Le destin de Destino, film de Dalí pour Disney

Après-guerre, l’artiste espagnol a travaillé plusieurs mois dans les studios Disney sur un projet de film, intitulé “Destino”. Il aura un triste destin puisqu’il sera enterré
jusqu’en… 2003. Présenté alors dans des festivals, il ne sortira pas en salles.

Il en reste cette perle rare…

Le pissenlit soufflé du printemps revenant…

Une perspective à la Giorgio de Chirico. Dali adorait Rafael…
Pink Floyd S’en est inspiré pour une fameuse pochette d’album. The dark side of the Moon?

L’histoire

Celle d’une femme tentant de délivrer un personnage mi-homme mi-dieu de sa forteresse, imaginaire. Et surtout ces décors : des horloges dégoulinantes, des paysages désertiques bordés de montagnes noires, des personnages bizarroïdes… Pas de doute : c’est bien l’univers du peintre Salvador Dalí, que l’on voit animé dans cette vidéo.

Ce magnifique court-métrage baptisé « Destino » est un trésor bien caché : réalisé par les studios Disney à partir d’une collaboration avortée avec le peintre surréaliste, en 1946, il a vu le jour en 2003.

Flashback

Nous sommes à la fin des années 30 : Salvador Dalí, alors membre du groupe des surréalistes d’André Breton, est exclu du mouvement après plusieurs provocations – prises de position pro-fascistes, admiration déclarée pour Hitler. Le peintre part s’exiler aux Etats-Unis. Pas en Allemagne, heureusement !

Lors d’un dîner mondain organisé par la Warner au cours de l’année 1945, Walt Disney, dont il a fait la connaissance quelques années plus tôt, lui fait part d’un projet sur lequel il travaille à l’époque : un court-métrage d’animation qu’il veut intituler Destino.

Le destin tragique de Chronos, dieu grec du temps, désespérément amoureux d’une mortelle, le tout sur fond d’une ballade mexicaine. Bingo ! il n’en faut pas plus pour séduire Dalí.

Dalí produit des dizaines et des dizaines de croquis, d’esquisses… qui ne seront jamais utilisés.

Pendant huit mois, chaque matin, le peintre pointe ses moustaches dès 8h30 dans les studios Disney et travaille d’arrache-pied jusqu’au soir en compagnie de John Hench, dessinateur et concepteur chez Disney.

Ensemble, ils planchent sur le story-board, Dalí produisant des dizaines et des dizaines de croquis, d’esquisses. Les difficultés économiques de l’après-guerre ont fragilisé la compagnie Disney : le projet est finalement abandonné en cours de route…

De cette collaboration…

Demeurent 18 secondes d’animation que Hench montera pour tenter de convaincre Disney, dans un ultime recours, du bien-fondé du projet.

18 secondes qui ont croupi pendant des décennies dans les archives de la compagnie. Jusqu’à ce qu’en 1999, le neveu de Walt Disney exhume le projet et décide de lui donner, quarante ans plus tard, un aboutissement.

Sur la base de la fameuse séquence de 18 secondes (celle des tortues, à 5’20), des story-boards laissés en friche par Dalí et de cahiers personnels, avec l’aide de John Hench, une équipe de 25 experts en animation, dirigée par le réalisateur français Dominique Monféry, s’est attelé à redonner vie, enfin, à
Destino.

Plaisir des yeux, féérie d’une histoire. Soufflons !

Ce remix musical de 2017 est bien pêchu. Allez y faire quelques tours de piste…

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