Loire : ses gorges, la Grande Vague de Jean-Michel Othoniel (expo à Saint-Etienne), L’Estival musical de la Bâstie d’Urfé…

 

Bon, on part dans le département de la Loire, autour de Saint-Étienne. Mais d’abord, vous voyez la sortie de métro Palais Royal Place Colette ? Une œuvre d’art, en fait.

Son ossature métallique de kiosque, parcourue de boules de verres de couleurs ? Cette oeuvre revisitant la sortie de métro Art Nouveau Guimard, en face de la Comédie Française, est un bijou d’orfèvre : pour moi, le plus beau travail offert au public de Jean-Michel Othoniel.

Un artiste verrier de belle trempe… Vérifiez si vous ne le connaissez pas encore. Quand on monte l’escalier en sortant du métro, on a l’impression de rentrer dans un conte de fées en voyant le soleil jouer dans les boules de verre… Une vraie double 👑 de roi, sans le tralala royal !

On vous en parle parce qu’on retrouve dans une autre veine au MAMC de Saint-Etienne, sa ville natale, pour ma plus grande joie…

(à partir du 26 mai jusqu’au 16 septembre 2018).

Avec entre autres une immense Vague toute noire de briques de verre volcanique… Sa vision d’untsunami, celui de nos mémoires… La Grande Vague du japonais Hokusaï n’est pas si loin non plus. Mais en fait, c’est un hommage aux gueules noires : les mineurs de charbon de Saint-Étienne.

Ici, en cours de montage, en l’état de l’art deux semaines avant l’ouverture…

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Avec « Face à l’obscurité », Othoniel revient à Saint-Etienne pour y dévoiler ses derniers travaux en verre, fruits de ses recherches du moment sur l’épure des formes, la monumentalité, le monochrome et la radicalité.

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Les oeuvres historiques de l’artiste présentées dans l’exposition, réalisées à Saint-Étienne à la fin des années 1980, montrent à la fois la genèse et le renouvellement constant des thèmes chers à l’artiste qui, telles des vagues successives, surnagent dans son imaginaire.

Il rend aussi homage à l’une de ses oeuvres favorties de la riche Collection du Musée. Un Picabia, qui fait aussi partie de mes chouchous : Le Fiancé…

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Pratique I :Loiretourisme.com MAMC+ Saint-Etienne Métropole, rue Fernand Léger 42270 Saint-Priest-en-Jarez – Tél. +33 (0)4 77 79 52 52 www.mamc-st-etienne.fr

Vers les Gorges de La Loire

Profitez-en pour aller dans les Gorges de la Loire, à 50 kilomètres. Peu connues, à 150 kilomètres de la source de la Loire (plus long fleuve de France, 1000 bornes, dont 100 dans le département de La Loire où nous sommes).

Elles sont trop belles, parcourues par une superbe presqu’ile du Châtelet, servie dans son anneau de sable fluvial de six mètres. On croirait une oeuvre de Land Art…

Une Réserve Naturelle assure la préservation de ce site discret à découvrir sans plus tarder (ou en tardant, mais pas trop).

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Et, non loin (à Saint-Etienne du Molard) rendez-vous avec un bijou : le Château de la Bâtie d’Urfé, resté dans son jus Renaissance d’origine. Classé Monument Historique, il fut aménagé au XVIème siècle dans le goût de la Renaissance, à l’initiative de Claude d’Urfé, un poteau de François Premier (qui l’appelait son cousin), par des artistes italiens.

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Pratique II : Il y a là un beau festival musical en juillet, L’Estival de La Bâtie, avec des concerts jouant sur l’aspect insolite du lieu.

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Une bonne occasion groupée de découvrir les gorges, le château et la Grande Vague d’Othoniel (The big Wave est son nom, en fait)…

La bâtie d’Urfé regorge de créations insolites : murs blancs, galerie ouverte sur l’extérieur. Et l’une des salle-grotte de Rocailles les mieux préservées : ornée de représentations mythologiques réalisées en galets, coquillages et sable… So romantic!

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La chapelle est décorée de gypseries, peintures et faïences, mobilier et tapisseries. Le jardin présente des parterres géométriques de buis et d’ifs et abrite une fontaine en marbre blanc sous une Rotonde. Le site, qui vous accueille avec un Sphinx, retrace aussi l’histoire de la famille d’Urfé.

Après les Gorges de la Loire, peu connues ( à 45 bornes de saint Étienne) on passe à la charmante Bâtie d’Urfé ( un cousin de François Premier) qui concocte son festival en juillet.

On y reverra le chat mascotte, transfuge de la grotte Renaissance de rocailles et coquillages … ou pas ?

Puis on est à l’eau à Saint-Galmier, la ville, que dis-je, La Mecque de la Badoit. Son lieu de production.

En passant à table à L’Amphitryon du Chef Xavier Gely. Qui ne court pas après son étoile car cela le gonfle un peu… Enfin, il ne dirait pasbcela comme çà…

Mais il y a une tendance à ne pas courir après son étoile. Qui peut cacher aussi diverses imperfections en partie non assumées.

