Du Cambodge au Vietnam : carnet de vol d’une âme à part

Je ne sais ce qui fut, je ne suis pas celui qui sera, je m’évaporerai dans la houle d’une foule de carrefour.

Je ne suis pas celui qui saura. Le Cambodge découvert m’est prétexte à n’être – provisoirement – pas ce que je suis.

Enfin si. Mais non…

I Cambodge

Le bouddhisme ambiant dans ce pays est celui du « petit véhicule », de la petite voie : Ce qui fut est enfui. Seul importe ce qui sera.

Alors adieu vieilles maisons des années trente, on rase, on les remplace par du neuf. Du pas solide du tout, me confie une architecte congolaise. Du pas durable : on esquisse un futur contestable, en terme de qualités de bâti.Du pas durable du tout.

Mais qu’importe, doit-on penser. A tort ? Oui, mais peu importe mes petites leçons d’éthique. Le monde n’en a cure. L’immobilier asiatique se soucie peu de mon avis. On construit trop vite, en réduisant la profondeur des fondations pour faire moins cher.

De toute façon, on pourra démolir dans 20 ans à peine,peu importe : ça fait tourner l’économie, comme disent les promoteurs.

La bande son pure de la nuit tranquille, ses oiseaux en son continu et sporadiques, ses insectes bourdonnant, ce bruit de fond de la nuit est affecté par le ronronnement électrique d’une saloperie de bloc climatiseur derrière ma chambre, comme souvent ici. Je ne veux pas de clim la nuit, je préfère suer au naturel.

Les voisins eux, les font tourner comme ils respirent, en oubliant le bruit du bloc-moteur…

Riche première journée

Mais juste dans un rayon de 500 mètres. Marre d’être emmené comme un veau touristique en couple au lointain. Partir à pied tout seul, donc, au proche. Gémir un peu en son for intérieur quand on s’est vraiment perdu.Allez, à la douche !Après la marche initiatique dans une rue en surchauffe moite, puis dans les ruelles boueuses, les boyaux circulatoires d’un marché, mangé un ananas epluché sur un trottoir par un ambulant, le premier coiffeur venu pour e faire raffraichir les douilles, c’est-à-dire les tempes et la nuque. Fait trop chaud pour être ébouriffé.

Rester sur le trottoir devant le salon du coiffeur pendant 5 mn après. Adossé contre un poteau, disparaitre peu à peu du champ : personne ne fait plus attention à vous. Regarder passer les flots de gens. Oublier l’itinéraire retour… Purée, on peut pas prendre de bus vers Pnohm Penh ! Faut tuktuker sans fin dans les embouteillages à pots ouverts.

Programmer des excursions, parloter pour cela. Et après, c’est bon… Le lendemain, on part en van vers le but du jour. Pas plus de 6 Svp.

Trottoir, stp ne m’emporte point. Emmène moi au lointain fuir le proche. Et mes ex me vouant aux gémonies. Car je ne suis pas un compagnon patient, donc peu compatible à la vie en couple.Car l’amour est une compétence, proclame à raison un Alain de Botton, penseur suisse de son état.

L’intelligence du cœur. Dont les dévastés de l’enfance de mon espèce semblent parfois amputés…

Il faut savoir composer avec l’amour comme au bureau, en faire une affaire de DRH de l’affect. Incapable j’en suis !

Et les Mayas ? Pas foutu de retrouver leur trace. Les indiens Cévenols non plus. Et ceux du Colorado ? Ce sont les pueblos. Ils se sont évaporés du site superbement mystérieux de Mesa Verde, de son immensité troglodytique sculptant la falaise, en moins d’un siècle. Vers le quatorzième siècle. Passons…

Revenons au Cambodge

Le Cambodge est un drôle de petit pays de 8 millions d’habitants au charme indéniable, une machine à laver blanchisseuse aussi : les comptes y sont en dollars, comme la vie.MaCrado na pas encore obtenu sa licence. Trop chère ? le népotisme des six frères et sœurs Hun Sen au pouvoir est omniprésent, le musée national de style khmer rempli de trésors d’Angkor, restitués par les occupants.

La pagode royale est honorable et Unesco, sur la Croisette aux vieux cafés restaurés en bord de Mékong et rivière Tonle Sap, qui permet d’aller en bateau vers le lac et Angkor.À côté du Central market colonial restauré, je passe par le ballet du Cambodge à voir absolument, selfie au jardin avec un danseur après, que je suis crétin parfois !Apéritif au Raffles hotel, on se croirait dans une film en bois tropical trente.

