Nostalgiques de tout rien

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mars 26, 2013 par Parallèles Potentiels

Comme  ma boulangère le disait ce matin,
tandis qu’elle me tranchait un pain au levain :
« Les mauvaises ondes et les manifestes d’espoir se propagent partout, sauf du côté du Cap de Bonne espérance, en zone blanche, où elles ne rentrent que via les zones grises hors catalogue. »
Source : « A quoi jouent les grands primates dans la théorie du chaos ? Leçon  N°3 : L’espèce humaine- Analyses coûts bénéfices dans différentes situations existentielles de grands primates, modélisée et auto-immune contre les dangereux raccourcis se tombant dessus à bras raccourcis « .
Rapport Coface & OCDE, 2013-2031

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Mathias :

« On peut vraiment être nostalgique de tout et n’importe quoi. Aujourd’hui je crois que je suis nostalgique du Simply Market de Romainville. (Et même, en fouillant plus loin, du Shopi de la Vallée Violette à Joué-lès-Tours)…  » et d’enchaîner : Aujourd’hui je trouvai plus exotique et improbable de ressentir une profonde bouffée de nostalgie pour le Simply Market de Romainville. Un enfer morne, gris et tiède devient un Technicolor avec un peu de distance et les bonnes lunettes. 😉

Il n’est de nostalgie qu’insondable et reconstituée.

Pour Mathias, ce fut à ce moment-ci un Simply Romainville où il n’est plus, car parti à Marseille depuis. Cristallisation illusoire comme un soufflé (mais bonne comme la mousse Grand-Marnier du soufflé vite léché, qui n’aura pas le temps de retomber) . Ce pourquoi il ajoute :  « T’inquiète que je serai nostalgique de là où je suis – quand je n’y serai plus. »

Là, pour Christophe, c’est avec de vrais morceaux de 75013 enfantins et un mini- Eldorado en forme de supermarché, par hasard resté ouvert une nuit. Oui, on peut vraiment être nostalgico-madeleine de Proust analgésique de tout en limbe mémorielle, y compris des « supérettes ».

Je me souviens donc avec un bonheur relatif (paré en tout cas des atours de la reconstitution mémorielle) du Goulet Turpin en un rond immeuble blanc au 165 rue Nationale 75013. Qu’on aperçoit quand le métro aérien arrive au métro Nationale en venant de Place d’Italie sur la 6. Metro Linie nummer Sechs

En bas de la tour RIVP de ma mère, sise rue du château des Rentiers, nous vivions au treizième étage, avec honorable vue sur Paris, elle y vit toujours. En bas, on avait vue sur la dalle intermédiaire, sise Boulevard Vincent Auriol, alors dénommé boulevard de la Gare, où nous trainions enfants, entre deux strates temporelles.

En fait, il y avait une dalle de chaque côté. Ce n’était certes  pas, vu de nos fenêtres de citéens de la RIVP,  une perspective à la Gaston Le Nôtre sur des jardins à la française, Cartes Postales Photos Rue du Château-des-Rentiers  75013 PARIS paris (75)encore moins l’Axe Royal Rivoli Tuileries vers l’arche de la Défense (via l’arc de Triomphe). Mais ça se tenait aussi à sa façon, cétait des cités à la française, à la parisienne, très petit-bourgeois style qui les Cartes Postales Photos Rue Nationale prise du Boulevard de la Gare 75013 PARIS paris (75)lâcherait sitôt carrière faite, comme le père architecte d’un ami ou bien d’autres. Mais bon, trêve de digression.

Voici ci-dessous l’autre dalle, donnant donc vers Place d’Italie, via l’avenue Edison. Et la Fondation Georges Eastman en  briques rouges, très  années 30 de style coco, stal ou musso, c’était kif kif en termes d’architecture, ou peu s’en faut :

Pardon pour la parenthèse eastmanienne. Il y avait donc l’autre dalle visible de chez ma mère, au treizième étage du treizième, et donnant vers la Place d’Italie, via l’avenue Edison :

Mon copain d’adolescence Pascal D vivait dans la barre blanc gris à gauche de la dalle où l’on bullait quelquefois. Plus tard, l’impérissable chanteur Doc Gynéco y usa aussi ses prébaggies, avant de faire, une fois adulte, son chemin vers quelques tubes (puis l’oubli ?).

