Cousines, Land Art familial

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octobre 11, 2015 par Parallèles Potentiels

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Enlighted Leute servis sur un canapé solaire,

Fleurs de l’arbre tropical à boule de canon, rencontrées en mai, seuls trois spécimens en Guadeloupe 11406962_10153423060448734_5412315227359277749_n
Herbst,
happy family game…
Iris, Élisa, Franceska, Greta, Marion, Lou
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Tresse paysanne tissé par la cousine allemande d’une franco-lusithano allemande m’étant très proche…

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Haare, hair, cabelos : les chevelures des ladies, dames, demoiselles, de ces deux jeunes filles très proches de moi.

Les cheveux de feu aux reflets automnaux sont ce que je préfère de dos,

derrière elles avançant.
Leurs nuances sont autant de jaunes, de flammes, d’ocres…

entre autres coloris de feuilles, comme la terre d’un sous-bois en lit d’automne.
De face, ce dames les papouillent, les tirent, les attachent, les triturent distraitement en marchant, en métrant, en bus. Voire les arrachent, sans y penser, regard vide, pensif, absent. Sait-on jamais ?

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« In the 2030s, » said Silicon Gourou Ray, « we are going to send nano-robots into the brain (via capillaries) that will provide full immersion virtual reality from within the nervous system and will connect our neocortex to the cloud. Just like how we can wirelessly expand the power of our smartphones 10,000-fold in the cloud today, we’ll be able to expand our neocortex in the cloud. » Wish U&I were there!

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First working “beta” version most probably by 2035. Widescale (>50%) acceptance, penetration, adoption by 2055. Wish U&I were there!
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Last but not least, une barbe bien aimée : celle de Steffen, mari de ma cousine Marion (fille de Toni, soeur de mon disparu père). Et  au-dessus de lui, une seconde maman : celle de Lou et Iris, qui ressemble le plus à qui ? Son papa, dit-on.
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12143335_10203460635915780_8739524229547526419_nCette photo fut prise par Steffen dans une brasserie en un dimanche de fête des vendanges montmartroises.

Sur un lit mémoriel de feuilles d’automne, ce qui me rappelle Les Feuilles d’automne de Victor Hugo, dont voici un sublime (oui, ce qui sublime l’abîme) extrait :

The autumn Leaves, Victor Hugo :

Amis, ne creusez pas vos chères rêveries; Ne fouillez pas le sol de vos plaines fleuries; Et quand s’offre à vos yeux un océan qui dort, Nagez à la surface ou jouez sur le bord; Car la pensée est sombre! Une pente insensible Va du monde réel à la sphère invisible; La spirale est profonde, et quand on y descend, Sans cesse se prolonge et va s’élargissant, Et pour avoir touché quelque énigme fatale, De ce voyage obscur souvent on revient pâle! L’autre jour, il venait de pleuvoir, car l’été, Cette année, est de bise et de pluie attristé, Et le beau mois de mai dont le rayon nous leurre, Prend le masque d’avril qui sourit et qui pleure.

J’avais levé le store aux gothiques couleurs. Je regardais au loin les arbres et les fleurs. Le soleil se jouait sur la pelouse verte Dans les gouttes de pluie, et ma fenêtre ouverte Apportait du jardin à mon esprit heureux Un bruit d’enfants joueurs et d’oiseaux amoureux. Paris, les grands ormeaux, maison, dôme, chaumière, Tout flottait à mes yeux dans la riche lumière De cet astre de mai dont le rayon charmant Au bout de tout brin d’herbe allume un diamant !

Je me laissais aller à ces trois harmonies, Printemps, matin, enfance, en ma retraite unies; La Seine, ainsi que moi, laissait son flot vermeil Suivre nonchalamment sa pente, et le soleil Faisait évaporer à la fois sur les grèves L’eau du fleuve en brouillards et ma pensée en rêves! Alors, dans mon esprit, je vis autour de moi Mes amis, non confus, mais tels que je les vois Quand ils viennent le soir, troupe grave et fidèle, Vous avec vos pinceaux dont la pointe étincelle, Vous, laissant échapper vos vers au vol ardent, Et nous tous écoutant en cercle, ou regardant.

