Ponts reliés de la mémoire

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août 5, 2015 par Parallèles Potentiels

La mémoire brode, s’autorise tant de chemins de traverse, de détours, de sentes pour (re)constituer ses fils noués à la façon d’un écheveau intérieur.

Je ne sais les délier dans les trames du tissu existentiel que Pénélope brode sans fin pour déjouer les amants de l’oublié.11013060_866317390129869_707677201161769175_n 11698915_859167790844829_138384998897526868_oMmory takes a lot of poetic license. It omits some details ; others are exaggerated, according to the emotional value of the articles it touches, for memory is seated predominantly in the heart.

Tennessee Williams

Superbe citation sur notre tissu mémoriel fonctionnant parfois, par foi à l’insu de son plein gré. Par amnésie ou hypermnésie, omission, amplification, réverbération débordement et autre reconstitution de scénarii.

Tel que je le ressens aussi. J’appelle cela du souvenir reconstitué avec de vrais morceaux dedans, et d’autres allègrement fabriqués par l’araignée intérieure sur le web de l’écran intérieur.

Me revient le Pont-Neuf drapé par Christo et Marie-Jeanne sa compagne d’un tissu de voilerie en septembre 1985. J’y suis passé une dizaine de fois durant les 3 semaines de l’installation.

Peut-être seulement trois fois. Peut-être moins que trois semaines. J’avais discuté avec l’un des médiateurs explicant l’oeuvre et sa portée.

Il vous proposait, vous remettait sur demande un échantillon carré du tissu de voile utilisé pour l’opération, expliquant sa provenance, l’entreprise française sélectionnée pour ses compétences. La façon dont l’artiste avait étudié la prise de lumière aube/crépuscule par le matériau couleur désert.

Je l’avais rangé avec mon échantillon du Mur de Berlin, 5 ans plus tard je crois. J’ai perdu les deux dans une pochette plastique lors d’un déménagement. Je crois. Peut-être sont-ils encore dans un recoin de cave quittée, peut-être les avais-je donné une nuit à un amour de passage. Comme j’aime faire don de tout, sans plus m’en souvenir un an après, cela se pourrait.

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Je trouvais que l’effet crée par cet emballage de tissu, dont l’artiste est si coutumier, était d’une force lumineuse sans bornes. Puissante évocation des possibles de l’art en accord avec du réel existant, de l’art déjà là. Le Pont-Neuf

Je le regrette tant que deux ou trois fois je prétendis les avoir encore, me drapant dans ma mémoire.

Cela n’est plus de l’altération mémorielle mais bien de l’affabulation. Comme une volonté rêvée, un volontarisme mythomane prenant forme de passerelle.

Un pont mémoriel. Drapé dans une pose. Ce tissu perdu est en moi. Je suis le Pont-Neuf drapé dans cette posture crépusculaire de merveileuse carte postale périmée. Je suis les marchands de drap du passé à Paris, Bruges, Anvers, Ostende, Gand, Courtrai qui possède maintenant son centre d’interprétation du Tissu.

Parfois je me souviens avec ostentation.

Les premiers réseaux neuronaux artificiels sont l’esquisse de ce qui sera tramé par nos EX-moi ramifiés ou compartimentés. Dans 1000 ans à Milan . Dans 10 000 ans Gosh knows where !

Echeveau mémoriel en soi, chaque matin de la nuit au rêve d’entre deux couchers amalgamer, séparer, penser, classer, oublier en majeure partie, reconstituer ad libitum.

Cancale, bancale mémoire, reconsti/tuant/renaissant tout de nôtre ressentissu.

Au futur passé

au passé futur

trinquons de nos rêves

de vivants !

Posologie : Ne pas dépasser la dose de narcissisme prescrite (par le sentiment de plénitude d’exister des nantis). Attention aux excès, aux abus de pose, Achtung au futile ! Immortaliser l’instant jusqu’à péter tous les serveurs distants du monde. Trop pleins, les nuages.

Cela donnera bien des hommes foudroyés par leurs perches à Selfie !