Avec ses bandes respectives, non loin de celle du  » 15/9″, comprendre le 159 de la rue du Château des Rentiers, angle Passage Ricaud,

qui était la plus chaude du coin.

L’un de ses membres un jour s’était confessé à moi pour se décharger d’un souvenir qui l’aimantait : celui d’un coup de couteau dans le ventre d’un tiers enfoncé.

Embarrassant à confesse, ce genre de souvenir, pour moi qui allais à l’école primaire du Passage Ricaud à gauche de cette barre blanche, puis au CES Yeo Thomas du passage éponyme. Avant de bifurquer en classe en cinquième vers le lycée Claude Monet nettement mieux socio-fréquenté, et sis à côté du Parc de Choisy, . Grâce à l’intervention de ma mère.

Lycée en face de l’entrée du Parc de Choisy, où l’on fit souvent le mur, l’interclasse fumeuse, du Clash au rectangulaire Walkman au conique Hasch de main en main échangé. Mais rien de très sulfureux non plus, juste une pré-adolescence ordinaire sur fond musical de « No futur » aussi marketé que mensonger, promu par un attaché de presse manipulateur, Macolm Mac Laren.

Vue du treizième étage maternel vers la droite, Métro devenant aérien en accouchant de la Place d’Italie.
Tours Montparnasse et Eiffel par beau temps.

Les Beruriers noirs, Patti Smith ou Taxigirl et son noir Daniel, si oscar wildien en ce temps,  avaient pris vers 16 ans le relais d’ « Hotel California » des Eagles (premier slow, premier baiser), de Supertramp (« even in the quitest moments, when i feel the rain…).

Ou, pire encore de l’italienne bluette sucrée »Ti amo » d’un Umberto qui n’était pas Eco.

Tout cela après les années de primaire Malabar et autres bonbons à dix ou 20 centimes de la petite boutique verte de la rue Lahire. Pour un franc d’alors, on en avait pas mal. Pour deux ou trois, c’était de la bombe ou des pétards à mèche, en mitraillette, qui vous déflagreraient durablement la conscience lors de leur explosion, comme plus tard la colle à rustines dans des sacs en plastiques outrés.

Du coup, demeurera toujours en moi par contraste un drôle de sentiment par rapport à la perte de puissance d’achat que, plus tard,  l’Euro, en treize ans, engendra et perpétua. Pour un euro (= 6 francs 55 , zut, ça nous semblait beaucoup et ça s’avéra si peu à l’usage…), on n’avait plus que 5 malabars ou dans le meilleur des cas. Mais bon, pas d’anachronisme, svp !

Enfin, relativisons, puisque nous sommes censément mûrs comme des fruits depuisi : fraises et bananes achetées en 2013 à ma fille Iris sont toujours à 10 centimes d’euro aujourd’hui, c’est seulement six fois plus qu’alors.

Cela demeurera en mémoire collective curieux d’avoir connu cette transition vers

le six fois plus valant .

Car la sensation d’exister, elle, n’a pas été sextuplée pour autant, non ? ni diminuée d’autant.

Mais revenons au Goulet du Turpin supermaraîcher du métro Nationale. A la louche dans le millefeuille temporel, cela se passe entre 1972 ( étant arrivé pour ma part d’Allemagne à 7 ans cette année là) et  1983, année de ma majorité.

Entre deux terrains vagues de ce quartier émergent somewhere in the seventies from last century. On avait tout rasé, on remettait de la tour champignon toutpar. Tout part. de toute part. un Mini Shanghai 30 ans avant, toutes proportions gardées. Analogie valant car on rasait aussi les Hutongs d’un Paris populo treiziémard décati d’avant, en un tsunami pompidolien sans fin.
J’allais y faire les courses à partir de 9 ans, au Goulet Turpin rond,

Le Suma rond, puisque ce n’était pas un Goulet Turpin, en bas de chez ma mère, gentil boulet mémoriel

Mais c’était un « Suma », en fait, i do think. Depuis rebaptisé Champion, puis Carrouf, enfin Carrefour pur pour les bonnes gens :on a les carrefours qu’on peut. Une nuit, oh riches heures retrouvées, un employé avait oublié d’en fermer une porte, des voisins de mon immeuble sont venus, se sont infiltré dans la brèche, dans la manne infime, sont repartis avec 8 ou 9 caddies pleins de saletés de victuailles : le fantasme absolu de la corne d’abondance consumériste.

