Colombie : Volcan du Totumo, Mer rose, îles du Rosaire, ruines de narcos…

Y a t’il pire que la queue de la randonnée de la fameuse photo truquée vers les sommets de l’Himalaya ?

On se dépouille de tout, avant la montée sous un soleil de plomb et d’or. Ce volcanou est vraiment comique. On vient de la Mar Rosa, un phénomène salin et limoneux, qu’on verra plus bas.
Un soir, à Gesimani, le quartier bohème de Cartagena, livré en pâture aux touristes, proche du merveilleux centre ville colonial classé UNESCO en 1984. On remange – encore et encore – une galette de maïs fourrée : l’arepa. Ici italianisée pour la jouer plus mode. C’est l’ordinaire de nos petits déjeuners. Pourtant c’est un peu beaucoup pouf pouf et fade… Mais l’on s’y fait.

Non, il n’y a pas pire que la queue fictive et polluante pullulant vers le sommet de l’Himalaya. Mais il y a plus amusant. La queue vers le bain de boue dans le mini trou au sommet du Totumo. Un tout petit volcan de terre au rituel supposé bon pour les articulations, rhumatismes e Tutti quanti…
Le meilleur est à venir.

Ce bain de boue chaude au sommet du Totumo, du côté de Cartagena, avec massage « into the mud ». Cela fait vivre 150 familles dans un trou perdu.

Le Totumo est un tout petit volcan de terre, qui propose ce rituel aux natifs depuis des siècles et aux touristes depuis 30 ans.
On se rince ensuite -où l’on se fait rincer par quelqu’un vous le proposant moyennant quelques milliers de pesos- dans le lac en contrebas.

Drôle, incongru, en rubrique : une fois dans une vie.

Une fois redescendu

Vous attend une très jolie succession de lacs où les pêcheurs jettent et tendent leurs filets de superbe façon, tandis que des oiseaux sauvages mènent leur vie et leurs vols comme ils le veulent. Entre autres au mépris des règles de sécurité aéroportuaires.

Après une courte marche en descente qui semble longue, quand on est nu ou presque, on se lave donc dans cette zone lagunaire. Tel un troglodyte,un anachorète ou un ver ermite, noir de gris…

Les gens marchent si lentement en descendant les marches vers le lac… On croirait des revenants figurant dans un casting incongru, mi chamane, mi zombie.

Un genre de rituel de purification… Pour retrouver la nudité, la part de sauvagerie ancestrale, peut-être. Cela est un peu dénigré par quelques médias locaux. Mais bon, ça le fait…

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Photos bains de boue : remerciements à Sandrine, participante de ce voyage à l’organisation foutraque en Colombia.

La Mer rose

On vient de la Mer rose ci dessous. Très joli phénomène. Nichée entre les villes de Carthagènes et Barranquilla se cache un petit coin de paradis inconnu des touristes il y a peu : Les salines de Galerazamba. 

Imaginez un peu … Les pieds dans l’eau, vous observez béat une immense étendue d’eau … d’un rose flamand ! L’immense bassin des salines de Galerazamba revêt une splendide couleur rosée. La raison ? Au fond de l’eau prolifère en effet une micro-algue, appelée « Dunaliella Salina », qui induit une forte concentration de sel dans l’eau et de ce fait, provoque cette pigmentation si particulière. Le résultat est savoureux !

La veille c’était bateau vers les îles du Rosaire ( Rosario).

Site de la mar Rosa, à 2 heures de Cartagena, la côte caraïbe colombienne. Où beaucoup de jeunes vénézuéliens travaillent comme vendeurs de bricoles souvenirs ou de bouffe de trottoir pour « 3 francs six sous ». Vu que le Venezuela est devenu un enfer tranche-gorge, me confirme l’un d’eux. Je lui ai acheté un riz pseudo Chinois pour soulager la puissante tourista de service. Probablement due aux glaçons dans les délicieux jus de fruits naturels des petits étals de rue que je ne peux m’empêcher de prendre. Ou à de la junk food de rue…
tourisme de masse ?
Si le tourisme de plus en plus présent apporte des bienfaits certains à la région, il peut avoir aussi des effets dévastateurs sur la nature. De nombreux déchets laissés par des touristes peu respectueux sont venus polluer ce paradis naturel, impactant directement l’algue responsable de la pigmentation rosée. Une triste réalité qui a poussé les responsables a fermé temporairement les salines au public, pendant deux ans. Depuis le 11 mars dernier, elles sont de nouveau accessibles. Si l’on peut se sentir parfois impuissant face à la gestion touristique parfois perfectible d’un lieu, nous pouvons néanmoins agir à notre échelle en adoptant une attitude respectueuse envers cet environnement.

Les îles du Rosario

sont un archipel de 27 îles, dont 24 seraient privées. Il y a d’étranges ruines de maison sur certains îlots. L’ami Stéphane, expatrié sud-américain, m’apprend qu’elles appartenaient à des narcos :

En bateau a double moteur pour y aller, ça secoue bien fort.

« Dans les îles du Rosaire, beaucoup d’îlets appartenaient à des mafieux , narcotraficants. Ils avaient eu les largesses des gouvernements colombiens successifs , sauf avec Uribe qui a nettoyé ça, et recuperé les ilets. C’est pour ça que tu peux voir pas mal de mansions abandonnées. Ils ont récupéré aussi une avioneta, um avion qu’ils ont coulé dans le récif pour faire un récif corallien artificiel vers lequel on plonge en excursion.
La légende dit que c’était l’avion de Pablo Escobar. Mais il n’en est rien. il fait vendre Pablo, donc les colombiens abusent de lui, désormais… « 

Il faut dire qu’il a tant abusé d’eux… Des centaines de morts, éliminés par les sicarios, ses tueurs à gages, reposeraient dans une carrière qu’on voit à Medellín. En visitant le quartier de la Communa 13, vitrine streetarty de la réhabilitation de la colline des traficants,c’est juste en face en descendant…

Un soir à Gesimani, Cartagena. À coté de l’hôtel Casa Victoria, une adresse plus que correcte. En plus on prend son petit déjeuner compris dans le beau bar d’à côté. J’aime bien ce travail pictural,un exercice de style sur des motifs à la Matisse. Celui de la série Jazz…