Les soeurs Mirabal – 3 martyres 🦋🦋🦋 dominicaines honorĂ©es Ă  Paris le 8 Mars. La JournĂ©e de la Femme a des ailes…

Qui est Ă  l’origine de la JournĂ©e pour l’abolition des violences faites aux femmes, tombant le 25 Novembre, initiĂ©e par l’UNESCO en 1999 ? La rĂ©ponse est… 🦋 🦋 🦋


Ce sont ces trois sĹ“urs martyres dominicaines, les Mirabal, assassinĂ©es durant un trajet de retour d’une visite Ă  la prison de leurs maris, le 25 Novembre 1960. Sous l’ère de la dictature en RĂ©publique Dominicaine perpĂ©tuĂ©e par l’affreux Trujillo.

Il avait carrĂ©ment dĂ©baptisĂ© la capitale du pays, Santo Domingo, pour en faire « Trujillo- City ».

L’assassinat des 3 soeurs et de leur chauffeur fut le signal d’une prise de conscience qui aboutit moins de deux ans après Ă  la chute du « dictateur Ă  tĂŞte de melon ».

Les soeurs Mirabal
La broche- papillon créée par ce pays en hommage.

On les appelle les Papillons

Las Mariposas en espagnol. Pourquoi ? C’Ă©tait le nom de code de rĂ©sistance de l’une des trois sĹ“urs, Minerva Mirabal. Le symbole est restĂ©. Le pays a Ă©ditĂ© cette broche papillon en hommage aux papillons-martyres.

La fille de Minerva, Minou Tavarez Mirabal, porte le flambeau familial

Elle a dĂ©voilĂ© la plaque-hommage commĂ©morative de sa mère et ses deux tantes ce 8 Mars 2021. Les Mirabal sont donc dorĂ©navant Ă  l’honneur Ă  Paris, 6 Place de la RĂ©publique Dominicaine, devant l’ambassade, situĂ©e juste en face du Parc Monceau, Ă  l’angle avec la rue de Prony

Minou Tavarez Mirabal, fille de Minerva Mirabal, porte le flambeau de la cause familiale.

La pose d’une plaque commĂ©morative est toujours une belle cĂ©rĂ©monie. Voici la plaque dĂ©voilĂ©e et l’Ă©mouvant discours de Minou Tavarez Mirabal, fille de Minerva Mirabal, qui a repris le flambeau de cette belle cause familiale.

Un making off

« Les mots sont comme les dents dans un combat. Ils jaillissent des gencives et puis, un par un, non sans douleur, non sans surprise, ils deviennent des outils extrĂŞmement efficaces et puissants.
Quand la lutte des femmes Ă©tait encore dans les gencives, c’est-Ă -dire quand nous commencions Ă  peine Ă  comprendre que cette civilisation patriarcale nous avait
dĂ©shumanisĂ©es au point de nous rendre invisibles et de nous retirer de l’histoire de la planète ;

Quand nous n’utilisions pas encore les mots fĂ©minisme, misogynie,
crime de genre, violence sexiste, abus contre les femmes, et d’autres outils linguistiques puissants avec lesquels penser, analyser et essayer de changer la rĂ©alitĂ© ;

quand le dĂ©veloppement des TIC n’Ă©tait pas intervenu dans la dissolution des frontières spatio-temporelles-culturelles de notre civilisation ; quand sous
tous ces tissus, nos combats s’engendraient, Minerva Mirabal a rĂ©pondu Ă  sa mère – ressentant son inquiĂ©tude qu’elle soit assassinĂ©e si elle continuait Ă  conspirer
contre le tyran de notre pays de l’Ă©poque –

“s’ils me tuent, je sortirai mes bras de la tombe et je serai plus forte ».


Quelques semaines plus tĂ´t, depuis l’horreur de la prison, elle avait Ă©crit une lettre de rĂ©confort Ă  ma grand-mère et Ă  mes tantes Patria et DedĂ© pour leur dire xomment elles se sentaient :

« Je ne pense qu’Ă  votre mortification et Ă  nos enfants, alors bien que nous savons qu’ils sont bien entourĂ©s ».

