Péniche Le Corbusier restaurée : automne 2015/ suivi de l’art 2017

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octobre 20, 2014 par Parallèles Potentiels

Qui se souvient de l’ex-péniche de l’Armée du Salut en béton armé, transformée par Le Corbu en 29 ? Son nom est Péniche Louise-Catherine.

Un indice : On l’aperçoit en traversant la Seine en métro aérien (M5). Quai d’Austerlitz à Paris, près de la sauterelle verte (ou des moustaches asymétriques ?) de la Cité de la Mode et du Design.

Et accessoirement de l’institut médico-légal du Quai de la Râpée, qu’on longe en métro en tournant avant la station éponyme. Quand on y est, c’est pour cause de mort violente. Et donc, que c’est râpé, ai-je coutume de dire, mais passons.

Bien présente en mémoire collective de chaland parisien, la péniche revivra bel et bien : elle connaît une salutaire mutation vers un statut de centre d’architecture, lieu d’exposition… prévu pour septembre 2015.

Mise à jour 04/06/15 : La première exposition organisée sur la Péniche Louise-Catherine du Corbu, en cours de réhabilitation a eu lieu début juin (jusqu’au 14), suite à la résidence de quatre mois d’un céramiste, Frédérick Gautier, qui y a fabriqué 100 théières et ds tasses en béton ! Regardez la vidéo,  un doc un peu long, un  bon rendu surtout de la création in situ en ce lieu prometteur : 

http://moisarchitectureidf.org/un-evenement/op-tx100-installation-pop-du-ceramiste-frederick-gautier-sur-la-peniche-louise

Flashback : fin 2014, vu du métro aérien donc, tout restait encore à faire à l’extérieur, la péniche apparaît totalement désossée.

Mais on nous dit que le plancher a déjà été refait… Que tout sera prêt pour le cinquantenaire, vers septembre, selon les moyens du bord, qui trouvent leurs limites financières, bien sûr…

Vaste chantier, piloté par des hommes de l’art, heureusement.

En avril, c’est la toiture des 3 blocs dont est constitué l’édifice qui est débâchée, remise à jour. Quand à l’intérieur, on parle de le laisser dans son jus, dans son brut, en tant que constituant émérite de la mémoire du lieu.

Cet été, aux fenêtres, des vitres en « verre cathédrale » à facettes, celui d’origine (donc « charté » Monuments Historiques)  commencent à être posées… J’entends râler quelqu’un, qui estime qu’un verre tout en transparence eut été préférable. Pas de recréation sans polémique…

Ca prend forme, comme le Petit Poucet sème ses galets…

Mise à jour 1/10/15 Les fenêtres ont toutes été posées en septembre, ouf ! La péniche et surtout ses visiteurs seront donc à l’abri des courants d’air pour notre exposition Urban Utopias, villes rêvées et habitées, du 1 au 31/10… Du mercredi au dimanche de 14 à 20 heures, entrée libre, le photographe Stéphane Herbert à l’accueil en prime !

Regardez le beau rendu lumineux ici sur mon compte Instagram :

Péniche le Corbusier in light… Fenêtres achevées, yeah !

Une photo publiée par @christopheriedel le 1 Oct. 2015 à 11h59 PDT

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2 novembre 2015. L’exposition Urban Itopias s’est achevée le 31/10 dans la joie, pour ses protagonistes en tout cas, dont un délaissé sur le tard. La couverture de béton prend forme au-dessus des 3 greniers, quasi… achevée. 12194543_10153734503848734_4531657830896483702_o (1)

les ouvriers natifs de l’Est pestent un peu en disant qu’ils n’en auront jamais jamais, mais si. Puis on végétalisera ces toits au printemps…

La date de fin des travaux sur le permis affiché est à 07/2016 :

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A suivre, donc. A l’été 2016, elle serait reliée, comme ses voisines péniches, par passerelle à huit mètres du quai. Duquel les centaines de migrants, en tente Quetschuant, ont été évacués en octobre. Vers des abris hivernaux en dur en région IDF. France Info informa qu’ils en étaient soulagés, si ce n’est contents. Espérons-le pour eux.

