Réouverture de la Villa Majorelle, Nancy



Une fantaisie savoureuse et spirituelle

Construite par l’architecte Henri Sauvage en 1901-1902 pour l’artiste Louis Majorelle, classée Monument Historique, la Villa Majorelle, première maison entièrement Art nouveau de Nancy, vient de rouvrir après six ans d’embellisement.

La restitution minutieuse des décors d’origine connus et de l’ameublement des pièces de réception et chambre à coucher invite à un voyage dans l’intimité familiale de l’artiste.
Le père de Louis Majorelle (né en 1859), Auguste, connût un certain succès dans le domaine de la décoration de mobilier au style japonisant.

Cheminées de la Villa Majorelle

Alors qu’il envisage une carrière de peintre et étudie à l’École des Beaux-Arts de Paris, Louis doit bien revenir à Nancy pour épauler sa mère dans la direction de l’entreprise familiale.

Celle-ci profite de conditions économiques favorables, au lendemain de l’annexion de l’Alsace Moselle.

Sous l’impulsion de Louis, désormais aux commandes, la manufacture se lance dans une production de mobilier moderne, influencé par la nature et les recherches d’Émile Gallé, dont le succès est immédiat.

En même temps, il poursuit une production industrielle de copies de style. Avec l’aide de son frère, Jules Majorelle, l’entreprise amorce la conquête des marchés parisiens et internationaux.

La maison voulue par Louis Majorelle doit refléter l’esprit de son travail : modernité, dynamisme, simplicité, le tout non ostentatoire.

Henri Sauvage, l’architecte, pense donc espace de vie avant élévation, distribution intérieure avant canons académiques. Le résultat a été qualifié par le critique Franz Jourdain de « fantaisie savoureuse et spirituelle ». C’est tout à fait ça !

Chambre, au 1 er étage. Villa Majorelle, à Nancy, février 2020.



Pendant la rénovation

Le musée de l’École de Nancy a recherché dans ses collections des pièces en verre, en grès et en faïence susceptibles de prendre place dans la villa pour isoler une série d’œuvres conçues par Louis Majorelle.

Où bien réalisées par des manufactures, aujourd’hui toutes devenues des « Entreprises du Patrimoine Vivant » ( EPV), comme Daum Frères, Keller et Guérin, Rambervillers.

Le choix s’effectue en fonction des dimensions, des formes et des ressemblances avec les pièces visibles sur les clichés familiaux. De même, le musée a choisi des peintures exécutées par Louis Majorelle ou son fils Jacques car certaines d’entre elles étaient présentes dans la villa.

Ces collections (mobilier, art du feu, peinture, cuir et textile) ont fait l’objet d’une campagne de restauration avant leur installation dans la villa rénovée en six ans.

Enrichie d’espaces d’accueil et d’outils de médiation, la Villa Majorelle renouvelle l’Art Nouveau nancéien.

Un beau travail

Tout comme la restauration de la Villa Demoiselle à Reims (commanditée par un admirateur de Louis Majorelle) qui évolue déjà vers l’Art Déco… C’est un autre bijou, un Palais miniature à visiter sans tarder. L’on s’y sent comme chez Sissi

Il s’agit d’une propriété du couple Jean-Louis ( un belge parti de rien) et Nathalie Vranken, deux collectionneurs d’art organisant chaque année au printemps un beau parcours artistique dans les interminables galeries des caves crayeuses de la maison de Champagne Pommery… Encore un fil à suivre ! 🎯

En complément, on visitera le musée de Nancy pour redécouvrir l’Ecole de Nancy. Et on pourra passer Place Stanislas à L’Excelsior : cette brasserie, dont le décor est un autre fleuron de l’école de Nancy, est aussi connue pour la qualité de ses menus. C’est un autre décor de rêve…

Christophe Riedel

Villa Majorelle
1, rue Louis Majorelle -Nancy
https://musee-ecole-de-nancy.nancy.fr
https://tourisme-meurtheetmoselle.fr/

Photos : Musée de Nancy-Villa Majorelle

Et à Paris… Henri Sauvage dans les années 1920. S’il a bâti sa première célébrité sur les chemins de traverse de l’Art nouveau, notamment avec la création de la Villa Majorelle à Nancy, c’est avec la construction d’immeubles Art déco dans tous les quartiers de Paris qu’il se fait véritablement un nom.

Cet immeuble fait partie des résidences les plus luxueuses qu’il ait conçues. Témoignage de cette époque Art déco, cet appartement en a conservé tous les détails d’origine : panneaux de boiseries moulurées, portes en acajou, carrelage typique des années 1930, poignées de portes en laiton…

https://www.admagazine.fr/architecture/actualite-architecture/diaporama/a-vendre-un-luxueux-appartement-art-deco-dhenri-sauvage-a-paris/61403

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