La périphérie de la capitale compte encore de nombreuses maisons en bois de l’ère coloniale, à côté de certains sièges d’ONG. Il suffit d’ouvrir les yeux pour les distinguer.On peut manger en bonne action dans leurs restaurants d’ONG. Le seul encore authentique, me glisse une française de Phnom Penh, est celui de l’association « Pour le sourire d’un enfant ».Le climat est béni par les dieux, d’où une certaine nonchalance, notamment dans le secteur de la construction.

960 tours se construisent à Phnom Penh, la capitale de 600 000 habitants. Peu de personnes âgées ici. On sait pourquoi.Les Khmers rouges de Pol Pot ont liquidé deux générations. Le devoir, la possibilité d’une resilience de ce génocide, est toujours à l’oeuvre, en cours. Les artistes sont souvent travaillés par la mémoire génocidaire, mais ils en sortent. Les beaux établissements ont chassé les souvenirs et repeint…

En partant vers la côte Sud

à trois heures de la capitale, on longe les ruines de maisons coloniales brûlées par les Khmers Rouges, jusqu’à la mangrove de Kep. Son bout e mangrove est patiemment entretenu par Herry, le proprietaire du Samanaa, un Secret Retreat. Nous sommes près de Kampot, ville connue pour son poivre dont l’IGP a été obtenue par le travail d’un français et de sa femme belge a La Plantation.Les habitants de Phnom-Penh en aiment le calme, à déguster au restaurant et au marché avec un bon crabe aux pinces bleues, qu’on voit en sculpture sur la mer. Kep, qui doit son nom à sa plage en forme de selle de cheval, est une étrange petite station balnéaire au charme un peu fanė, en pleine revitalisation.

Elle fut le Saint-Tropez du secteur jusqu’à l’arrivée des khmers rouges, qui fusillèrent tout ce qui portait des lunettes.Charme trouble, précipité un peu vénéneux quand on traverse le bourg la première fois : un tissu de villas en béton cinquante complètement désossées entre les maisons ordinaires et la petite musique des vendeurs de glace à vélo.

Un eleve du Corbusier les a construites (les villas, il sagit de Tu y Van, toujours vivant a 90 ans), leurs fenêtres et portes sont comme exorbitées.En fait, les Vietnamiens, durant leur occupation postérieure au départ des Khmers rouges, jusqu’en 1989, ont tout emporté, arrachant les charnières au char russe. Cela impressionne encore. Mas la résilience est là. L’ex maison restaurée du roi Sihanouk est d’un vert pimpant, elle appartient à un dignitaire du régime.

La plage est belle, le sable sanglant des années rouges remplacé. Presque 30 ans plus tard, on est bien ici, Le plein de touristes un peu routards au marché au crabe et au Parc national de Kep +où une boucle facile en 3 heures s’offre à vous). En face, les monts Cardamone, pure rondeur de jungle.

O

Les monts Cardamome, on les voit du bout du ponton interminable, juste à gauche de la mangrove privée du Secret retreat Samanea. Ce mot désigne le tamarinier donnant des graines de tamarin très appréciées dans la cuisine.

Ici le charme s’éclaircit franchement, le jardin est bucolique, manguiers et tamariniers foisonnants, oiseaux discrètement omniprésents, pêcheurs de palourde au loin à maree basse, vue sur la baie de Kampot et le mont Bokor où l’on va excursionner à 1100 mètres.Déjeuner aux cascades, en dessous, à côté du vieux casino français. Belle image fanée, cliché des temps coloniaux. Parfois, une vache au cou dentelé meugle sur la route, quand on prend un vélo vers le bourg ou le Parc distrayant le promeneur enquêtant sur tout ce qui bouge.

Herry, ingénieur convaincu et convaincant est un retraité botaniste inspiré il a foré son terrain jusqu’à 55 mètres pour trouver l’eau potable d’une rivière souterraine qui coule au robinet des 10 villas construites en 2012 . Une rareté, cette eau potable, comme la réception, maison aux briques formant un motif art déco ou la mangrove privée.Herry montre au journaliste les ultimes traces de balles d’une fusillade sur les murs dans la pièce du fond. Celle des anciens proprietaires. Exécutés par les Rouges fous. Ses parents furent aussi fusillés, d’ailleurs…Il dit cela sans pathos, Herry, leur maison n’est pas loin, il n’a pas le coeur d’y aller, de me la montrer.