Mise à jour du 8/3/17

Veille régulière. On constate que depuis la MAJ de novembre 2015, rien n’a bougé, on le voit bien en passant en métro aérien au-dessus de l’ouvrage. La couverture de béton au-dessus des 3 greniers a été achevée, mais aucune végétalisation de toit n’a débuté, pas plus que les ou la passerelle envisagée(s) vers le quai.

On aurait pu demander à La mairie de Paris, qui prévoit comme on sait un important programme de végétalisation urbaine ! Et ma déduction de journaliste tombe bien, puisque cela a été fait en février 2016 dans le cadre du budget participatif. Sans succès, snif, car  » il s’agit pas d’un immeuble privé « . Dommage…

Chercheurs, enseignants et elèves pourront par contre y télécharger 3 documents pertinents en pdf exposant la demande détaillée :

Voici enfin la formulation de la demande et la réponse négative

Déposé le 19/02/2016 par MCD

Association (Association Louise-Catherine)

Projet d’arrondissement

50 Quai d’Austerlitz, 75013 PARIS
Culture et patrimoine

La péniche Louise-Catherine, inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques, a été aménagée par Le Corbusier en 1929 pour l’Armée du Salut, faisant de cet ancien chaland un Asile flottant destiné à héberger les sans-abris. Il s’agit d’un projet emblématique de Le Corbusier, mettant en oeuvre les « cinq points de l’architecture » qu’il avait théorisés : pilotis, toit-terrasse, plan libre, façade libre, fenêtres en bandeau.

Le Louise-Catherine fait l’objet de travaux de restauration portant sur l’ensemble de la péniche, visant à restituer l’aménagement initialement conçu par le Corbusier, dans le cadre d’un projet culturel mené par l’Association Louise-Catherine. Celle-ci souhaite en particulier restaurer les toits-jardins, et les rendre accessibles au public et permettre des animations en relation avec le Quai d’Austerlitz.

Le projet consiste en une synthèse des différents plans de Le Corbusier, et en la restitution de l’aménagement d’origine, en compatibilité avec les exigences de la reconstitution architecturale et celles d’un équipement pouvant recevoir du public. 

MCD a évalué son projet à 185 631 €

1 commentaire

Admin

L’équipe du Budget Participatif le 10/08/2016

Votre projet n’entre pas dans le champ de compétence de la Mairie de Paris. En effet, projet concerne une propriété privée. La Ville ne peut donc pas y intervenir pour réaliser un investissement dans le cadre du budget participatif.

Source : https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=C&idee=3344

Pour mémoire, on en est là de létat de l’art :

  • La barge en béton. Elle doit rendre visible la structure du bâtiment et permettre une lecture de l’histoire technique des bateaux en béton, une réflexion sur la rencontre entre construction navale et béton armé.
  • Le nom « Louise-Catherine ». C’est un hommage aux grandes figures des bienfaitrices, de l’Armée du Salut.
  • L’œuvre de Le Corbusier. Il s’agit de remettre en valeur l’aménagement de 1929 en rétablissant la lumière grâce à la restauration des châssis et guillotines, en retrouvant les couleurs d’origine et la perspective des 3 nefs (par enlèvement des ajouts), en restaurant l’inscription Louise-Catherine, le mât, les escaliers et soupentes, les casiers et placards, en réinstallant les cloisons, en terminant le jardin-suspendu jamais achevé.
  • La solidarité 1929-1994. L’histoire des 65 ans d’accueil des « sans-adresse, sans-repos, sans-taudis » doit faire l’objet d’une exposition d’archives de l’Armée du Salut (journaux, photos, films…).
  • Le patrimoine du futur « créer dans le créé » 2013-2023-3033. La Louise-Catherine synthétise les vingt premières années de travail de Le Corbusier selon M. Cantal-Dupart. C’est un point d’appui pour la réflexion, l’étude…

