15 histoires de designers du modernisme au pop. En cadeau-Bonux ? Le style Prisunic 70 !

Modern & vintage DESIGN FAIR PARIS by Les Puces du Design
Du 22 au 25 NOV. 2018 à Espace Champerret – Paris 17°

« Prisunic » exposée pour la première fois : Le Beau au prix du laid

A la fin des années ‘60, l’aventure Prisunic, sous la direction artistique de Denise Fayolle puis de Jacques Lavaux, témoigne d’une inventivité et d’un avant-gardisme qui n’auront pas d’équivalent en France voire en Europe.

A partir d’une collection exceptionnelle de plus d’une centaine d’affiches et de dizaines de supports graphiques en 2 ou 3 dimensions retrouvées avec passion depuis des années par le libraire Michael Seksik, et une sélection de mobilier emblématique prêtée pour l’occasion par XXO, Design Fair Parisvous propose de découvrir l’univers total, original et exigeant de Prisunic qui prônait «le beau au prix du laid» et a véritablement joué un rôle capital en France sur l’accès au style, moderne de surcroît, auprès de toutes les classes de la société.

Suite au krach boursier de 1929, Le Printemps décide de redynamiser ses ventes en créant un nouveau concept dont le slogan est alors «Vente spéciale à prix uniques». En 1936, à l’époque des congés payés et d’un accès plus généralisé aux loisirs, l’enseigne choisit son nom définitif, ce sera «Prisunic».

Alors qu’après-guerre, les Français se rendent en nombres aux Salons des Arts Ménagers (près d’1 million 500 mille visiteurs en 1962…), que les femmes rêvent de toaster et de machine à laver tout en découvrant, dans les magazines, le «New Look» de Dior… Prisunic va faire le pari d’offrir des objets quotidiens bien dessinés, au packaging soigné et épuré…déclinant une identité 100% contemporaine et totalement inédite qui s’appliquera aux produits en vente, mais aussi à la publicité, à la présentation des collections (les premiers défilés de mode en musique c’est Prisunic…) et jusqu’à l’aménagement des magasins.

Pour orchestrer cette révolution, Jacques Gueden alors directeur de Prisunic, nomme Denise Fayolle à la direction du style et de la publicité. Celle qui se demande «Pourquoi populaire serait-il synonyme de moche ?» va, de 1953 à 1967, développer une esthétique de qualité, un style Prisunic pour que «l’aventure du beau pour tous» puisse commencer. A son départ, en 1967 pour fonder l’agence Mafia, Jacques Lavaux reprend le flambeau avec exactement le même esprit et les mêmes exigences. Dès les premières années, cette démarche novatrice rencontre une résonnance incroyable dans la société française et le succès est au rendez-vous.

En plus de l’équipe permanente qui compte une quarantaine de personnes dont Andrée Putman…, Denise Fayolle, rejointe par Maïmé Arnodin, fait appel à des photographes, des graphistes et des illustrateurs de renom : Roman Cieslewicz, Georges Lemine, Jean-Michel Folon… ou encore Friedmann HAUSS, graphiste et photographe dont l’affiche «été 70» obtient le Prix des Lectrices du Journal ELLE ; ou encore à Terence Conran pour le mobilier.

Pour la première fois en France, Prisunic propose un univers global et cohérent pour l’ensemble du cadre de vie : un «total look» totalement inédit.

L’exposition sur Design Fair Paris est présentée par Michael Seksik, libraire depuis plus de 20 ans et expert spécialisé dans l’illustration et les arts graphiques sous formes de livres, affiches et photographies. Il présente pour la première fois, une collection de plus d’une centaine d’affiches, de tous les catalogues de vente Prisunic, de posters thermoformés… accompagnée d’une sélection de pièces de mobilier exceptionnellement prêtées par XXO qui témoigne du positionnement avant-gardiste de la marque aussi dans le domaine du design et de la décoration. Cette exposition démontre la grande puissance graphique et créative de Prisunic pendant ces années, ainsi que, via l’influence de courants comme Le Pop Art, le Push Pin Studio (Michael Glaser, Tom Wiesselman…) mais aussi I. Noguchi sur ces productions, sa portée véritablement artistique qui va bien au-delà des sphères de la publicité et du marketing.

