ne connais pas
L’ai longtemps confondu en pensée
Avec Algerisas où l’on prend le ferry pour le Maghreb

Algésiras où, enfant…

Infant du Roi secret au fond de chacun de nous
J’ai été, un peu de temps, fugacement
Avec ma maman
Nous étions venus en Renault 4L de Paris à Algésiras où nous passâmes une nuit de tempête su bord de la mer
Tous deux à l’arrière, sur l’ossature métallique de barres dures sous-tendant les sièges peu garnis, juste recouverts d’un tissu sur tendu et tendant le dos ! Puis se détendant au fil du temps, de sorte que les barres commençaient à être aussi apparentes que ses côtes…


Venu en 4L de Paris jusqu’à Marrakech
Et mon premier cobra
Charmé par une flûte

Je ne savais pas encore que je serai condamné à être squelettique de mon vulvant

Volvo, volver, revólver
Vivant
Vis les vents
de ton temps donné…

Il profite des derniers mois putativement valides pour faire, des « escapades « 

Escapades
Entre deux
chimios :
La XX vers la XXI
Escalade sans fin
(Sauf la sienne)

Il se sentait entre
mutant et survivant

L’oncologue
Vers la treizième chim
Avait dit
« Bon, là, le corps atteint des limites, il faut bientôt arrêter »

Mais on dût bien reprendre après la récidive de service
On doit bien
Continuer avec ça
Avancer en corps avec ça
De toxines dans le corps

Continuer
Comme ça peut
Comme ça doit

Résister en corps, résister mieux
« Rater encore, rater mieux »,
Disait Sam Beckett,
Rater ? Non, pas à bord de la Volvo de Rafa, pensait le survivant. Il entend juste vivre encore, vivre mieux, du côté de la meilleure version restante de son narratif existentiel,

existe encore, exit en ciel…

Escapade
Escalade vers des sommets apeurés par le brouillard futur d’un destin
Qui se trouva
être le sien


8 jours avant, il était chimio-raide total : son traitement dure 3 jours, du lundi au mercredi. 72 heures d’empoisonnement légal, lethal, un mal pour un bien

Cycle XX
La vingtième fois

Il y croyait à peine lui-même :
Se sentait survivor
Survis, vent
Maintenu à flot
Par la chimie

Et récemment par l’énergie mains et voix
D’un magnétiseur devenu ami :
Patrick Fernandez
Ami sur lequel il avait écrit ce texte testimonial, assez prémonitoire :
https://parallelespotentiels.blog/2015/10/05/patrick-fernandez-une-traversee-denergie/

Passé le pic culminant des Pyrénées intérieures
Je croise cette certitude
Tous les paysages m’habitent à jamais. Ils sont chaque cellule composant le petit moi roi en ce toi passager du vent. Je suis d’eux…

Nulle partout… Vis, vent !

Le ferry pour les Baléares vient de partir après avoir jappé 3 fois du nez.

Un son à peine moins nasillard que les voix de mes voisins, des collègues, au resto de plage de Denia. Chauffés par l’alcool du samedi midi et la vitalité ordinaire, ils avaient un parler nasillard, un peu comme des canards. Pourtant démasqués… ils se sont finis au GinTo. Classique.

Ver, viver, volver, ser, revólver

Cette journée exploratoire sur la côte rocheuse, à droite de Dénia, s’achève dos allongé sur les rochers, jambes flottant dans l’eau pendant 45 minutes, avant de choper le dernier Denbus vers le Puerto, le port.

Équilibre délicat à trouver, il se trouve à l’usage, les jambes flottent jusqu’à s’oublier, comme on fait la planche. Une demi-planche. Ce qui tombe pas mal, quand on est sec et plat comme une mince planche de placard. Bien sûr, il ne peut pas nager en maillot, rapport à la cicatrice de 30 centimètres tendant son ventre. Ça le gênerait qu’on la voit, cette mauvaise chair-là. Surtout décharnée.

Ce serait rompre le charme de ces moments trépanés, de l’angoisse. Ce serait rompre l’ablation de l’angoisse. Ce qui est techniquement difficile…

Il se contente, quand plus personne ne fait attention à lui, allongé au bord de l’eau, donc exposé aux regards des nombreux chalands, de se relever comme on renaît. De faire avec ses bras d’araignée un tai-chi de la maladie, improvisation douce aux paroles chuchotées, un chouilla performative. Il lève ses bras, ses pattes d’araignée, il danse avec le ciel et la mer en ondulant.