Ce « bateau-savoir » témoignera donc de l’histoire du lieu, sera un lieu d’exposition, de rencontres, d’information, d’éducation. Des partenariats doivent être établis avec des écoles et des universités : chantiers-écoles, formation qualifiante sur « la promotion du fleuve »… C’est en cours…

Ce sera un lieu culturel consacré à l’architecture fluviale : photos, vidéos, installations, et interventions d’artistes, inventions scénographiques. Ca a pris forme, oeuvre ouverte, work in progress…

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Et maintenant, l’historique de la péniche


Les grandes tranches de vécu du lieu

– Construction en 1919 pour alimenter Paris en charbon via la Seine, de Rouen.
– Rachat par l’Armée du Salut en 1929, baptisée Louise –Catherine en hommage à la peintre Louise Catherine Breslau qui a participé au financement du projet.

3 etats Asile Peniche Louise Catherine

Le Corbusier intervient alors pour transformer le bâtiment en asile flottant psychiatrique d’une centaine de lits répartis dans trois vastes dortoirs, en modifiant tout l’aménagement intérieur avec un nouveau système de fenêtres et la création d’une terrasse.
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– Après près de 100 ans d’existence et moult points d’amarres successifs sur les quais de Paris, la péniche est fermée depuis 1994 pour des raisons de sécurité. Elle a été rachetée en 2006 par l’association Louise-Catherine, créée à cette occasion, qui souhaite la restructurer en centre dédié à l’architecture.
– La restauration est assurée par l’agence ACYC architectes et la réalisation de la structure métallique est assurée par l’architecte Shuhei Endo. Celui-ci réalisera une œuvre monumentale en métal nommée Springtechture, qui enveloppera la péniche Louise-Catherine pendant la durée des travaux, soit environ deux ans.
– L’aménagement qui suivra comprendra trois nouvelles nefs en béton armé, ainsi que les nouveaux accès légaux d’entrée du public.
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Historique et perpective :
Le choix de l’architecte revient à une autre mécène : Winnaretta Singer. L’héritière des machines à coudre impose Le Corbusier, architecte encore méconnu, qui devait réaliser l’une de ses villas. Amateur de cargos, dont il aimait la rationalisation de l’espace, Le Corbusier couvre la coque de béton d’une étonnante superstructure. Il divise la cale en trois « nefs », ainsi qu’il nomme ces compartiments dans des documents de travail. Pour casser les volumes, il crée des soupentes et érige trente-six pilotis pour soutenir le toit, libérant ainsi les façades de leur fonction porteuse, selon le principe qu’il affinera plus tard de sa maison « Dom-Ino ».

« Le  » Louise-Catherine  » n’est généralement pas considéré comme une oeuvre majeure de Le Corbusier, déplore Michel Cantal-Dupart. C’est pourtant ici qu’il expérimente un certain nombre des théories qu’il déclinera par la suite. » Ainsi, en prenant les mesures de la péniche, l’ex-professeur du CNAM s’est rendu compte qu’elles étaient calées sur le Modulor. Conçue par Le Corbusier, cette silhouette humaine standardisée lui permettait de déterminer la structure et la taille idéale des unités d’habitation, comme il le fera à la Cité radieuse de Marseille.« Le Corbusier ne théorise le Modulor qu’en 1942, mais quand il réalise la péniche, cela devait déjà être sur un coin de sa table », conclut Michel Cantal-Dupart.

Jusqu’en 1994, le « Louise-Catherine », plus communément appelé l’Asile flottant, accueille « les sans-adresse, les sans-repos et les sans-taudis », selon les mots d’Albin Peyron, le fondateur de l’Armée du salut.