Ils étaient bien là tous, je voyais leurs visages, Tous, même les absents qui font de longs voyages. Puis tous ceux qui sont morts vinrent après ceux−ci, Avec l’air qu’ils avaient quand ils vivaient aussi. Quand j’eus, quelques instants, des yeux de ma pensée, Contemplé leur famille à mon foyer pressée, Je vis trembler leurs traits confus, et par degrés Pâlir en s’effaçant leurs fronts décolorés, Et tous, comme un ruisseau qui dans un lac s’écoule, Se perdre autour de moi dans une immense foule. Foule sans nom! chaos! des voix, des yeux, des pas. Ceux qu’on n’a jamais vus, ceux qu’on ne connaît pas. Les feuilles d’automne XXIX.

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LA PENTE DE LA RÊVERIE 44

Tous les vivants ! cités bourdonnant aux oreilles Plus qu’un bois d’Amérique ou des ruches d’abeilles, Caravanes campant sur le désert en feu, Matelots dispersés sur l’océan de Dieu, Et, comme un pont hardi sur l’onde qui chavire, Jetant d’un monde à l’autre un sillon de navire, Ainsi que l’araignée entre deux chênes verts Jette un fil argenté qui flotte dans les airs! Les deux pôles! l

Le monde entier ! 

la mer, la terre, Alpes aux fronts de neige, Etnas au noir cratère, Tout à la fois, automne, été, printemps, hiver, Les vallons descendant de la terre à la mer Et s’y changeant en golfe, et des mers aux campagnes Les caps épanouis en chaînes de montagnes, Et les grands continents, brumeux, verts ou dorés, Par les grands océans sans cesse dévorés, Tout, comme un paysage en une chambre noire Se réfléchit avec ses rivières de moire. Ses passants, ses brouillards flottant comme un duvet, Tout dans mon esprit sombre allait, marchait, vivait! Alors, en attachant, toujours plus attentives, Ma pensée et ma vue aux mille perspectives Que le souffle du vent ou le pas des saisons M’ouvrait à tous moments dans tous les horizons, Je vis soudain surgir, parfois du sein des ondes, À côté des cités vivantes des deux mondes, D’autres villes aux fronts étranges, inouïs, Sépulcres ruinés des temps évanouis, Pleines d’entassements, de tours de pyramides, Baignant leurs pieds aux mers, leur tête aux cieux humides. Quelques−unes sortaient de dessous des cités Où les vivants encor bruissent agités, Et des siècles passés jusqu’à l’âge où nous sommes Je pus compter ainsi trois étages de Romes.

Et tandis qu’élevant leurs inquiètes voix, Les cités des vivants résonnaient à la fois Des murmures du peuple ou du pas des armées, Ces villes du passé, muettes et fermées, Sans fumée à leurs toits, sans rumeurs dans leurs seins, Se taisaient, et semblaient des ruches sans essaims.

J’attendais. Un grand bruit se fit. Les races mortes De ces villes en deuil vinrent ouvrir les portes, Et je les vis marcher ainsi que les vivants, Et jeter seulement plus de poussière aux vents. Alors, tours, aqueducs, pyramides, colonnes, Je vis l’intérieur des vieilles Babylones, Les Carthages, les Tyrs, les Thèbes, les Sions, D’où sans cesse sortaient des générations…

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XXIX. LA PENTE DE LA RÊVERIE 45 Ainsi j’embrassais tout : et la terre, et Cybèle; La face antique auprès de la face nouvelle; Le passé, le présent; les vivants et les morts; Le genre humain complet comme au jour du remords. Tout parlait à la fois, tout se faisait comprendre, Le pelage d’Orphée et l’étrusque d’Évandre, Les runes d’Irmensul, le sphinx égyptien, La voix du nouveau monde aussi vieux que l’ancien. Or ce que je voyais, je doute que je puisse Vous le peindre : c’était comme un grand édifice Formé d’entassements de siècles et de lieux; On n’en pouvait trouver les bords ni les milieux; À toutes les hauteurs, nations, peuples, races, Mille ouvriers humains, laissant partout leurs traces, Travaillaient nuit et jour, montant, croisant leurs pas, Parlant chacun leur langue et ne s’entendant pas; Et moi je parcourais, cherchant qui me réponde, De degrés en degrés cette Babel du monde.