Le restaurant de son hôtel est une élégante colonnade blanche sur pilotis s’inspirant davantage de l’habitat khmer fluvial que de Mallet-Stevens, contrairement a mon opinion d’Occidental exhibant les références de sa culture.Les bureaux et coffres années trente des villas ont été chinés, des Belges ont décorés, les briques de pierre bleue ont été laissées un an au soleil pour un effet de rouille. Rougeoyant comme le coucher de soleil devant la piscine au circuit de chlore natif (500 kilos de sel par mois l’alimentent) et la latérite du bord de la piscine.

La même pierre qu’au temple d’Angkor Vat.

Le cadre est superbe, la cuisine raffinée, mais jamais autant que le voudraient les propriétaires, qui déplorent parfois l’indécision propre au caractère Khmer et le travail incessant des hôteliers indépendants.Quelques nuits ici s’imposent et reposent, en étape vers Kampot et son poivre à 30 minutes, le Vietnam à 30 kilomètres, les temples ou le musée national dela capitale.

Où l’on verra avec plaisir, entre tant d’autres trésors, la quarantaine de dessins du Ballet Royal d’Auguste Rodin. Et les danseuses en chair et en os au spectacle à 18h30 ! Le Cambodge renaît, truffé d’îles n’ayant rien à envier à la Thaïlande, et c’est tant mieux !II Vietnam==={{{}}}====={Passage au VietnamCe pays a l’esthétique coco muniste surgie du passé, où des hauts parleurs conseillent encore parfois aux habitants d’aller se coucher, est un S, un dragon, une palanche serpentant sur 1650 kilomètres le long de la mer de Chine méridionale, flanquée de deux paniers :

le delta du fleuve Rouge au Nord coté Hanoï, celui du Mékong au sud près de Saigon.Il y a une montagne culminant a 3150 mètres, e Phan Xi Pang, plus de 3200 kilomètres de littoral. Le tout est une mosaïque de paysages comme oeuvres d’art sans équivalent, en termes de préservation. La Chine à côté faisant hélas nettement moins bien.

On y retournera parfaire ces visions pour vous, cher lecteur. Dans l’immédiat nous allons à Nah Tranh.Ville côtière à 450 kilomètres de la tentaculaire Saigon, on y accède en 45 minutes par l’aéroport de Cam Rang ou en longeant la côte en quelques jours. Se laisse filtrer très doucement, comme ce café vietnamien servi en verre surmonté d un cylindre métallique à triple filtration dans un bar colonial Art déco du centre fleurant bon ses années trente, près du musée Yersin (médecin et explorateur né en Suisse qui fit beaucoup pour la ville jusqu’en 1943).7 minutes de lente coulée.

Ce café est très fort, comme la vision du plus vieux temple cham, le Po Nagar, dont on aperçoit les tours rouges, comme les pièces d’un échiquier antique géant sur la colline dominant le fleuve, puis le mandapa, la pièce de méditation du temple dévolu a la Dame de la cité, qui initia les chams a l’agriculture.

L’hôtel Evason nous y mène durant une visite en Suv Mercedes d’une matinée, avant le marché et la cathédrale.Où la mariée du jour est en rouge souriant, le marié d’abord surpris d’être photographié de dos, comme vous et moi le serions. Pardon pour le procédé !

Les bungalows vue mer de l’hôtel Ana Mandara, seul à de la ville si proche de la plage, sont sobrement superbes, la cuisine du chef Sino hawaïen soignée, aux ingrédients traçables dans ses deux restaurants, le spa plus qu’honorable, tout comme les actions environnementales et caritatives propres à ce petit groupe hôtelier, Six Senses, qui passera de 11 à 25 établissements d’ici à 2025. Dont un à New-York et Courchevel, tiens, faudra voir…

Vers l’île de Ko Yao Noi

On vient vous chercher en van, on longe la côte jusqu’au ponton privé des speedboats du six sensés, en passant par la sculpture du lotus géant sur la plage qui commémore la paix avec ce sens si asiatique du kitsch teinté d’esthétique communiste.Serviette à la citronnelle, boisson citronnée, 25 minutes de traversée de mer vers le merveilleux hôtel Six Senses de la baie de Ninh Van.

Ce nest pas une ile, c’est une péninsule, en y arrivant en bateau, on prend la mesure de ce qui vous y attend. Un bonheur absolu, une villa comme la nôtre, menant vers la mer en 20 pas par allée privée.