En 2002, la péniche doit fermer pour raisons de sécurité, sur décision du préfet de région Jean-Pierre Duport, qui n’est autre aujourd’hui que le directeur de la Fondation Le Corbusier. L’organisme soutient le projet de restauration mené avec ferveur par des particuliers – Francis Kertekian, Jean-Marc Domange et Charles Firmin-Didot – qui rachètent la péniche en 2006. Elle était alors dans un état déplorable.« C’est une petite folie, sourit Francis Kertekian. Le prix de vente n’était guère élevé, mais le montant de la restauration, qui se fera sur les plans initiaux de Le Corbusier, est estimé à 1,2 million d’euros. »

Aucun regret, néanmoins, chez ces amoureux du « Louise-Catherine », qui dépensent leur énergie sans compter pour maintenir le bateau en place et assurer son devenir.
(Src : Le Point)

Négociations.La péniche, classée Monument historique, n’avait pas de COT (Convention d’occupation temporaire)jusqu’en 2013. Depuis, les propriétaires peuvent compter sur le soutien de la DRAC, de la Fondation Le Corbusier et, depuis peu, de la mairie du 13e et de la mairie de Paris : un appel à projets fut lancé par les Ports de Paris, désireux d’animer cette partie des berges en y amarrant des péniches à vocation événementielle. « Il est évident que cette péniche, témoignage de l’histoire architecturale et du patrimoine de la solidarité, ne peut pas disparaître », affirme Jean-Pierre Duport. Quant à la restauration proprement dite, les propriétaires souhaitent qu’elle soit achevée en 2015. « Nous voudrions être prêts pour les cinquante ans de la mort de Le Corbusier », lance Francis Kertekian.


Chiffres clefs
68 mètres de long
7,88 mètres de large
Coque en ciment armé
Création de 3 nefs en béton armé
Barge construite en 1919
Achetée par L’Armée du Salut en 1929
transformée en refuge par Le Corbusier en 1929

Cinq couches patrimoniales

Le premier patrimoine : la barge en béton, 1919
A terme, le pic avant et le pic arrière resteront bruts et permettront la « lecture » de l’histoire technique des bateaux en béton. La structure en caissons, le puits de chaîne, le capot coulissant seront visibles.

Le deuxième patrimoine : le nom Louise-Catherine, 1929
L’histoire croisée de Madeleine Zillhardt, de Louise-Catherine Breslau, de la Princesse Singer-Polignac, de Blanche et Albin Peyron, Commissaire Général de l’Armée du Salut, et de Le Corbusier, qui tous participent à la naissance de l’asile flottant Louise-Catherine sera écrite

Le troisième patrimoine, l’oeuvre de Le Corbusier, 1929
◦la perspective des 3 nefs, par enlèvement des ajouts
◦la lumière par la restauration des châssis guillotine
◦couleurs d’origine
◦les poteaux dans leur couleur
◦les escaliers et les soupentes
◦les casiers-placards
◦les cloisons déposées (sanitaires, cuisine, chaufferie)
◦l’aboutissement, jamais complètement réalisé, du jardin suspendu
◦le mât et la devise Louise-Catherine

Le quatrième patrimoine : la solidarité, 1929-1994
65 ans de l’histoire de la solidarité envers « les sans-adresse, les sans-repos et les sans-taudis » feront l’objet d’une exposition d’archives (journaux, photographies, films…) de l’Armée du Salut.

Le cinquième, celui du futur, « créer dans le créé », 2013/2023/2033
La couverture du chantier devait être réalisée par l’architecte Shuhei Endo : un gigantesque ruban métallique flottant, composé de 3 séquences.

Ajout du blogeur : Mais cela était juste du buzz de lancement, il n’en sera en fait rien. Elle en jetait bien cette couverture proposée par un starchitecte, comme on dit. Un produit d’appel, en somme. Certainement trop cher…

Architectes du projet : ACYC
Architecte de la structure métallique provisoire : Shuhei Endo.
Association Louise Catherine et photos-mémoire :
http://louise-catherine.asso.fr/phototheque.asp

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Délassons-nous maintenant en quittant la Seine parisienne pour Roquebrune Menton, du côté du Cabanon enfin restauré en 2015, après tant de fois où j’étais passé devant, il était en déshérence. I

ll se trouve sur la falaise rocheuse, 100 mètres en-dessous de la maison de mon oncle/figure du père disparu, reconstituée avec de vrais morceaux d’un amour quasiment filial (Manfred).