La nuit avec la foule, en ce rêve hideux, Venait, s’épaississant ensemble toutes deux, Et, dans ces régions que nul regard ne sonde, Plus l’homme était nombreux, plus l’ombre était profonde. Tout devenait douteux et vague, seulement Un souffle qui passait de moment en moment, Comme pour me montrer l’immense fourmilière, Ouvrait dans l’ombre au loin des vallons de lumière, Ainsi qu’un coup de vent fait sur les flots troublés Blanchir l’écume, ou creuse une onde dans les blés. Bientôt autour de moi les ténèbres s’accrurent, L’horizon se perdit, les formes disparurent, Et l’homme avec la chose et l’être avec l’esprit Flottèrent à mon souffle, et le frisson me prit. J’étais seul. Tout fuyait. L’étendue était sombre. Je voyais seulement au loin, à travers l’ombre, Comme d’un océan les flots noirs et pressés, Dans l’espace et le temps les nombres entassés!

Oh! cette double mer du temps et de l’espace Où le navire humain toujours passe et repasse, Je voulus la sonder, je voulus en toucher Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher, Pour vous en rapporter quelque richesse étrange, Et dire si son lit est de roche ou de fange. Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu, Au profond de l’abîme il nagea seul et nu, Toujours de l’ineffable allant à l’invisible… Soudain il s’en revint avec un cri terrible, Ébloui, haletant, stupide, épouvanté…

LA PENTE DE LA RÊVERIE 46 Car il avait au fond trouvé l’éternité. XXX. SOUVENIR D’ENFANCE à Joseph, comte de S. Cuncta supercilio. HORACE. Dans une grande fête, un jour, au Panthéon, J’avais sept ans, je vis passer Napoléon…

Continuons avec le Land Art, dont je tirerai volontiers quelque fil à tisser avec les cheveux aux teintes automnales et autres feuilles des arbres humains.

Aux États-Unis, vers la fin des années 60, les artistes sortent des sentiers battus en donnant naissance au Land-Art. Par cette nouvelle tendance de l’art contemporain, il ne s’agit plus de représenter son environnement mais de l’utiliser comme outil de création. Les artistes quittent les musées et les galeries pour aller travailler in situ, avec et dans la nature. Ils utilisent des matériaux naturels (feuilles, terre, glace, bois, sable, rochers…), les agençant au sein même du paysage, donnant parfois naissance à des œuvres gigantesques.

– Ex : La peinture des montagnes du Tibesti par Jean Vérame.

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– Ex : La Spiral Jetty de 500m de long par Robert Smithson. Elle est devenue l’une des œuvres représentatives du Land Art. Exposée à l’érosion naturelle, à la désagrégation et à la désorganisation, elle met en évidence la notion d’entropie.

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Trois motivations à l’émergence de ce mouvement artistique contemporain :
- quitter le cadre trop contraignant de l’atelier
- s’opposer à l’aspect commercial de l’art
- prise de conscience écologique due aux années 60

Etant donné la localisation et le caractère souvent éphémère de ces travaux, le dessin, la vidéo et la photographie constituent des outils essentiels pour témoigner et montrer au public, parfois pour financer un projet. Pour certains artistes, les photographies constituent elles-mêmes des œuvres à part entière (Andy Goldsworthy, Nils-Udo, Yukio Nakagawa).

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Matériaux
- Toutes sortes d’éléments naturels : végétaux, branchages, pierres, feuilles, fleurs, herbe, baies, mousses, lichens, faines, fruits, neige, glace…

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 Sites : forêt, clairière, chemin, pré, l’eau…

- Supports : l’herbe, la mousse du pré, une étendue de neige, une vieille souche, un arbre couché, un lit de graviers, la transparence de l’eau d’une flaque, d’un bassin ou d’un ruisseau…

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