Il se contente de faire avec ses bras d’araignée un tai-chi de la maladie, improvisation douce aux paroles chuchotées, un chouilla performative. Il lève ses bras, ses pattes d’araignée, il danse avec le ciel et la mer en ondulant.

Je vous mets une petite tranche de séance de Body art tumoral per moi réalisé…

Il dit, il fredonne, tandis qu’ondule son corps-momie :

Tu es une liane, un laçis de lianes, ton trop fin corps est une géographie veineuse apparente, tes veines saillent de partout comme le font les poutres d’un élégant plafond du Marais, les murs d’une maison à pans de bois. Ton corps est un organisme à colombage veineux

Ton corps a fait faire la grimace à de jeunes corps pleins et sains que tu croises parfois. C’est arrivé à Lisboa, il y a trois étés, déjà. Le type te croisait, regardait tes misérables guibolles, tes mollets coton-tiges flottant grotesquement dans un bermuda à jamais trop large...

Tu dois l’accepter. Prendre le large. Accepter d’être un corps de lianes et de racines, de branches caressées par le vent, secouées, agitées par le déroulé d’un temps. Accepte ce corps noueux, squelettique, christique, vaguement nazaréen. Accepte de l’être. Tu n’as pas le choix. C’est comme ça…

Sonne où tu voudras
Résonne où tu pourras

Ce n’est déjà pas si mal dans le mal. Qu’il te laisse le répit d’une petite danse dans une anse côtière… Cette petite danse dionysiaque douce devant le clapotis de l’eau. Cette petite danse de la niaque. De ce qui reste de vitalité, farouchement revendiquée quand tout se tire et que tu étires le reste de tes membres. Que tu as à jamais cessé d’être attirant.



Encore nous ?

en corps ce temps qui nous (dé)noue ?

Me dis souvent en m’endormant

que chaque jour est une vie

le faisant défiler mentalement

à saute-mouton mémoriel

dans la laine d’une semi-conscience qui pique

Si chaque jour est une micro vie quasi infinie qui nie le fini…

je vous le dis, l’infini joue petit bras

Une vie entière,

arrondie à 50 ou 92 ans

est plénitude, insolent éphèmère durable infini d’un jour successif :

un seul jour de fin de printemps s’étirant de 5 à 23 heures est un petit infini fini

Et même novembre, tiens, décembre, ça joue les raccourcis diurnes

c’est un ruban déjà bien long

même si ce jour a une fin

on sait bien qu’après 18 250 (50 ans à la louche) ou 36 500 jours (plus ou moins 100 ans), la faim de vivre n’y est plus.

Pourquoi dit-on que la vie est courte ?

et un seul des 365 jours à 10, 20, 30, 40, 50, 61, 72, 83 ans ?

‘est pas déjà un long ruban attrape-mouches qu’il nous est donné de vivre ?

Est-elle si courte la vie ?

Il ment petit, l’infini

Cela étant dit en passant

That is what i tell.

Encore vous ?

La différence entre le papillon de 24 heures qui ignore son obsolescence programmée d’un jour (mission possible : 24 heures pour vivre) et la nôtre ? Nous savons que chaque jour luit comme brèche ténue dans la nuit. Donc, je suis infiniment grand petit dans les possibles d’un 13 octobre.

Pelléas est médisante ? Non, autre grosse contre-vérité. Non seulement la vie n’est pas courte mais une prodigieuse succession de vies, mais l’amour existe. Quand il dure plus de 3 X 365 jours/vie.

L’opéra, comme la pièce de Maeterlinck, est une transposition du mythe de Tristan et Yseult : deux jeunes gens sont irrésistiblement amoureux; leur amour est interdit par la présence d’un mari âgé et violemment jaloux et ne peut s’accomplir que dans la mort.

Pelléas est médisante ? Non. Debussy a déclaré : « J’ai voulu que l’action ne s’arrêtât jamais, qu’elle fût continue, ininterrompue. La mélodie est antilyrique. Elle est impuissante à traduire la mobilité des âmes et de la vie. Je n’ai jamais consenti à ce que ma musique brusquât ou retardât, par suite d’exigences techniques, le mouvement des sentiments et des passions de mes personnages. Elle s’efface dès qu’il convient qu’elle leur laisse l’entière liberté de leurs gestes, de leurs cris, de leur joie ou de leur douleur. »

De la vie antilyrique le fini est la mélodie/maladie :

C’est mon cadeau d’anniversaire.