Il (le cabanaon, pas Manfred) ouvrira en bonne et due forme à partir de mai. Le Châtelier de Télérama mord son chapô : bien tape à l’oeil, il insiste en intro sur la bétonisation de la Côte  pour faire plus authentique. Après, l’article est très instructif, point hâtif. Cesse d’être tiré par les chevaux du désir éditorialiste.

Du Cabanon à la Villa E 1027

Sur son rocher isolé au milieu du Sud-Est bétonné, il fréquentait ses amis Eileen Gray, Jean Badovici et… trouva la mort sur la plage en contrebas.

a Côte d’Azur, là-bas entre la vision dantesque de Monaco hérissée sur la mer et les douceurs retraitées de Menton, donne à certains, allez savoir pourquoi, des nostalgies de Bretagne ou d’Ecosse ! Impossible par ici de trouver plus de cent mètres de nature d’un seul tenant, sans maisons, immeubles, marinas les pieds dans l’eau. Sauf qu’en cherchant bien…

Corbu fut de ceux-là, qui se dégotta sur les rochers, à l’écart de la route, en dessous de la voie ferrée qui court le littoral, un petit lopin pour y planter son « château de vacances ». 3,66 m de côté sur 2,66 sous plafond. Une boîte minimum, calculée au Modulor qui fut, en quelque sorte, sa dernière demeure.

© Fondation Le Corbusier, ADAGP, 2015 (gauche) et Photo Olivier Martin-Gambier 2006 © Fondation Le Corbusier, ADAGP 2015

C’est sur la plage en contrebas qu’il est mort d’une crise cardiaque, le 27 août 1965, rendant du même coup célèbre un certain certain Henry Pessar, paparazzo amateur, auteur de l’ultime portrait du maître.

Mais qui est l'homme derrière ?

Mais qui est l’homme derrière ?

Photo Henry Pessar

De fait, Corbu, sur la Riviera, était un peu un squatteur. Notamment chez ses amis architectes et décorateurs (avec qui, comme toujours, il finira par se fâcher) Eileen Gray et Jean Badovici qui, à cet endroit même s’étaient construit la villa E1027 (E pour Eileen, 10, pour le J de Jean, comme 10e lettre de l’alphabet, 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray). Une élégante construction qui respectait peu ou prou les « 5 points de l’architecture moderne » (Pilotis, plan libre, fenêtre en longueur, façade libre, toit terrasse) édictés par maître Corbu.

La villa E1027

La villa E1027

Photo Luc Le Chatelier

Juste derrière, il y avait l’Etoile de mer, le bistrot de Thomas Rebutato, qui, en échange du terrain sur lequel Le Corbusier pu construire son cabanon, lui demandèrent d’installer, sur l’un de leur terrain de boules, cinq « unités de camping » de grandeur conforme : c’est à dire minimum.

Photo Luc Le Chatelier © Fondation Le Corbusier/ADAGP 2015

Aujourd’hui muséifiés, la Villa E1027, le cabanon et les unités de camping, propriétés du Conservatoire du littoral, sont gérés par l’office du tourisme de Roquebrune-Cap-Martin

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Signalons à propos du Corbu cette non moins prometteuse actualité :
Autre bonus en la rue du Docteur Blanche abritant une autre belle Maison- Fondation Le Corbusier, la villa Roche : Justement, une expo jusqu’au 31 janvier y présente les photos de Lucien Hervé sur le Cabanon du Corbusier à Roquebrune Cap Martin, où il finit ses jours, non plus les pieds, mais la tête dans l’eau. On la visitera volontiers quand faire se pourra, une l’été indien passé, la pluie (cinglant le réel de la résignation à l’hiver) revenue… Même si cette année, la douceur persista jusqu’à fin novembre : Bigre, il y aurait anguille climatique sous roche ? Cela tombe bien, l’exposition s’appelle : les Vacances.
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Lucien Hervé : Les vacances de Monsieur Le Corbusier
Photo : Lucien Hervé, Le Corbusier devant le cabanon, Cap Martin – Roquebrune 1951
© FLC-ADAGP / Lucien Hervé / J. Paul Getty Trust

