Le Carnavalet de Paris : réouverture de la mémoire de la ville

Constance* est l’une des trois restauratrices des oeuvres du musée Carnavalet, un sublimant rectangle et patchwork d’hôtels particuliers, de cours du Marais aux exquis jardins taillés comme au sortir du coiffeur. Tout est beau, « chez Constance ». Sur ses terres professionnelles, s’entend. Il y a matière à s’exercer avec constance.

Ses deux collègues se chargent des arts graphiques, elle, de la peinture. Il faut dire qu’il y a ici, au cœur du Marais (faisant face, entre autres rues, au numéro 38 de la rue de Sévigné) 3000 tableaux répartis dans les 107 salles du nouveau musée au parcours de visite redynamisé. Riche et foisonnant parcours, évidemment.

En plus, toute cette beauté est en accès gratuit. La réouverture, après quatre ans de travaux bien tassés, eût lieu un 29 mai, en 2021. La gratuité est de mise pour les collections permanentes des quelque 10 musées de la ville de Paris. On gagnerait donc à y aller revoir parfois, voire souvent notre mémoire de ville. Car les découvertes seront sans fin. Ou presque.

Constance intervient ici sur une trompeuse mini-tour de Babel en haut de colline. En fait, peut-être une de ces folies paysagères d’aristocrates du XVIII dotés d’un grand jardin parisien traité à l’anglaise. Une de ces scènes de théâtre d’opération militaire, semblant un peu absurde, rétrospectivement. Le thème du tableau est l’érasement de la Colline de Chaillot. C’est intriguant…

Ici, dans la première salle, côté rue de Sévigné, celle des enseignes (dotée d’un escalier à rampe filmique à entrer en pâmoison) elle noircit tout simplement des vis pour harmoniser, après un accrochage.

Sous la rue des Mauvais garçons, qui renvoie non loin de là (près de la tour Saint-Jacques) à un tumultueux passé médiéval nocturne de ce quartier si central…

Mes péchés mignons en la collection ?

Il y en a temps qu’il est malaisé de choisir. Collectez les vôtres en revenant souvent. Voici une cerise sur le gâteau de mon désir d’art en ce lieu : la reconstitution de la salle de bal des de Wendel, à New-York. Fastueuse inspiration…

Pour finir ce tour d’horizon, quelques instantanés et autres atmosphères de ce Palais qui -s’il n’en est pas un – met bel et bien nos sens à la fête comme un soir de grande Réception d’été !

Peintures, sculptures, pièces de mobilier, boiseries, objets d’art décoratif, enseignes, photographies, dessins, estampes, affiches, médailles, monnaies, collections d’archéologie… Carnavalet compte près de 615 000 œuvres (exposées par rotation). Il s’agit donc de l’un des premiers musées français. 

Installé dans les hôtels Carnavalet et Le Peletier de Saint-Fargeau, ce musée de l’histoire de Paris avait engagé un vaste chantier de rénovation architecturale et muséographique.

« Réalisé par Chatillon Architectes, l’agence d’architecture Snøhetta et la scénographe Nathalie Crinière, ce chantier associa la restauration de plusieurs façades, la remise aux normes du bâtiment historique, l’accessibilité du musée. »

À la clef, mise en place d’un nouveau parcours des collections. Et bien sûr mise en valeur des œuvres en grande partie restaurées, médiation renforcée et innovante.

Et aussi, l’on s’en doute, un petit restaurant estival temporaire donnant sur cour et jardin à la française. Ce sera une belle adresse discrète. Suivra un établissement définitif à prometteuse élégance de banquettes boisées… On y prendra volontiers le train du temps, madeleine et thé chaud raffiné en remain** !

*Appelons-la ainsi. **de l’anglaise : remain

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