Le mobilier Prisunic est celui qui a été choisi par Edmonde Charles-Roux et Gaston Deferre pour meubler, dans son intégralité, l’appartement qu’ils avaient sur le vieux port à Marseille à la fin des années ‘70. En 2008, Edmonde Charles-Roux confie à Anne Bony (pour son livre «Prisunic et le Design» paru aux éditions alternatives : «Les Objets élégants sont les seuls qui durent (…) Nous avons vécu 10 ans dans cet appartement (…) Le mobilier se détachait sur des murs blancs, c’est l’un des appartements que j’ai préféré.»

 

Prisunic, quelle drôle de tunique !

Un sacré « stratus temporel » dans le millefeuille du XX e siècle…

Même la façade, l’allure de ces supermarchés était un joyeux patchwork. A ne pas idéaliser, mais quelle pêche multicolore. Aussi bigarrée (et parfois écoeurante) que ces crèmes glacées trop épaisses aux colorants si voyants sous les néons de boutiques pullulant aujourd’hui dans les stations balnéaires.

Vous savez… on se demande si c’est vraiment mangeable. Si ce n’est pas juste du faux, de la déco de crème glacée.

Comme les faux sushi et plats en devanture du tissu de restaurants japonais de la rue Sainte-Anne, près de l’Opéra-Garnier…

Cette édition automnale de Design fair Paris by Les puces du design, Un Salon moderne et vintage, on l’aura compris recèle de trouvailles esthétiques, parfois ovniques.

C’est aussi un beau prétexte pour partager l’histoire de designers et de leurs contextes de création de…

15 pieces remarquables

Depuis sa création en 1999, « Design Fair Paris by Les Puces du Design » présente des icônes du design 20ième siècle que l’amateur éclairé identifie facilement.

Un des autres intérêts de l’événement est de proposer des pièces moins connues, mises en avant lors de la prochaine édition du 22 au 25 novembre à l’Espace Champerret, à travers un parcours de pièces remarquables.

Qui entend permettre d’apprécier le travail réalisé en amont par les participants, antiquaires du design passionnés. Lesquels, selon leurs goûts et leurs affinités, participent à la re-découverte de pièces emblématiques d’une époque ou du travail d’un designer, voire d’un artisanat ou d’un savoir-faire…

Trêve de blabla, voici les pièces en perspective !

Stand F.02 Villa Rosemaine

Magnifique manteau du soir attribué à Elsa Schiaparelli et présentant un travail de broderies extraordinaire réalisé par la Maison Lesage. Circa 1938/1940

Stand V.01 Le Cabanon Design

Panneaux architecturaux de Jean Prouvé provenant de la façade d’un bâtiment de la région Rhones-Alpes représentatif de la période tardive du constructeur ; il date en effet de 1968.

Stand V.05 Moioli Gallery

Lampe à poser de la designer Gae Aulenti dessinée pour Fontana Arte. Cette lampe est tout à fait représentative du design italien avant-gardiste à la fin des années ’60. Avec une grande originalité dans la forme autant que dans la fonction puisque cette lampe associe sur une base en fonte, deux luminaires, un vase et un cendrier.

Stand V.06 Rugs & Sons

Ce tapis daté du milieu du XXème siècle et attribué à la tribu Beni Mguild, une tribu nomade du Maroc, est tout à fait exceptionnel par son ancienneté, son épaisseur de laine et ses qualités graphiques très abstraites qui le rapprochent de certaines créations artistiques qui lui sont contemporaines ; la peinture de Mark Rothko notamment.

Stand V.10 Il Mondo Del Vetro

Fratelli Toso est un maître verrier de Murano qui a révolutionné le travail du verre dans les années ’50 en Italie. Ce vase Foglie est une des créations d’Ermanno Toso parmi les plus originales, s’inspirant de la forme des feuilles et de leur veinage, il propose un motif à la fois unique et très contemporain.

Stand V.13 Dbarioz

Ce prototype réalisé par Théo Ruth pour la marque Artifort propose une version proche des chaises à palabre africaines des modèles Congo et Pinguin édités par la marque. Pièce unique datant certainement des années ’50, elle est réalisée en placage de bois exotique et possède une étiquette en métal Artifort attestant de son auteur et de son authenticité.

Stand V.14 Galerie 44

Restés confidentiels pendant plus de 40 ans, les meubles signés Pierre Chapo connaissent depuis quelques années seulement un regain d’intérêt, essentiellement auprès des professionnels pour le moment, notamment suite à la rétrospective qui lui a consacrée, pour le 30° anniversaire de sa mort, la Magen H Gallery de New York qui a également publié la première monographie sur son œuvre. Cette table T14 emblématique de son travail ne manquera pas de séduire également le grand public avec son bois massif et ses lignes épurées, qui ne sont pas sans rappeler Charlotte Perriand.