Détails ci-dessous
et ce joli billet citant le site de la Fondation du Corbu :

Lucien Hervé : Les vacances de Monsieur Le Corbusier
Fondation Le Corbusier, Paris
Jusqu’au 30 janvier 2015
Dans le cadre du« Mois de la Photo à Paris »
En partenariat avec l’Association des Amis de Lucien et Rodolf Hervé


« Le Corbusier travaille. Il est en vacances au Cap-Martin où il a construit son Cabanon (3,66 x 3,36 x 2,26) au bord de l’eau. Le Corbusier dessine, écrit, déjeune avec Yvonne, son épouse, plaisante avec Thomas Rebutato, son voisin, propriétaire de la guinguette l’Étoile de mer. La mer à quelques mètres. Elle l’attend pour son bain quotidien, cette Méditerranée qu’il a toujours admirée, aimée et qui l’accompagnera dans son dernier voyage. Hervé travaille. Il réalise quelques clichés de Corbu dans l’intimité. Il fixe ces rares moments où le crayon s’arrête, où l’esprit se repose, où le plaisir de l’eau l’emporte.

Une trentaine de photographies réalisées par Lucien Hervé au cours des années cinquante sont présentées dans la Maison La Roche, siège de la Fondation Le Corbusier à Paris ; quelques dessins originaux de Le Corbusier représentant le site du Cabanon de Roquebrune-Cap-Martin complètent cette évocation de sa résidence d’été.

Le révérend père Couturier, directeur de la revue l’Art sacré, fut à l’origine de la rencontre entre Lucien Hervé et Le Corbusier. Après avoir recommandé Lucien Hervé auprès de Matisse, puis auprès de Fernand Léger, il encouragea le photographe à se rendre à Marseille pour y photographier le chantier de l’Unité d’habitation. À la fin du mois de novembre 1949, Lucien Hervé réalisera en une seule journée plus de six cent clichés de l’œuvre monumentale avec son Rolleiflex.

Le Corbusier à qui il avait fait parvenir son reportage est enthousiasmé par son travail. Il décide alors de l’engager pour photographier ses œuvres, aussi bien architecturales que plastiques. Hervé travaillera pour Le Corbusier de 1950 à 1965 et réalisera plus de 20 000 clichés constituant ainsi une documentation de première main sur l’œuvre architecturale – livrée au commanditaire sous forme de contacts recadrés et collés sur des planches de classeurs – représentant aussi bien des reportages sur des chantiers en cours (Chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp, Unité d’habitation de Rezé-les-Nantes, Usine Claude et Duval à Saint-Dié, Secrétariat,Assemblée et Palais de Justice de Chandigarh (Penjab, Inde), Palais de Filateurs à Ahmedabad (Gujarat, Inde), etc., y compris des clichés des maquettes des œuvres in situ…) que des réalisations antérieures pour lesquelles Le Corbusier souhaitait mettre à jour l’iconographie (Villa Savoye à Poissy, Cité de Refuge de l’Armée du Salut à Paris).

Hervé se verra ensuite confier la couverture photographique de l’œuvre plastique de Le Corbusier : peintures et sculptures, carnets de dessins, gravures, etc. Il réalisera également des portraits dans l’immeuble de la rue Nungesser et Coli : l’artiste au travail dans son atelier, images de Le Corbusier et d’Yvonne dans l’intimité de l’appartement. Un séjour dans le cadre exceptionnel du Cap-Martin sera également l’occasion de produire une série de clichés de vacances qui demeurent l’un des rares témoignages de la vie chaque été au Cabanon. Ces portraits témoignent de la grande proximité entre les deux hommes et de cette relation exceptionnelle entre les deux artistes qui dura plus de quinze ans.