Ou une autre en hauteur à piscine sertie dans ces rochers karstiques aux motifs sculpturaux taillés par le plus génial des artistes de rue, Dame nature.Ces concretions rocheuses au goût de bout du monde savoureux comme ce littoral, on les détail du regard en partant pêcher tôt le matin dans une barque boisée, prétexte à pousser jusqu’après la pointe, puis la baie d’à côté et son village de pêcheurs.

On reverra ainsi la petite montagne qu’on a escaladé, avec guide et cordée sur la paroi, durant l’excursion de deux heures jusqu’à une plage privée. Une petite aventure !Après une autre, nocturne celle-ci : les capteurs du programme  » Dormir avec Six sens » répartis sur le matelas. Un lit si romantiquement dominé par une moustiquaire digne d’une robe de Mon mariage avec la nuit.Le lit est aussi truffé d’oreillers aux diverses vertus, flanqué d’une liste d’huiles essentielles. Les capteurs assurent le suivi en une de la progression qualité de votre sommeil. En parallèle aux progrès du programme de bien être évalué en centaines de mesures que l’on suit.

Au spa, Jay me donna des conseils de réflexologie plantaire pour travailler du bout des doigts les points correspondants à ma tendance au mal de dos de travailleur du tertiaire. Tout en massant nuque et epaules avec un art consommé.Et sa spontanéité de jeune fille fleur, native de la ville d’en face où 50 employés retournent le soir à 21 heures dans un gros bateau en bois.

A la nuit tombée, en sortant de la cabine de soins, je rends à Jay un tout petit service du revers de la main: éloigner une grenouille de sa sandale.

La nature est puissante, mais pas invasive. Et il y a un attrapeur de serpents, que cela soit dit, et qui ne les tuera pas. Tout ces équipements sont sophistiqués et pourtant simples, non intrusifs. Ce n’est pas du marketing, ça marche !

On avait déjà testé pour vous au Six sens portugais de la vallée du Douro.

Que dire d’autre ? Les deux restaurants, celui au sommet des rochers où la brise vous caresse les cheveux, celui donnant sur la mer et les villas encastrées sont impeccables, comme les petites inventions culinaires du petit déjeuner buffet.Les plus : les deux vélos devant votre villa pour circuler, la cave des vins dans la grotte, ou l’on peut dîner sur option, sont une symphonie d’instants tentants. Le directeur, natif du Bhoutan, élevé à 4000 mètres d’altitude, présente le programme de traitement des coraux marins, dont l’itinéraire est affiché. Ces soins me rappellent toujours incongrument mes deux implants dentaires. Le directeur est sensible comme moi à la notion d’impermanence des choses…

Pourtant, il y a ici de belles constantes, une irréprochable qualité de service. Autant de consolations à la fin du monde et à sa pollution par notre genre.

Hello Muriel, Trêve d’arc-en-ciel !merci pour cette pensée,J’ai encore Kep en tête,Kampot où je me suis baigné dans la phosphorescence des lucioles samedi soir Apres une excursion au casino fantôme du mont BokorSouvenir de la piste rouge cahoteuse de 4 km menant en tuk toc tacVers l’Éden eco villageToi, au greenhouse des français, rive droite, où la route y menant était plus rectiligne, dis-tu…Il me fallait ensuite faire appel au passeur en barquette pour rallier mon côté de la rivière vers l’Eden éco

Descendre les pieds dans un bain de boue (pour prendre le bac) où je ne me serai pas fait masser pour tout l’or du monde !Marcher 50 mètres jusqu’à mon pontonEt derriere, ma chambre surélevée sans ventilateurMais en décente ventilation naturelle

D’où j’eus vue sur le garçon trancheur de noix de coco

Dimanche matin

Un bonheur rien qu’à y penserA peine passé

Ce passéQui nous fit nous rencontrer en un bateau Plage idyllique, puis saut d’un rocher vertigineux de 6 mètres, comme je ne pensais plus m’en accorder

Puis surenchère dans un bus

Parmi d’autres

L’autre fois De quoi avoir la foi

Des temps courants

Dorenavant froids, revenu fin janvier, à Ménilmontant

Après le courant chaud De l’onde passagère asiatique.

Otres, autrefois

PS : pardon, c’est plus fort que moi : la tentation de narration. Non formatée, trop longue, un fleuve !

En fait, je disparaîtrai au coin d’un carrefour, durant un voyage fictif, réel, on ne saura jamais trop ce qu’il en fut, ce qu’il advînt de mon oubliable personne..

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