Un peu de corail dans l’œil du temps

Un corail dans l’œil ? Aïe !

Un impact symbolique. Celui d’un dimanche pluvieux ou d’une charge d’âme imaginaire ?

Il s’agit d’un cercle de corail vietnamien qui me tapa dans l’oeil en marchant sur une plage de décembre. Je l’ai chargé d’une portée symbolique lors de cette autofiction de peu.

J’aime infiniment son velours concentrique, strié et râpé par 3332 ans de fréquentation de la mer.

Je l’ai envoyé le lendemain par courrier. Il ornera dans la Ruhr la tombe allemande d’une tante aimante disparue en décembre, Toni.

Cette tante m’envoyait depuis le début des temps, lors de chaque mien anniversaire, ou à Noël, un colis de marzipan enrobé de chocolat noir sous diverses formes. Allant du petit coeur (Herzchen), à la barre oblongue de Lübecker marzipan et autres petits cubes fourrés tri-couches : pain d’épice, gelée de 🍒, pâte d’amande. Des Domino-Steine…

Ce corail vietnamien, arrivé dans la Ruhr via Paris, sera croqué par l’éternité sur son corps oblong. Celui de ma tante. Comme les blés d’un tableau de Vincent Van Gogh sous un soleil provençal ou normand…

Comme la promesse d’une existence disparue et, partant, d ‘un colis qui ne sera plus.

Précisons au passage que ce colis était la charge symbolique me liant à la patrie de mon père, à cette Allemagne pleine pour moi d’une dramaturgie wagnérienne liée aux circonstances de la disparition de mon père dans l’eau glacée du canal de Bourgogne, par un petit matin blême de mars, deux jours après la fin de Claude François. L’anniversaire annuel nous titille longtemps, puis, le temps cicatrisant, son Éternel retour dans les frimas de l’hiver ne nous fit presque plus chaud ni froid. Cela devînt une sorte de rappel automatique… Un peu folklorique. Une sorte de tradition.

Dans le demi-sommeil de ces matins de Mars ravivant ce souvenir, Claude François dansait parfois nu dans sa fatale baignoire, puis dans les eaux glacées du canal est joignait, dûment lesté de quelques danseuses Claudettes, avec mon père.

L’un ranimant l’autre par l’énergie de la danse sur leur de la chanson  » Alexandrine, Alex-cendre-drap !  »

L’autre ranimant le premier sur l’air plus triste du  » Téléphone sonne ». Tous deux dansant ensuite s’éloignant dans le ciel comme dans ce fameux couple d’amoureux du tableau de Chagall.

Strophe, Tango, catastrophe, Cha Cha Cha, Fox Trot.

Mon père, Achim, était nudiste, dois-je le rappeler ? Sa caravane de vacances était basée dans un camp naturiste entre Nuremberg et Würzburg.

De sorte que tout cela, la nudité d’une danse relative dans l’impossible de deux morts évitables, vous prenait une cohérence paradoxale.

En tout cas dans les limbes de souvenirs se réinventant au fil des ans…

Des fleurs glanées, associées en une danse passive dans un esprit.

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