Chacun viendra puiser chez l’autre les éléments qui viendront enrichir son travail. Ils sont tous les deux habitués à transgresser les contraintes exercées parleurs pratiques respectives. L’architecte doit faire avec le terrain, le programme, le client, l’économie… Le photographe sait s’adapter à la demande,au climat, aux moyens, à la technique. Ils partagent une même approche formelle de la photographie – Le Corbusier l’a pratiquée en plusieurs occasions et il en a nourri ses créations – l’image originale est un matériau transformable, le document devient vite méconnaissable au bénéfice d’un pur objet plastique. L’usage qu’ils lui assignent sera cependant divergent, pour l’architecte, il s’agit de mettre en œuvre un outil de communication efficace tandis que le photographe cherche à approfondir sa pratique plasticienne. Il construit des images dont le cadre et la composition s’inspirent des formes épurées,rigoureuses et lyriques des bâtiments qu’il capte, les réinterprétant ensuite jusqu’à l’abstraction.

Le travail d’Hervé contribua largement à la diffusion et à la connaissance de l’œuvre de Le Corbusier, celui-ci puisant abondamment dans ces ressources pour illustrer les volumes de son Œuvre complète pour réaliser le livre culte sur Ronchamp ou encore le testament intellectuel de L’Atelier de la recherche patiente. Il les confiera aussi très souvent aux revues et aux magazines qui le sollicitent pour des articles… »

Mise à jour du dimanche…

17 juillet 2016 : Un grand jour pour 17 sites !

C’est fait ! Après deux rejets,  Le dossier Le Corbusier est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Le Comité, par hasard drôlement réuni à Istanbul (qui connut un putsch vite déconfit par l’homme fort/farce de service pour régime) a retenu 17 sites au total :

Les Maisons La Roche et Jeanneret à Paris, la Villa Savoye (et sa loge de jardinier) à Poissy, la Cité Radieuse à Marseille, la Cité Frugès à Pessac,la petite villa au bord du lac Léman à Corseaux, l’Immeuble Clarté à Genève, la maison Guiette à Anvers, les maisons de la Weissenhof-Siedlung à Stuttgart, l’Immeuble locatif à la Porte Molitor à Boulogne-Billancourt.

Mais encore… la Manufacture à Saint-Dié –des-Vosges, la Maison du Docteur Curutchet à La Plata, la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp, le cabanon de Le Corbusier à Roquebrune-Cap-Martin, le complexe du Capitole à Chandigarh, le couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette à Eveux, le Musée national des beaux-Arts de l’Occident à Taito-Ku à Tokyo et enfin la Maison de la Culture de Firminy (ce qui inclut, outre ce lieu, le stade municipal, l’Unité d’Habitation, le théâtre de verdure et l’église Saint-Pierre).

 

Mise à jour 04/2015 :

L’art sur la Côte d’Azur 

petit panorama 2015

L’Architecture à l’honneur

Avec la réouverture, à partir de mai 2015, à Roquebrune Cap Martin des sites : Eileen Gray – Etoile de Mer – Le Corbusier. Youpi ! Totalement en déshérence, ces maisons en avaient bien besoin…

Aujourd’hui propriété du Conservatoire du littoral, le site Eileen Gray / L’Étoile de Mer / Le Corbusier au Cap-Martin géré par Cap Moderne réunit sur 2970 m2 un ensemble d’oeuvres mondialement reconnues.

Dans un tout autre style, il convient de découvrir également l’oeuvre architecturale de Jean-Michel Wilmotte sur le Stade Allianz Riviera et le Musée National du Sport à Nice qui a ouvert ses portes en juin 2014 et qui ouvrira l’été culturel avec une exposition « En mode sport » !

Hommages et Maeght !

