Dans un an exactement, il y a un an jour pour jour : Micro-aventures et compensations

J’aime plutôt bien cette fonction algorithmique vous projetant au passé, jour pour jour. J’invente celle du futur. Pour faire bon poids.

Dans un an et un jour, le délai légal s’appliquant aux objets perdus au bureau des objets trouvés, pourrais-je récupérer les 13 millions de cocotiers pour 6000 habitants de la baie de Samana, (classée comme l’une des 10 plus belles du monde de la plus grande île des Caraïbes, après celle de Cuba) ?

Peu importe le caractère illusoire, cliché si l’on veut, de ces longues marches le long de plages de sable clair, sabre au clair de lumineuses heures de plaisir. elles étaient bien réelles. À ce moment-là, cela fera un plus plus d’un an et un jour que j’y étais…

Le fin tapis neigeux d’un mercredi de février parisien (avec finition Seine en légère crue) que j’ai foulé aux pieds un an plus tard, le retrouverais-je en me rendant à la consigne des sensations ?

Ma valise est toujours prête à avancer et remonter dans le temps, il y a pile un an. Comme les aller-retour d’un seau dans un puits semblant sans fond : votre esprit.

Ces souvenirs que les serveurs G-photos ou F-bouc brassen et ramènent sur la plage de votre jour présent : Il y a un an exactement…

Vive les micro-aventures !

Les petites aventures sur le navire de nos réalités dont il faut bien émailler nos jours, histoire d’exister un peu avant et après l’épanouissement du travail.

Les toutes petites aventures sont faites de tout. Issues du modeste catalogue expérientiel.

Ces temps-çi, puisque tout est fermé…

Et qu’on en a marre des formules déjeuner des boulangers, se faire un sandwich inédit avec l’inspiration du frigo est aussi une petite aventure humble. Ne prétendant rien.

Allez, rillettes, endives, radis noir finement tranché, chutney de dieu sait quoi, fines herbes, poivre… ça le fera pour ce midi en déplacement

Manger ce sandouiche personnalisé avec amour sur un bord, un rebord, un banc.. du square de la rue des Rosiers, de la Place Adolphe Cherioux..

Ça le fit sous la pluie, sous un abri improvisé contre la pluie à Ivry au bout de la 7, après une promenade ou un trajet essentiel du côté de Convention sur la 12.

Un parfum de Micro-aventure se puise dans n’importe quelle inspiration passagère des transits quotidiens. Il a ce léger arrière-goût amer de l’endive.

Qu’importe quoi. Pourvu que je l’ai pleinement goûté quelques instants.

Échantillons d’inspirations passagères du vestiaire de la vie

Un dialogue inattendu dans le métro, avec un peu d’esprit

Deux corneilles sur le toit d’en face, les feuilles qui tremblotent pendant mes tours d’anneaux du stade d’à côté, un rayon de soleil inattendu, la fin de cette course torse nu mi-février, puis mi-mars.

Les lucioles accompagnant une baignade fluviale du côté de Kampot (Cambodge) avec de quasi-inconnues, au pied des pilotis d’un lodge assez roots, le Karen eco lodge.

La joie d’une baguette tradi chaude, l’impromptu d’un gâteau acheté avec, ramené en équilibre sur la paume d’une main

Les notes florales d’un chardonnay Bio un peu beurré (c’est-à-dire avec une note de gras, ne vous méprenez pas) du Languedoc, dont on s’accorde un à deux verres (format thé à la menthe).

Une pêche trop mure, l’ananas épluché confit par le froid depuis 4 jours au frigo, assaisonné au piment d’Espelette nez avec les restes de poulet, mangé au square d’Aligre ou du Vert-Galant au Pont-Neuf

L’impromptu vite decidé d’une nuit en un logement rbnb un peu cossu, (une maison à tourelle dont l’hôte est une Adeline, à Milly) avec son fils. Après promenade et tentative d’escalade à Fontainebleau sur une roche traîtreuse car humide.

Un trop plein de boeuf bourguignon et de fromages à tomber en un dimanche midi ripaille

Les trouvailles du jour glanées sur le net, petites et grandes choses apprises en jonglant d’un champ de savoir et d’un lavoir à un autre,dur un chemin de Compostelle

La progression d’une cicatrisation, qui vous tend le ventre, vue dans le miroir. La souligner en creux d’un pendant symétrique de rouge à lèvres, en faire du coup un œil, en tirer parti pour une action d’art photographique, puis un texte…

La valise recouverte de trouvailles de la dernière échappée belle, en Janvier,en République Dominicaine.

Autant d’ombres de ce qui fut et jaillira

Composition : Divers corails, petites coques à taille d’ongles, un sachet de café Bourbon de Santo Domingo

Nautilés spiroïdaux de la bande côtière de Samana que j’arpentais sans fin, des deux côtés.