Mon cadeau d’âme niée par l’air.

Braves petits soldats du réel.

88 milliards de corps, de 8 entrelacés,



de rats mourants amoureux se bécotant dans les parcs publics. et c’est comme ça que c’est bon.

comme un brame familial en forêt de Rambouillet



No end ! endless… Cela relève de l’intime conviction, certes. Mais aucun volontarisme ici.

« L’avenir de Monsieur est devant lui, et il l’aura dans le dos chaque fois qu’il fera demi-tour. »

Cet aphorisme de l’humoriste Pierre Dac serait incompréhensible pour un locuteur de l’Aymara, une langue sud-américaine, qui présente le seul cas connu d’inversion de la conception du temps par rapport à la nôtre.

Pour exprimer notre conception du temps, nous utilisons des métaphores spatiales. Dans toutes les langues connues, le passé est associé à l’arrière, et le futur à l’avant de la personne. Sauf dans la langue aymara, parlée dans une partie de la Bolivie, du Pérou et du Chili : associé à ce qui est connu par la vue, le passé est situé devant, tandis que le futur, inconnu, est derrière soi. Une enquête de terrain, qui a recoupé les mots et les gestes des locuteurs, a permis de confirmer qu’il s’agit bien d’une façon de penser inverse de la nôtre.

Comment décrire l’infiniment petit et l’infiniment grand en une seule et même théorie ? Pour les physiciens, la tâche consiste à concilier les deux grands piliers de la physique du XXe siècle, mécanique quantique et relativité générale.

L’une des solutions étudiées, la théorie de la gravité quantique à boucles, monte en puissance. Elle reste difficile à tester, au même titre que sa principale concurrente, la théorie des cordes sans linge.

Mais elle offre de nouvelles perspectives. En particulier, la conception de l’espace-temps qu’elle propose, radicalement différente de celle d’Einstein, permet une tout autre lecture des grandes énigmes de la cosmologie moderne. Elle va même jusqu’à faire disparaître le Big Bang. qui m’est toujours apparu comme une douteuse esbroufe tout juste digne de Terence Malick.

Feuilletez ces quelques pages de La Recherche sans temps perdu pour avoir un aperçu de ces thématiques à hauts hics…

Cela étant dit en passant,

J’adore l’iconographie de référence cosmique, dont le champ sémantique pourrait aussi bien s’appliquer à la dernière publicité pour quelque cosmétique à promesse dermique…

Ci-dessous : S’agit-il du descriptif des allégations de bénéfice santé de la crème aux molécules gloutonnes revivifiantes qui ré genère l’infiniment grand en vous ?



Laissons dans mon sac à rêveries le cabinet de curiosités cosmologiques, avec ses trous noirs et ses naines blanches, ses big bangs et ses soupes primordiales. Patience dans l’azur, ce sera pour une autre fois. Ce n’est d’ailleurs pas le temps qui manque: nous avons encore devant nous quelques millions (ou milliards?) d’années.

Il y a pourtant un échappatoire

Car on peut, tout à l’inverse, dénier d’emblée toute réalité à la zone hors champ des événements contemporains, au même titre que la zone future et la zone passé. Autrement dit, on peut vouloir traiter de façon symétrique la séparation spatiale (entre événements distants et déconnectés) et la séparation temporelle (passé, futur). Ce qui est ailleurs n’est pas, jusqu’à preuve du contraire.

On s’interdit ainsi de répandre le temps sur l’espace en invoquant une simultanéité globale (fût-elle relativisée); on restreint sa perspective au seul temps local, celui qui flue ici et maintenant. Cette décision débouche sur une position solipsiste tout aussi extravagante, mais tout aussi défendable, que la précédente. Alors le maintenant ne déborde pas de l’ici, et il n’y a de réel que le point de présent que j’occupe. Ce qui veut dire aussi: l’espace n’est rien. Il ne s’agit plus de dire que la configuration spatiale de l’univers à l’instant t est une chose relative, mais plus radicalement qu’il n’y a littéralement rien de tel.

L’espace est, pour de bon, défiguré, déconnecté de lui-même. Il n’y a de réel que l’ici-maintenant. Mais comme chacun (y compris des versions futures de moi-même) peut en dire autant et revendiquer avec autant de force la réalité de son présent local, la notion même de réalité risque de devenir inopérante.