En 2015, les musées azuréens également rendent hommage aux artistes qui ont aimés la Côte d’Azur : Folon, Chagall, Léger… Il convient également de mentionner ici, deux des grandes expositions d’été « Gérard Garouste l’intranquille » à la Fondation Maeght et « De Chagall à Malevitch La Révolution des Avants-Gardes » au Forum Grimaldi.

Histoire de France – Napoléon !

Il y a 200 ans, jour pour jour, Napoléon quittait son exil sur l’Ile d’Elbe pour reconquérir la France.

2015 célébrera, notamment, le débarquement à Golfe Juan de Napoléon accompagné de ses 1000 hommes. L’épisode dit des 100 jours.

La route Napoléon : un itinéraire touristique, tout au long de l’année, à pratiquer en voiture, en moto, à pieds, à cheval…

Visite du Musée Escoffier à Villeneuve Loubet : « L’EMPIRE DU GOÛT, Moeurs de table sous Napoléon 1er ».

A Grasse, création de parfum chez Galimard (oui un seul L, ce n’est pas l’éditeur) à l’occasion de la création du parfum « Napoléon 1815 ».

www.cotedazur-tourisme.com ou www.route-napoleon.com

4 réflexions sur “Péniche Le Corbusier restaurée : automne 2015/ suivi de l’art 2017

  1. […] – Christophe Riedel, Parallèles potentiels : péniche Le Corbusier restaurée : automne 2015, octobre 2014 avec mises à jour, https://christopheriedel.wordpress.com/2014/10/20/peniche-le-corbusier-salutaire-avenir/ […]

  2. Brault Alexandre dit :

    Bonjour, je suis un élève de 1S et je fait des recherches sur le bateau en béton pour mon TPE. Je recherche des information techniques et géométriques sur ce bateau afin d’approfondir mon sujet. Pourriez- vous aussi m’envoyer des photos sur ce bateau?
    Merci d’avance, Alexandre Brault.

    • Bonjour,
      Je n’ai pas légitimité pour vous envoyer des photographies,continuez vos recherches auprès du référent projet, son initiateur :
      l’architecte Michel Cantal Dupart. Je n’ai pas son mail.
      Contactez L’association de la Péniche:
      http://louise-catherine.asso.fr/accueil.asp
      Vous trouverez sur leur site de nombreuses ressources historiques précisesphotographiques (en basse def) pour constituer le corpus d’étude qui vous est nécessaire.
      Pour mémoire, ce lien aussi, qui renvoie à toute la documentation de référence et d’autres contacts :
      http://ada13.com/wordpress/2015/09/29/le-corbusier-dans-le-13e-arrondissement-la-peniche-louise-catherine-1929-1930/
      Bonne chance à vous.
      Bibliographie
      L’asile flottant de l’Armée du Salut 1929-1930. Gilles Ragot, Mathilde Dion, Le Corbusier en France, Le Moniteur, 1997, p. 44.
      La Louise-Catherine : la péniche Le Corbusier. Décembre 2008, 20 pages.
      Aurélie Jacques, La péniche secrète de Le Corbusier. Inouï. C’est en réalisant cette œuvre que l’architecte a mis au point nombre de ses théories. Le Point, 18 octobre 2012.
      « Louise-Catherine » et Le Corbusier sont dans une péniche, Le Monde, 11 avril 2013.
      Olivier Flandin, La péniche en béton de Le Corbusier devient un centre sur l’architecture. Le Monde, 23 mai 2013.
      La péniche en béton de Le Corbusier transformée en centre d’architecture sur le quai d’Austerlitz. 28 mai 2013.
      Christophe Riedel, Péniche Le Corbusier restaurée : automne 2015. Parallèles potentiels, 20 octobre 2014.
      Édito, vidéo photos « 1919-1920 », « aujourd’hui », « demain » sur le site de Louise-Catherine SAS.
      Michel Cantal-Dupart, Avec Le Corbusier. L’aventure du « Louise-Catherine ». CNRS éditions, 2015.

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