Un avion en procédure de décollage de la compagnie Aigle Azur, qui a fait faillite. Il décolle d’un bloc de corail d’un blanc crème collé à un morceau de lave du volcan actif de La Réunion

Mes souvenirs redécollent des deux côtés de la plage Coson, l’une des dix plus belles du monde, selon les guides. A droite, je faisais huit kilomètres vers Samana, selon le guide Lonely. Je pensais 3 ou 4.

Des deux côtés d’une conscience élargie par le dépaysement et les cocotiers. Un littoral grignoté par la montée des eaux. Une conscience grignotée par le rétrécissement covidant du champ des possibles

Il y a deux ans, jour pour jour

Durant les derniers 14 jours…

Je quittais Paris pour Bogota où je passerais quatre jours

Je quittais Bogota pour Medellin, 4 autres jours

Je quittais Medellin pour Cartagena de Las Indias en 4 jours. Arrivant sur la côte caraïbe, aux antipodes de la culture montagnarde de ce pays et de ses voisins. C’était le Pérou !

Je quittais Cartagena pour revenir à Bogota pour deux nuits dans quelque bel hôtel négocié. C’est pas le Pérou ! Mais presque

Je quittais Bogota pour Paris, le lendemain de la Saint-Covidin du 14 février. Soirée passée au restaurant de l’hôtel avec Davina

Il y a un mois pile

Je quittais Santo Domingo pour Samana

En car, déposé à l’angle de la nationale, puis en moto- Conche jusqu’au portail d’un club hôtel assez chic pour que le gardien croit à peine que j’en puisse être client, piteux petit personnage serrant sa valise noire entre le conducteur et lui,sur une moto antediluvienne. Sans la moindre distinction. Sauf le crédit social intrinsèque à sa petite gueule de Blanc inclassable.

C’était le lendemain de la soirée de gala à l’hôtel Nicolas de Ovando. Qui était le lendemain de la journée d’AG d’une association professionnelle dans une cacaoteraie de 40 hectares.

En plein air, parmi les cacaotiers de la plantation où j’allais me promener, seul pendant la pause déjeuner, puis en groupe de 30 pour une visite guidée après l’AG.

Merveilleuse promenade seul dans une cacaoteraie, le goût d’un pur chocolat à la cannelle fraîche et au sirop de canne (dégusté peu avant ( trop sucré, comme toujours) en bouche.

Une fougueuse averse tropicale venant rafraîchir la douce routine des 32 degrés quotidiens entre deux débats de l’AG.

Deux vendeuses de cacao bio. Naturel, me dit-on, car on ne traite pas les sols. Les bienfaits d’une agriculture pauvre, comme à Cuba, l’île voisine, dit-on.

La Calle Mercedes, dans le centre colonial de Santo Domingo

Souvenir pour sensation

De Marcel Proust, l’homme aux bas de laine mémoriels si doudous, tout le monde connait le commerce avec les madeleines : son affection pour la madeleine.

De quoi s’agissait-il vraiment ?

Extrait :  » Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

L’odeur et la saveur longtemps, en Marcel svp !

Le papier cadeau personnalisé d’une amie est je microaventure aussi. L’installation de 💐 aussi. Elle comporte une rose dite stabilisée ( un an garanti), un faux oiseau de paradis, à sa gauche, de part et d’autre deux branchettes d’eucalyptus prélevées sur la pointe des pieds au pied d’un HLM lisboète de je ne sais plus quelle banlieue, servie sur colline.

Si je n’ai pas à monter quelque part franchement, ce n’est pas la peine. Une marche de plus, sans réel objectif autre que d’y chercher un but sans but. Et de découvrir de nouvelles microfictions au parfum d’aventure de peu.

Celle-ci, c’est déjà un peu de beaucoup :

J’adore cette photo fort connue de Robert Doisneau, 1937. Un beau coup !

Finissons avec un serpent de mer médiatique : le désir de revanche voyageuse

C’est l’Eldorado des acteurs du tourisme en berne : ce désir de revanche – terme consacré assez ridicule, parlons plutôt de besoin de compensation – par le voyage qu’il y aurait. Après les circonstances covidantes…

Et tant qu’on y est… Le retour des années folles ?

Pourquoi pas de nouvelles Années Vingt folles,autre tarte médiatique pour faire rêver le peuple de la middle-class, avant quelque nouvelle Micro-apocalypse, maxi- crise éco-virale (comme la crise de 1929) mettant un terme provisoire aux paillettes…

Serpents de Mer des prospectives, des espoirs, Eldorado TIC et toc, méduses des fêtes perdues, hydres et Gorgones des années utofolles…

Bien avant l’ère du Vide de l’Univers prédit par des amis astrophysiciens…

Un Kevin, ex-élève et lointain ami, de passage en Argentine. Où Il pût se rendre en Mars 2021 d’Allemagne, où il travaille et seulement car mariée à une Argentine. Il y a de ces cas particuliers !

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