Ascenseur Mémoire, traversée @Elephant Paname

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novembre 5, 2014 par Parallèles Potentiels

Je l’ai croisé 5 fois, pris deux, suis comme toujours redescendu à pied
(car les ascenseurs en sens descente sont pour les morts-vivants)
Celui-là est je crois mon ascenseur préféré
ascension de cimes vers le quatrième

Aparté
Pourtant j’en ai pris plein
des ascenseurs préférés
surtout les plus vieillots
de vieilles coquilles d’escargots grillagées aimées
A Lisbonne,
en Espagne
y en a encore plein
Où l’on se croirait
encore
En (19)24, 35, 46
Ah oui,
il y a aussi
celui de l’immeuble de l’atelier d’Oscar Niemyer
à Copacabana
pris en 2003 pour une entrevue
l’était bien grinçant aussi
il y a ausi celui de l’hotel des Arts décoré par lui
Où le street artiste Jérôme Mesnager a dessiné l’un de ses corps blancs
sur 12 mètres de haut
le long de la cage d’ascenseur
toute en transparence
en plus d’un dans chaque chambre

Mais revenons à mon ascenseur préféré
de l’Elepahant Paname
dont la trompe se déploie
Quand au petit matin
de la plante des pieds aux rétine
j’effleure encore
la planète des rêves

j’y ascensionne comme entrant
dans une BD d’Enki Bilal
il en a les formes, la topographie idéale,
l’esthétique brutaliste
toute de métal rouillé
comme une sculpture de Richard Serra
sculpteur que je n’aime pas tant que cela
mais je me souviens de l’inauguration de Clara Clara,
son double arc de cercle concave/convexe
dans le parc de Tolbiac
j’y avais discuté roseau pensant
avec Jack L et Arman
Vers 85

Mais revenons aux revenants
de la Mémoire traversée
d’Elephant Paname
L’ascenseur préféré de mes fées
n’a omis aucun méfait pour se surpasser
il a du contraste,
serti qu’il est dans un merveilleux hôtel particulier XVIIe siècle
celui d’un récent lieu d’exposition :
Elephant Paname
aux plafonds brodés
rue Volney, près l’Opéra Garnier
via la rue des Capucines
De tous les élévateurs
il est mon préféré
Oui
Jugez plutôt
2014-10-30 20.42.05

2014-10-30 20.42.32

2014-10-30 21.02.07

2014-10-30 21.04.32
Bravo pour en faire O tant !
C’est l’un des créateurs de ce lieu ouvert en septembre 2013 par un tandem frère/soeur Fiat, qui l’a dessiné « comme un totem de plaques de métal », non loin de l’univers d’un capitaine Némo Jules Vernien…. Lui voulait une galerie, elle un studio de danse, ils ont trouvé cet hôtel particulier érigé sous Napoléon III par l’ambassadeur de Russie en France, qui a conservé dans leur jus moulures, plafonds à caisson, cpaitons et fresques de l’époque.
A la jules Verne

A la

Le lieu expose actuellement, usqu’au 18 janvier 15,
de la coupole constellation sublime du RC
jusqu’au dernier étage par l’ascenseur susnommé
un hommage du centenaire de 14 :
Mémoire traversée, Passage, visage de la Grande Guerre
, « questionnant ses visiteurs sur les multiples résonances de ce moment clé de l’histoire que fut la grande guerre. Composant avec les vestiges, les images et les paysages de ce conflit, 26 photographes contemporains confrontent leur approche du champ de bataille avec le souvenir qu’ont pu en avoir les derniers témoins aujourd’hui disparus. Fidèle à sa vocation de proposer un regard décalé et original sur des thèmes très variés, Éléphant Paname convoque des créateurs contemporains dont les oeuvres constituent un discours visuel aussi novateur que personnel et contrastent avec le contenu des célébrations du Centenaire.
L’exposition s’articule sur les trois niveaux de l’hôtel particulier qui inspirent trois étapes d’un parcours à travers les visions différentes, souvent antinomiques, des photographes partis sur les pas des combattants. Elle met en lumière les ravages du temps, questionne notre propre perception du paysage, y compris ce que nous imaginions immuable.
L’exposition La Mémoire traversée figure dans le programme officiel du Mois de la Photo à Paris ainsi que dans celui de la Mission du Centenaire 14/18. »

Hors-série du magazine Beaux-Arts édité bien sûr.

Mon oeuvre préférée est l’installation très boltanskienne en chambre noire d’Alain Fleischer (artiste et directeur de l’Ecole d’art Du Fresnoy dans le Nord) déjà ancienne (2004) sous la constellation du RC :
« Le regard des morts » donne à voir
bien des yeux d’soldats en rangée
que personne n’a vengé
ni rangé
sauf ici

Le_regard_des_morts._Installation__1995.___Alain_Fleischer

Le_regard
Beau texte d’une collègue qui va avec :
Une histoire d’eau et de lumière
« A la fois plongés dans l’eau et dans la pénombre, les visages de ces soldats disparus semblent accéder à une nouvelle vie.
La présence flottante des regards devient étrangement palpable dans le liquide qui, telle une loupe, confère une profondeur à l’image. L’eau dans laquelle ils baignent leur redonne non seulement une visibilité mais également vie. Elle opère comme un liquide amniotique, dans lequel, à l’abri de la lumière extérieure, le rayonnement intérieur des visages deviendrait perceptible.
L’eau agit ici comme un révélateur. Elle donne la possibilité d’une lecture autre. C’est à travers cet écran liquide que nos regards peuvent croiser ceux des morts. L’eau comme principe de vie engendre la rencontre et permet de se relier au vivant dans la mort. Sous le signe de l’eau, nous nous trouvons au point d’aboutissement et de redémarrage du cycle, dans un lieu vacant d’où la vie peut jaillir. Nous passons alors de l’acceptation du vide à la possibilité d’une présence.
La lumière, tout comme l’eau, joue un rôle essentiel dans cette mise au jour de ce qui a été enfoui et dans la transformation de notre rapport à la disparition. Les photos ne sont pas stabilisées, elles évoluent, elles peuvent s’évanouir à tout instant et s’effacent progressivement à chaque entrée et sortie de visiteur qui laisse pénétrer la lumière. Et c’est précisément parce qu’elles sont appelées à disparaître que notre rapport à elles peut redevenir vivant. Nous les réintégrons dans le mouvement général de la vie et de la mort. Dans cette expérience-là, la photo-souvenir fait place à la mémoire. On est loin des portraits figés de disparus posés sur l’éternité des commodes et des cheminées ou des médaillons de défunts annexant le vivant dans un passé auquel l’avenir a manqué. »

Christine Ulivucci, janvier 2004

+ Sur l’exposition et le lieu Elephant Paname
10, rue Volney, 75002 PARIS
Tél. 01 49 27 83 33
> dimanche 18 janvier 2015
Tarif plein 11€, Tarif Réduit 9€

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