Puis elle demanda du plâtre pour sculpter, de mĂ©moire, un buste de moi qui est aujourd’hui exposĂ© dans la Casa Museo Hermanas Mirabal. Le message que je retire de cette correspondance est celui de l’amour pour l’humanitĂ©. C’est grâce Ă 
cette Ă©norme foi dans le meilleur de l’ĂŞtre humain que ces lettres reflètent que nous sommes ici, dans cette Ville Lumière qui a accueilli tant de luttes, en se souvenant d’elles et en les invoquant afin qu’elles continuent Ă  nous inspirer.
Comment une fille d’un petit village curieusement appelĂ© Ojo de Agua – un tout petit point sur la trajectoire du soleil dans la mer des CaraĂŻbes – a-t-elle su que s’ils finissaient par lui arracher sa droiture, s’ils la forçaient Ă  renoncer Ă  ĂŞtre elle, Ă  se
tenir debout, Ă  s’excuser pour ce qu’elle pensait, comment a-t-elle su, je me le demande, qu’elle pourrait aussi faire se dĂ©tourner le regard du monde entier et le faire reconnaĂ®tre son combat, que le monde entier regarderait en bas… et la verrait ?
C’est ce qui s’est passĂ©. D’une lutte qui n’existait pas encore, Patria Mercedes, MarĂ­a Teresa et Minerva Mirabal, filles, Ă©pouses, mères, tantes, artisanes professionnelles et, surtout, trois femmes caribĂ©ennes d’un village de la rĂ©gion du
Cibao en RĂ©publique dominicaine – ce petit pays qui partage une Ă®le avec la RĂ©publique d’HaĂŻti – ont rĂ©ussi Ă  dĂ©fier les frontières imposĂ©es par le local, leur
condition de femmes au milieu de la rĂ©pression d’une dictature aussi machiste que le sont toutes les dictatures, ainsi que les frontières de l’Ă©poque, de l’isolement et de l’Ă©loignement.

Comment ?

En agissant quotidiennement
comme si Le Vivre devait rĂ©pondre Ă  la question de savoir ce qu’est la vie… et comment la vie peut ĂŞtre juste, pour toutes, pour tous. Face Ă  l’absence de justice, elles ont choisi de mener le combat politique, face Ă  l’absence de libertĂ©, elles ont choisi d’ĂŞtre des artistes, c’est-Ă -dire de crĂ©er ce qui n’existait pas
encore.

Aujourd’hui, c’est ainsi que je les vois ici, sur ce mur, toutes les trois, sur uneplaque. C’est ainsi que Paris les a voulues pour que les passants les regardent, avec leur engagement politique indomptable, avec leur citoyennetĂ© dĂ©sormais
universelle et avec leurs sourires de marbre qui nous rappellent qu’il existe encore un Ă©norme fossĂ© entre les droits des femmes et des hommes, entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ont un foyer et ceux qui n’en ont pas, entre
ceux qui peuvent aimer librement et ceux qui doivent donner des explications pour le faire, entre ceux qui se disputent un territoire et ceux qui n’en ont pas,
entre les réfugiés et les hôtes, entre les privilégiés et les défavorisés, entre la Terre mère et le système économique qui prévaut dans la plupart des pays de notre planète.
Depuis l’assassinat brutal de Patria, Minerva et MarĂ­a Teresa Mirabal le 25 novembre 1960, de nombreuses conversations en suspens, beaucoup de ponts sont dĂ©jĂ  jetĂ©s et trop d’autres Ă  construire, beaucoup de regards vers le bas, vers ceux qui sont historiquement privĂ©s de libertĂ©s, vers ceux qui, de mille façons, jour après jour, sont Ă©cartĂ©s, ignorĂ©s, rĂ©duits au silence. Il y a beaucoup Ă  guĂ©rir dans un monde malade du manque de solidaritĂ©, de justice, d’inĂ©galitĂ© et de raison.


Et voici les Filles, les Papillons, les Soeurs Mirabal, Ă©tant l’ Ă©tendard et l’inspiration de toutes ces batailles dont les noms commencent tout juste Ă  apparaĂ®tre, dont nous commençons tout juste Ă  connaĂ®tre les noms. Merci beaucoup. » Fin du discours.

EspĂ©rons que ces sĹ“urs 🦋 renaissent Ă  chaque printemps…

Parc Monceau, 8 Mars 2021, journée internationale de la Femme

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Google. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s