Le chef sculpte joliment un foie gras mi-cuit monté en cylindre bardé de lentilles béluga : la nouvelle coqueluche en cuisine. Du caviar végétal, qu’ils disent. Pas mal du tout…. Croquante, la lentille, mais pas trop.

Département de la Loire #parallelespotentiels #loiretourisme

Loiretourisme.com

=================== L’exposition de Jean-Michel Othoniel en détail =============

« C’est grâce à ce musée que je suis devenu artiste. Je me souviens à 7 ans avoir été frappé par les oeuvres de Robert Morris et l’art minimal, leur simplicité formelle cachant toute une pensée de l’épure de l’art contemporain. »

« Face à l’obscurité »

Dans la grande salle centrale du musée, les oeuvres exposées témoignent « du regard inquiet de l’artiste sur le monde ». En nous dévoilant ses oeuvres étroitement liées aux composantes de sa ville natale, Jean-Michel Othoniel questionne sur notre présence face aux changements du monde. Un bon coup de tsunami ! et d’accélération techno à marche forcée…

C’est aussi un parcours autobiographique dans lequel des oeuvres anciennes et intimes dialoguent avec ses dernières créations architecturées et telluriques. Placées aux 4 points cardinaux de la grande salle du musée, les oeuvres entrent en dialogue.

1. L’expérience de l’obscurité

La pièce maîtresse de l’exposition est cette grande paroi de verre noir en forme de vague,spécialement conçue pour l’espace. Une installation dans laquelle la grande vague ébauchée à l’été 2017 à Sète se démultiplie et se transforme en un mur de briques noires menaçant, une grotte, une caverne. Othoniel rend ici hommage aux souvenirs des murs de sa ville, autrefois noircis par les poussières de charbon. Avec la vague, nous sommes physiquement confrontés à la sensation d’être consumé par l’obscurité, englouti dans les reflets de la matière noire.

Face à la réalité apocalyptique des éléments aujourd’hui déchaînés, cette déferlante de 6 mètres de haut sur 15 mètres de long a la présence d’une lame de tsunami, la couleur d’une marée noire.

2. Face aux monstres de l’enfance

Dans cette ville autrefois noire, les terrils austères faisaient malgré tout rêver l’artiste enfant. En 1996, invité à exposer dans le Musée de la Mine de Saint-Étienne dans le cadre d’«Art dans la ville», il présente une performance filmée où il transforme un terril noir en un volcan en éruption. C’est sa vision d’enfant émerveillé qu’il met en scène. Ce petit film poétique sera présenté dans l’exposition. Ici, l’enfant face à l’obscurité fait ressurgir les monstres du passé, transformant les ombres en joyaux lumineux, les fumées du volcan en feux d’artifices.

3. L’obscurité qui est en nous

Face au gigantisme de la vague, l’autre oeuvre clé de cette exposition est une micro photographie qui montre l’artiste face à l’obscurité d’un avenir incertain. Le minuscule Autoportrait en robe de prêtre dévoile timidement une autre performance d’Othoniel réalisée en 1986, période où l’artiste se trouve en plein conflit existentiel : vivre ou mourir, quitter la vie laïque, devenir artiste. Comme pour se cacher et se métamorphoser, l’artiste était revenu dans sa région natale afin de réaliser cette première performance, travesti en prêtre. C’est à Cotatay, non loin d’une grotte miraculeuse, qu’il réalise cette toute première oeuvre : une photographie où, de dos, il fait face au mur d’un barrage gelé dont il essaie inlassablement de gravir la paroi glacée.

Cette première image condense les grands thèmes et éléments constitutifs du travail d’Othoniel : l’autoportrait, le mystère, le passage de l’ombre à la lumière, la délicatesse, l’obstination, le jeu, le secret, la mise en danger, le plaisir solitaire, la joie, l’instantané et l’unique, l’importance du hors-champ, la narration évoquée, le sacré, la prédominance des éléments, le désir d’enchantement, le fantôme, la poésie, le désir d’être submergé.

4. Face à face

Dans un des angles de la salle, Jean-Michel Othoniel présente ses toutes dernières oeuvres en verre, les Invisibility Faces, faces de l’invisible qui, tels des totems mystérieux, s’érigent en blocs d’obsidienne. Ce sont des autoportraits taillés dans le verre noir des volcans d’Arménie. Posés sur des socles en bois de marronnier sculptés par les menuisiers anthroposophes de la cité de Dornach en Suisse, l’énergie de ces énormes pierres de lave vitrifiée dialogue avec celle du bois.

Ces masses noires semblables à des météorites tombées du ciel que l’artiste a sculptées grâce à l’aide de ses verriers, absorbent la lumière et laissent transparaître un pâle reflet de notre propre image. Non sans rappeler le Cube de Giacometti ou le dodécaèdre de la Melencolia I de Dürer, ces « calme(s) bloc(s) ici-bas chu d’un désastre obscur » deviennent ici un hommage aux visages assombris des mineurs, «gueules noires» de son enfance…

J’en profite forcément lors de mon passage pour m’incorporer, faire corps en tout cas, avec la Grande Vague en cours de montage…

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