Maison Tatin, Carré d’Art et autres raisons d’aller à Château-Gontier

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mars 17, 2017 par Parallèles Potentiels

 

Château-Gontier, donc, se mérite.  On est en Sud-Mayenne. Le Carré pour l’art contemporain et une scène nationale à programmation enrichie sont deux des raisons. Le Palais Tatin, qui change de celui du facteur Cheval, en est une autre. Et puis Pompidou s’y maria en 1935 avec sa femme Claude, qui était d’ici. Avant de devenir femme de Président et amie de l’art contemporain.

A leur arrivée à l’Elysée, les Pompidou firent aménager leurs appartements par le designer Pierre Paulin en blanc, noir et argent dans un style seventies minimaliste, que je ne renie pas, 40 ans plus tard.

Jusqu’au 23 Avril, on pourra découvrir d’autre pièces du designer dans une Chapelle : deux fauteuils langues orange (qui me rappellent les anciens sièges baquets du RER) prêtés par le Centre Pompidou, qui a pioché dans ses fabuleuses réserves pour l’anniversaire de ses 40 ans.

Vous connaissez au moins de vue le Palais du Facteur Cheval dans le Sud à Hauterives ? Voici le Palais Tatin, bien à l’Ouest, bâti par un autre artiste qui réinventa son cadre de vie. Bon, c’est une maison, un musée, des jardins

La maison-musée Tatin

N’est pas renversée sur elle-même, comme la célèbre invention des sœurs pâtissières Tatin. Qui n’étaient pas les sœurs de Robert Tatin le bâtisseur. Ni ne sont d’ici, d’ailleurs. Le Mayennais Robert Tatin n’était pas autodidacte comme le facteur Cheval. Il était un « vrai » artiste, patenté, qui fit les Beaux- Arts et tout. Il sut pourtant rester délicieusement atypique. Tout au long de sa vie, par ses voyages et rencontres, il a imaginé et construit une œuvre monumentale ancrée dans la nature : Sa maison.

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Devenue musée, elle en témoigne. Cet espace singulier regorge de références aux religions, à l’Histoire, à de grands artistes. Robert Tatin l’imagina comme un lien entre civilisations de l’Orient et de l’Occident. Le site est devenu un musée après la mort de l’artiste.

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Des salles d’exposition présentent ses peintures tandis que des espaces sont laissés aux artistes actuels. Nouvelle exposition temporaire « Œuvres Métisses » depuis le 4 février. Ce petit Palais au goût d’insolite un peu Brut et naïf, teinté de peintures psyché nous emmène vers l’art contemporain exposé au…

 2 Le Carré d’Art contemporain

Le Carré, scène nationale et centre d’art contemporain (très respecté dans ce petit milieu, gagnant à être plus connu) est abrité par une chapelle avec des bouts de XIII siècle. Aussi dodue qu’une église déjà. Bien restaurée, du charme. Un écrin in situ, un bel écran du contemporain dans le religieux : La Chapelle du Genêteil

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Pour ce qu’on en a vu, Bertrand Godot, Commissaire, sait innover sans se faire attendre ni être attendu. Subtil alliage comme on les aime. Temple de l’art, art du temple : c’est le double effet « Crée cool » de ce lieu d’art. Pas carré dans son approche muséographique.

Avec des éditions d’artiste amusantes dans sa petite librairie boutique en bois. Par exemple des sabots en bois d’artiste  au logo de la marque « just do it ». Détournement de marque. Ces marques dont l’image nous étouffe un peu. L’étalage en étagère de la librairie est comme une installation jouant les prolongations des expos.

Jusqu’au 23 avril, c’est : « Parole, Parole »

On connaît la chanson. Pour ses 40 ans,  le Centre Pompidou et Le Carré présentent «Parole, Parole». Qui, loin de Dalida, interroge le médium vocal dans ses fonctions sociales, artistiques et politiques. De celui qui parle à celui qui écoute, de l’organique au design, du conférencier au poète, l’exposition aborde la parole dans une idée de transmission et de mémoire.

Voici une oeuvre dans la lignée surréaliste, cela me rappelle un des procédés de Man Ray.

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Si la parole est chantée dans le titre, renvoyant à Dalida, chez Einstein, elle est scientifique. Une photo officieuse de lui, décontracté car en attention flottante devant un tableau noir, tandis qu’un étudiant lui expose une équation, est l’image de l’affiche.

Avec « Restez à l’écoute », le facétieux Claude Closky donne des extraits en cut up sonore de paroles formatées de communicants. Le grand poète Beat William Burroughs lit ses textes les plus fameux en public, dans l’ingénieux dispositif cube gris servant aussi de cabine sonore. Un Peep show ?

