J’embrasse le ciel du bout des yeux en courant

Au lieu du Tao, en guise de Tao,

j’embrasse le ciel du bout des yeux en courant

j’embrasse les nuages du bout des sourcils (oublieux de tout, des aspects techniquement difficiles)

J’embrasse la lune du bout d’un cil (en une furtive caresse) en regardant les feuilles tomber dans la lumière revenue.

J’embrasse le ciel à Flaine avec un regard d’enfant. Oui, il y a une sculpture de plein air de Jean Dubuffet a côté…

Après l’averse 967 864 d’un cinquante-cinquième hiver.

En ne pensant pas aux 59 morts de « la fusillade de Las Vegas » de la veille, entendus au petit-déjeuner. Tandis que j’épluche les fruits ajoutés à mes céréales aux fruits rouges déshydratés.

Soupoudrés de force germe de blé pour reconstituer mon stock de mémoire et faire des réserves de magnésium me donnant une idée de la puissance qu’il y à exister. Une fortitude dans le germe de blé ? On aura tout entendu !

J’embrasse ce que je vois d’un ciel pur un chouilla floconneux. En évacuant l’information soigneusement – comme l’on se coupe les ongles avec soin – des deux « jeunes filles poignardées sur les marches de la gare de Marseille- St Charles », l’avant-veille.

Je me contente d’embrasser le ciel du bout des yeux – en courant – puisqu’il m’est donné de le faire.

Je l’embrasse du bout des lèvres et ce baiser microcosmique résonne en moi comme le vent sur mes semelles de grenouille tandis que mes jambes battent en métronome sans que j’ai à y penser.

En une sorte d’effet hypnotique propre au mouvement/paysage déroulant, j’oublie tout dans ce mouvement machinal qui m’emporte dans mes deux ou trois tours quotidiens des Buttes-Chaumont. Mes valses viennoises de peu…

Dans cette vie-ci, je suis né grenouille aux guibolles en tige, dans une autre un physique de buffle du Berry ou d’Arkansas à gros doigts, du Yunnan ou d’Ouganda à paume rugueuse, caractérisera celui qui ne sera plus tout à fait moi. Mais que je sais être moi aussi. Tant il est vrai qu’on recèle tous un sacré potentiel d’ADN plurivalent…

Des tas de choses me traversent et me jouent dont je n’ai plus conscience quand j’explore pour la énième fois la même ruelle de Lisboa ou de Marseille.

Par exemple celle ( lisboète) où j’ai découvert le petit musée dédié au fadisto Mauricio Fernando, qui fut largement oublié : la Casa Mauricio Fernando.

Une touchante galerie de souvenirs, avec toutes ses pochettes de disques depuis 1962. Qu’on peut voir. Et surtout écouter au casque tous ces albums dans ce musée de poche rouge bien conçu. Quelques heures de pur bonheur fadiste sur cette petite place perdue dans la Mouraria…

A quelques pas du Largo Sao Cristovao de la Mouraria (et du petit resto Zé da Mouraria qui marche du tonnerre où une bande d’amis faisait une fête un samedi) dont j’ai discuté ensuite avec un technicien installateur : il est né là, précisément, dur cette place. Maintenant, il vit juste à côté de lisboa, sur le Ribatejo, qui est l’opposé de l’Alen Tejo. Cela veut dire…

Avant le Tage/ Après le Tage

Avant qu’on fasse du monde un accès Wi-Fi aux fils sous-jacents de traçabilités sans limites.

J’embrasse sans penser aux ondes le ciel en renouant sans cesse mes lacets cirés se défaisant tout le temps, enfin trois jours sur quatre.

Et le quatrième jour, le premier laçage est le bon : ça ne bouge plus en bas de moi sur les pieds. Tandis que j’embrasse une fois de plus – jamais de trop – la promesse du ciel vu de la Terre.

Et celle de la Terre vue du ciel, sans Yann. Mais avec une montgolfière comme lui. Parce que c’est bon, les montgolfières.

Parce qu’en montgolfière, j’ai survolé des châteaux de la Loire, des montagnes alpines, un désert marocain, les cheminées de fée turques en Cappadoce. Ce qui me revient en courant, sans y penser vraiment.

Juste par petites touches allusives…

Le lien du tout petit musée du chanteur de fado quasi oublié est ici :

http://www.museudofado.pt/calendario/detalhes.php?id=485

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