Du Pont-Neuf posé au Narcisse poseur

Mythe allégorique aimé

Tics contemporains pour marchands de photos portées.

Le – :

Narcisse du soir

Saucisse désespoir

Le + :

Jeux de l’amour,

de mémoire

de hasards

O,

Si…

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Paris réussi pour  les deux artistes

Qui avaient dû faire face à dix années de négociations pour avoir la permission d’empaqueter le Pont Neuf. Les problèmes éthiques, esthétiques et politiques réglés, ce pont parisien a été l’une des nouvelles appropriations de Christo dans l’espace urbain.

Peu après « Wall of Oil Barrels – The Iron Curtain », une performance éphémère de 1962 réalisée rue Visconti à Paris, Christo et Jeanne-Claude s’installent à New-York. Mais ils n’oublient pas pour autant la ville de leur rencontre.

Au jour d’aujourd’hui, seuls les souvenirs des témoins, les photographies et vidéos d’époque peuvent encore témoigner de la réelle transformation éphémère opérée sur le Pont-Neuf en ce mois de septembre 1985.

Voici l’historique de l »Opération Pont Neuf. Tant qu’à faire, autant parfaire…

Christo est une figure emblématique du « Land art », au même titre que des artistes comme Richard Long, Walter de Maria, Robert Smithson ou encore Andy Goldsworthy. Travaillant au cœur de l’espace urbain, il développe très vite une pratique qui  consiste à dissimuler pour mieux révéler. En 1985, il donne un nouveau souffle, rayonnant, au Pont Neuf qui s’étend au dessus de la Seine.

Christo, de son vrai nom Christo Vladimirov Javacheff débarque dans la capitale française en 1958. C’est à Paris qu’il rencontre celle qui deviendra sa compagne, Jeanne-Claude. De cette relation est née une véritable complicité. Et des projets artistiques communs sont très vite enclenchés : Christo étant plutôt l’artiste, Jeanne-Claude l’organisatrice.

C’est en 1975 que les deux artistes réalisent des esquisses du Pont Neuf. (1er arrondissement de Paris). Dans une interview accordée à Guy Boyer fin 1998 pour « L’oeil » (n°502), Jeanne-Claude revient sur l’auto-financement de leurs réalisations  : « Nous sommes nos propres marchands. Nous vendons nos œuvres aux musées, aux galeries, aux collectionneurs. Nous vendons les dessins, collages, maquettes des projets en cours ou d’autres plus anciens que nous avons gardés ». Et poursuit : « Tout l’argent obtenu va dans la même banque qui nous permet de financer les projets en cours et de rembourser les emprunts aux banques ».

Des œuvres fragiles et éphémères, l’omniprésence de la toile et une réelle recherche de l’esthétisme… voilà qui pourrait qualifier le travail de l’artiste. « Nous affectionnons beaucoup la durée de quatorze jours, car nous voulons donner deux week-end au public qui vient voir cette œuvre. Ces quatorze jours coûtent très cher, mais nous pensons que nos réalisations ne doivent pas être de simples gestes d’auto-satisfaction égoïstes » continue d’expliquer Jeanne-Claude à L’Oeil.Et Christo de préciser :

« Il faut créer le sentiment de l’éphémère : le projet va partir, il faut se dépêcher d’aller le voir. Il y a un côté nomade qui apporte l’énergie, qui rend les choses inoubliables ».

Par exemple le mariage de mes parents Jacqueline Da Silva & Achim Riedel en… il y a prescription !

Achimi Riedel3Achimi Riedel2Ci-dessus ma propre boucle de naissance. Ici, près d’un pavillon grand-parental à Milly-La-Forét.

Après apparition de mon humblement arrogante petite personne dans une clinique, Route de la Reine, à Boulogne Bille en cour… 2015-06-08 20.14.26

Avoir maille à part, défaire la malle, faire malle à part…

Arborescences lumineuses des souvenirs enfouis, déballés, enfuis, fidèles, remaillés…

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Souvenirs infidèles,

néanmoins d’une belle permanence.

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