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Non ! Mais des origines du langage au texte performé, de la transmission du savoir au langage (pseudo) scientifique, de l’écriture au mouvement, l’exposition se met à la place de celui qui reçoit la parole, la voix humaine.

Une brochette de jolies chaises de designers italiens des années soixante : Joe Colombo, etc (des modèles souvent réedités par Cassina depuis) émerge au fond de la chapelle, comme un auditoire muet. Près d’une video de l’artiste post-surréaliste belge Eric Duckaerts, qui traite le malheureux philosophe Emmanuel Kant de tous les noms six minutes d’affilée. Un drôle de compte à régler, dont la nature nous échappe. Mieux vaut entendre ça que d’être sourd.

Enfin, les plantureux fauteuils langue de Pierre Paulin (fameux designer dont on parla en début de texte pour Pompompidou) renvoient à l’organe de base, la langue. Sans qui le verbe ne serait pas, oh !

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Ces fauteuils ont fait partie du mobilier de l’Elysée lors du mandat de Georges Pompidou. Ils avaient été commandés par sa femme, Claude Pompidou, grande amatrice d’art. Alain Pompidou était l’invité d’honneur. Photo Ouest France

Le site du Carré

Artistes : Vito Acconci, Lucien Aigner, Carlo Bartoli, Samuel Beckett,William S. Burroughs, Claude Closky, Gérard Collin-Thiébaut, Joe Colombo, Robin Day, Nathan Lerner, Vico Magistretti, Abelardo Morell, Pierre Paulin. Commissariat : Bertrand Godot.

Le Couvent des Ursulines

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S’il abrite l’office de tourisme de Château-Gontier pour en savoir plus, il vaut pour sa suite de belles salles donnant sur des jardins  flanqués d’un palmier solitaire. On poursuit la visite jusqu’à la cellule d’une Ursuline dont la robe est posée sur le lit d’une façon assez théâtrale, quelque part entre Saint-Sulpice et sainte installation de vêtements de défunts d’un Luc Boltanski.

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La visite de la crypte aux piliers de grès rouge et rosé en-dessous est superbe. Là, on dirait du Land Art. L’Eglise ne savait pas qu’elle faisait du land art, à l’époque. Pourtant, si. Pierre Bayard ne me contredira pas. L’artiste Joel Hubaut non plus, qui y expose sa soucoupe. Pas dans la crypte…

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La sculpture ovni de joel Hubaut vous accueille au théâtre des Ursulines ! #fannydechaille #rexproject #chateaugontier #joelhubaut #ovni #art #performances#conferences Joël Hubaut épidémik photo: Antoine Avignon

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Le Couvent des Ursulines. Serait-il hanté par leur âme dronoportée ? On a fait que le survoler…

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La Scène Nationale du Carré

4 Sur la Mayenne

Profitez de la rivière en louant un de ces petits bateaux sans permis, comme on le fit. On longe la ville, son superbe hôpital au dôme digne des Invalides et pensionnaires psychiatriques qui l’habitent aussi. Ils sont plutôt bien lotis. Nombreuses activités nautiques en saison, notamment à Daon, station verte de vacances, ou à Ménil.

5 A bicyclette (300 km)

Comme dit le slogan de l’office de tourisme : « Osez le pays de Chateau-Gontier ! »  Prenez la tangente de ce texte ! Longez plutôt la Mayenne, ses chemins de halage, ses 300 km de chemins de randonnée aux alentours. Découvrez le patrimoine de la ville, qui date du XII siècle et, près de là, des lieux chargés d’histoire comme les halles de Saint-Denis d’Anjou…

6 Et puis la chocolaterie Réauté

La maison Roland Réauté, d’abord une boulangerie ouverte en 1954, fournissait Fauchon, Hédiard ou la Tour d’Argent… Les prix y sont « mayennais ».

Pratique 

A 25 minutes de la gare TGV de Laval où la LGV arrive le 2 juillet, d’où un gain de 25 minutes pour les Parisiens.

www.sud-mayenne.com – Tél : 02 43 70 42 74

Où est l’Office de Tourisme de Château-Gontier ?

L’exposition été 2017 du Carré à la Chapelle du Genêteil

Du 10 juin au 27 août (mercredi au dimanche, 14 h à 19 h).

L’artiste Vincent Ganive édifie des arches monumentales en parpaings ou autres matériaux de construction. Toujours à la limite de la rupture, ces installations offrent un spectacle parfois troublant, sur la tangente ! On en revient toujours là. Bien loin de la renversante tarte Tatin…

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