Ce Cocteau pluriforme, énième tentation d’illumination sur le tard

Ah oui, cela, de mon illuminée préférée, Alexandra S, adviendrait. Car elle fut et sera, sut ce qui sera… Alexandra tutoie les étoiles… Elle a si soif d’idéal qu’il devient parfois séditieux.

Jean Cocteau décora cette eglise à Milly-la-Forêt, ma campagne d’enfant, la tienne aussi…

Un Christ un peu joint de culasse, un poil furibard… 
#parallelespotentiels #cocteau #millylaforet #jacqueline


JEAN COCTEAU  :  » JE RESTE AVEC VOUS… « 

En 1949, Jean Cocteau fait la connaissance de Nicole de Rothschild lors du tournage d’un film, il est invité à passer des vacances dans la maison familiale dans la presqu’île de Saint Jean Cap Ferrat, la villa Santo Sospir (rachetée depuis peu par un Russe, qui en a fait un machin hôtelier de luxe).

La villa est nommée ainsi parce que le village portait autrefois le nom de – Saint Soupir -, sans doute en l’honneur de l’ermite st Hospice réfugié dans une tour située à l’extrémité de l’île.

Le village où vécut Jean Cocteau durant plusieurs années est consacré à Jean-Baptiste. Les chevaliers de l’Ordre de Malte y ont construit autrefois une chapelle placée à l’extrémité de la péninsule (le Point st Jean). Là où se tenait leur fort, des plaques visibles sur la place qui porte leur nom voisinent une grande Vierge Noire en bronze portant un enfant qui tient un – miroir – représentant cette même vierge à l’enfant en modèle réduit.

St Jean Cap Ferrat fut peuplé dans les temps antiques par le peuple des Ani (ou Anati) ce qui peut laisser supposer un lien avec Ana. Jean Cocteau entreprend lors de son séjour à Santo Sospir de dessiner  une tête d’Apollon au-dessus de la cheminée du salon, puis, après avoir tracé au fusain sur les murs et les portes de la villa, il rehausse ses dessins de couleurs. Il dit alors  » qu’il dessine sur la peau des murs et que Santo Sospir est une villa tatouée « .

Il s’inspire essentiellement de la mythologie grecque, serpent, tête d’Orphée, mythe d’Actéon, Diane, Narcisse, etc… mais il effectue aussi une représentation de – Judith et Holopherne -. Si la villa Santo Sospir figure dans le film de Cocteau  » Le Testament d’Orphée  » qui met en scène la traversée du miroir, le poète dira que  » les murs de la villa Santo Sospir à st Jean Cap Ferrat parlaient à sa place…  » nous pouvons en déduire que ces fresques recèlent un message…

Et ce message n’est sans doute pas le seul. En effet, lors de son intronisation comme docteur honoris causa à l’université d’Oxford, on va lui demander de décorer la chapelle  » Notre-Dame de France  » située à Londres. Cette chapelle, détruite en grande partie durant la dernière guerre, a été rebâtie en 1950.

Cocteau va accepter car il pense que lui comme d’autres artistes  » avons essayé de vaincre l’esprit de destruction qui domine l’époque, nous avons orné des surfaces que les hommes rêvent de démolir « . Cette chapelle est ornée d’une tapisserie effectuée par Dom Robert, qui représente une sorte de dame blanche entourée d’animaux  (1954). Elle est ornée d’un texte :  » J’étais à ses côtés comme un maître d’oeuvre…  » Cocteau, et ce n’est certainement pas un hasard, a comparé cette tapisserie à une oeuvre de Walt Disney, Blanche neige.

Le poète qui a avoué que  » le mur de la chapelle l’avait attiré dans un autre monde  » n’était certainement pas sans connaître les connexions qui relaient Walt Disney à l’ordre de la Rose-Croix. Pour preuve, certains voient dans son oeuvre qui représente Marie au pied de la- croix – et pleurant sur une – rose -, sur laquelle tombe une goutte de sang, la signature même de Cocteau et son appartenance au même ordre.

Ces fresques présentent d’ailleurs d’autres énigmes, on voit un soleil noir qui peut représenter en alchimie, le Sol Niger, des dés lancés par les soldats romains qui affichent le chiffre 58, un soldat  qui brandit une lance dans un geste de menace au-dessus d’un Jean au visage tourmenté et qui porte un bouclier orné d’un faucon, faucon bien proche cependant de l’épaule de Cocteau qui s’est représenté tournant le dos à la croix…

Oui bon, ca, ce sont des accents lynchiens qui n’ont rien à voir avec Jean Cocteau…

Certains chercheurs ont traduit la présence du faucon comme étant l’Horus égyptien et une référence à la maçonnerie. D’autres détails interpellent, comme le tissu qui unit Marie à Marie-Madeleine et qui semble dessiner une lettre, quant au fait que le crucifié ne dévoile pas son visage, mais seulement ses jambes, il sera interprété selon l’Evangile de Barnabé (ou le Coran) qui prétend que c’est quelqu’un d’autre que Jésus qui fut torturé à sa place et que celui-ci fonda ensuite une famille avec Marie-Madeleine…

Cocteau dira de son oeuvre à Notre-Dame de France,  » j’étais là, mais je ne suis qu’un témoin de ce que j’ai appris…  » il faut donc le prendre comme l’aveu d’une révélation à décrypter.

Jean Cocteau va récidiver dans la chapelle st Pierre située à Villefranche sur Mer, non loin du Cap Ferrat. Si des personnages étaient pourvus de yeux de poisson à Notre Dame de France, ici, dans cette chapelle des Pêcheurs, les allusions au poisson abondent, y compris sous la forme plus inattendue du dieu Neptune ou Triton pourvu de son trident. Autre anomalie, des Gitans et une jeune femme dansent dans une allusion qui nous renvoie sans doute aux st Maries de la Mer. La porte de la chapelle porte une inscription…

« Entrez vous-même dans la structure de l’édifice comme étant des pierres vivantes «  Saint-Pierre.

On ne peut s’empêcher de penser à la petite église bretonne de Trehorenteuc située dans la forêt de Brocéliande où s’affiche  » la porte est en-dedans…  » Jean Cocteau ne nous laisse pas dans l’ignorance, il a balisé son oeuvre de clins d’oeil propres à nous mettre sur la voie, à propos de la villa Santo Sospir, il dira  » Etre poète consiste à confier tout haut les secrets. Le (décor) cherchera ceux qui se donnent la peine de lire…  »

Pour les vitraux de l’église st Maximin à Metz, dont l’un semble représenter un Baphomet,il dira  » Je décalque l’invisible « . Quant à son tombeau  qui se trouve dans la chapelle de Milly la Forêt, l’épitaphe est limpide…

 » Je reste avec vous… « (A.S)

Cocteau, à gauche, détournant le regard de cette gabegie religieuse…

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