Et si l’on veut éviter d’être reconduit aussitôt à l’espace-temps bloc où tout est donné, il faut renoncer une fois pour toute à donner une tenue à l’univers dans sa totalité. Il faut refuser de réunir les perspectives dans une vue globale. Cette décision a un prix.

On peut montrer qu’elle implique l’apparition, dans mon passé causal, d’événements qui auront été réels (puisqu’ils figureront dans mon passé, le moment venu) sans avoir pourtant jamais eu à faire partie de la réalité présente. Cela n’a rien d’étonnant si l’on se souvient que la réalité présente est désormais confinée au voisinage de mon ici, et que les conséquences d’un événement éloigné (que mon présent local ignore alors nécessairement) peuvent m’affecter à l’avenir (inscrivant du même coup, mais seulement après coup, le dit événement dans mon passé causal).

Le passé comme tel ne se contenterait donc pas de croître à mesure que le temps passe; il se renouvellerait en se chargeant progressivement d’existences rétrospectives, comme des signaux que l’avenir enverrait de loin en loin vers le passé, en enjambant le présent. Enjambez-moi en picorant une bonne chiffonnade de jambon blanc aux herbes, cela me fera le plus grand bien.


Ceci etait mon 49 ième cadeau d’écriture d’anniversaire.

==============ππ======={\}

Près de huit ans plus tard, Frédéric en était là : ne salade d’ananas faisait remonter plein de souvenirs… Les voici :



Y a quoi comme dessert ?

Bon, bouffer d’abord ce qui expirera vite. Frédéric ouvrit son frigo, jeta un regard sur l’étagère du haut, fouilla jusqu’au fond de la section compotes, en extirpa une coupelle transparente contenant des bouts d’ananas en sirop. C’était pas la coupe du Saint-Graal mais çà le ferait…

Voici le suivi de ses résultats :

INDICATION :
Antécédents de sigmoïdectomie avec rétablissement secondaire de la continuité en 2019. Chirurgie du foie
gauche pour localisation hépatique en 2020 avec cependant missing lésions. Embolisation portale. Précédent
examen tomodensitométrique effectué le 18 juin 2021.
TECHNIQUE :
Acquisition coronale FIESTA.
Acquisition axiale diffusion.
Acquisition axiale T2 FAT SAT.
Acquisition Lava-Flex 3D sans puis après injection de gadolinium avec acquisition aux temps artériel, portal et
tardif.
RESULTAT :
Petit foie gauche en rapport avec les antécédents du patient. Le foie est le siège de deux formations nodulaires
d’aspect secondaire. La plus volumineuse intéresse les segments VI et VII, mesure 102 x 80,7 mm. Elle apparaît
nécrosée en son centre. La 2e formation siège en périphérie du foie, à la jonction des segments VIII et IV et
mesure 19 x 12,7 mm. Ces deux formations ont une taille sensiblement identique par rapport à l’examen
tomodensitométrique du 18 juin 2021.
Il n’y a pas de nouvelle lésion. Absence de signe de stéatose hépatique et sur la séquence en opposition de phase
Pas de dilatation des voies biliaires intrahépatiques ni de la voie biliaire principale.
Aspect perméable des veines hépatiques. Bonne perméabilité de la branche portale gauche. Oblitération de la
branche portale droite qui n’est plus nettement visible.
Pas de lésion visible au niveau du pancréas.
Pas de dilatation du canal pancréatique principal

Pas de restriction de la diffusion mise en évidence au niveau pancréatique.


CONCLUSION :
Présence de deux formations nodulaires du foie droit d’aspect secondaire, la plus volumineuse étant
largement nécrosée en son centre, sans modification significative de taille par rapport à l’examen
tomodensitométrique antérieur du 18 juin 2021. Thrombose de la branche portale droite qui n’est plus
nettement visible
Absence d’épanchement intrapéritonéal

3 réflexions sur “Tous les paysages l’habitent

    1. Touché je suis, chère Christine, et bien sûr doublement, que tu l’ais bien trouvé.
      Être sur la corde raide
      Aussi celle entre touchant, geignant, auto-complaisant.
      Équilibriste faisant ce qu’il peut entre ces périls

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  1. Cesser d’être attirant? pour qui? cette auto-contemplation mélancolique et auto-compatissante me fait dire que vous vous trouvez encore fort attirant pour vous-même. A ne pas comprendre que les autres ne soient pas de cet avis peut-être?

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