Stand V.15 Modest Furniture

Illum Wikkelsø (1919-1999) est un des designers danois les plus représentatifs du modernisme scandinave de l’après-guerre. S’il existe très peu d’informations biographiques sur sa personnalité, son design organique allie des formes biomorphiques et des matériaux naturels de grande qualité pour offrir des pièces à la fois intemporelles et exceptionnellement confortables, à l’instar de ce fauteuil avec ottoman mod. 91 fabriqué par Mikael Laursen au Danemark en 1959 qui est une de ses pièces-maîtresse.

Stand V.17 Nicolas Erpelding – Galerie Muscari

Ce panneau de façade type onde de 1962 provient de l’une des écoles communales en zone tropicale que Jean Prouvé a conçue avec l’atelier LWD suite à un concours, le programme de scolarisation SOFRA. Pour ces panneau, il a utilisé l’industrialisation afin de créer des éléments standards en série, en aluminium, donc légers et économiques, adaptés au climat tropical et aussi perforés pour la ventilation et l’éclairage. Servant à la fois de parois et de portes, certains étaient fixes, d’autres coulissants sur rail ; montables et démontables rapidement. Ce panneau fait parfaitement la synthèse du génie de Jean Prouvé mettant ses idées et l’industrialisation au service des plus démunis.

Stand V.22 Galerie Gagarin

Ces « Spiegellamps » ont été conçues par Verner Panton en 1969 pour la maison d’édition Spiegel à Hambourg. Elles peuvent être utilisées en applique ou sur le plafond pour une utilisation aussi bien intérieure qu’extérieure. Ces luminaires extrêmement rares ont, après 1970, été produits en série par Louis Poulsen mais avec des variations qui font de ces pièces originelles des pièces vraiment exceptionnelles.

Stand V.24 Antiques Trade Gallery

Rare ensemble provenant d’un sanatorium construit en 1934-1935 par Pol Abraham et Jacques Henri Le Même et qui est aujourd’hui classé aux Monuments Historiques. Ce mobilier a été conçu par Jules Leleu et Jean Prouvé et construit intégralement par les ateliers Jean Prouvé, ce qui leur confère une très grande valeur, historique, mais aussi financière.

tand V.25 Les Passions de Tom

Très rare enfilade signée Hans Wegner qui se démarque des autres pièces de ce type du designer danois par un piètement et des poignées en métal, ainsi que par un travail de finition extraordinaire et notamment des portes à galandage très minimalistes dont le mécanisme, après 50 ans d’usage, ne présente aucune trace d’usure…

Stand V.31 Alexandre Vittoz

Rare lampadaire Iride du designer italien Ico Parisi édité par Lamperti en 1970. Cette pièce témoigne de l’évolution de ce designer qui s’est illustré dans les années ’50 avec un style moderne italien typique travaillant notamment le bois, à trouver de nouveaux moyens d’expressions correspondant à l’époque, en utilisant ici un éclairage au néon, de l’acier laqué, de l’inox chromé et de l’aluminium brossé.

Stand V.33 Galerie Fabien Pigio

Ce guéridon de caféteria dessiné et fabriqué par Jean Prouvé pour aménager un bâtiment en Afrique utilise, à l’instar du panneau présenté au stand V17, de l’aluminium plutôt que la tôle ou de l’acier habituellement mis en œuvre par Jean Prouvé, afin de s’adapter au climat tropical. La forme quant à elle est typique des ateliers nancéens et met à profit une optimisation des modes de construction pour donner naissance à des formes à la fois solides et épurées.

Stand V.37 Oresta

Cette paire de fauteuils vient de l’ambassade de l’ancienne Tchèchoslovaquie à Stockholm. Le bâtiment tout comme l’ensemble des aménagements avaient été conçus par l’architecte tchèque Jan Bocan. Ces fauteuils fabriqués à l’époque en 50 exemplaires par Thonet pour meubler la Salle de Conférence ont commencé à être dispersés en 1992 lors de la fermeture de l’ambassade du fait de la division de la Tchéchoslovaquie en deux entités distinctes, la République tchèque et la Slovaquie.

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