Dont je n’ai hélas pas joui, hi ! Ne l’ai su qu’après coup, me fit bien rêver, vertige post pârtum de tout ce qui se aurait pu être ainsi dérobé, soustrait au chiffre d’affaires comme par inadvertance, donc sans se sentir le moins du monde coupable, juste capable.

Une autre fois, j’ai acheté 3 bouteilles de Coca d’un litre en verre au Suma , en plus de mon protocole maternel de liste de courses autorisées. Et l’on a fait un concours de coca, s’agissait de boire le tout au plus vite avec deux copains.  C’est la seule fois que j’ai vomi du coca par les narines.

Nostalgique, disais-je. Vous cherchez une rime, voire des noces en talgique ?Les mots ci dessous riment bien, valant ce que pourrait valoir  un (improbable) paradigme perdu :

  • zymotique
  • zygotique
  • zygomatique
  • zutique
  • zootechnique
  • zoosémiotique
  • zoologique
  • zététique
  • yttrique
  • xylographique
  • wisigothique
  • vomique
  • volumique
  • volumétrique
  • volcanologique
  • volcanique
  • vocalique
  • vitrocéramique
  • vitaminique
  • visiophonique
  • virostatique
  • vinylique
  • vinique
  • viatique
  • Véronique : une jolie plante, la Véronique…

Et voici, de façon subreptice, si ce n’est subliminale, les portraits en vis-à-vis :

Ici et là

– de ma mère aujourd’hui, telle quelle, échappée de son tableau de Hiénonimus Bosch, toujours là, image de naufrage dont j’ai tant de mal à me dépêtrer pour envisager de vieillir sereinement, ce qui est difficile quand on voit d’où je viens…

RPP : Comme Résilience pourtant possible, dirait Boris Cyrulnik le rescapé, qui pense qu’on se débarrasse du harassant mémoriel arsenic. De facto, cela dépend du locuteur, étais-je tenté de penser).

– de ma fille aujourd’hui, telle quelle, adorable de discours frais et d’ingénuité de l’éternel enfantin, de l’absolu vital ré insufflé à chaque génération : tirez 20 centimètres de tissu générationnel neuf dans les grands catalogues de galaxies. Vous obtenez cette petite fille qui hier encore, me disait que les Suédois se comptaient sur 6 doigts, qu’il s’agissait donc d’un tout petit pays. et qui ressemble un peu à sa grand-mère. troublante symétrie, fleur de rédemption possible. Il y a entre les deux le tableau de ma mère jeune par son ami peintre portugais, et son côté vieille poupée brisée par le temps et son origine.

Pour en finir avec ce treizième, voici d’abord la vue par beau temps de chez ma maman :

Pour en finir avec ce treizième, voici ensuite le plus terrible de chez ma maman : Son énergie sombre ?

En figure de transition, voire transitionnelle, Iris en ciel :

jouer les motions de censure du subconscient bégayant,
tenter la transcendance, la courbure de l’espace temps,
la rédemption du système solaire,
les fluctuations de la géométrie de notre univers
Une défection de la lumière à la limite de la révolution
Savoir adpter ses outils
y compris pour le génome de sa mère.
Planck, dans quelle enfance te planques-tu ?
Dans quel zéro de l’absolue déception à -273 ° ?
Dans quelle courbe en cloche caractérisée par 6 nombres
Dans quel modèle tangible (en supposant celui de la relativité générale)
dans quel boson de Higgs en hideuse figure de proue
sur le visage de ma mère
déjà pur rayonnement de flux cosmologiques
déjà poussière d’étoiles en moi ?
Le monde entier peut travailler sur ces nouvelles observations
sur toutes les facettes
la porte est ouverte
à la lumière de l’évolution
et de ses stratégies enrageantes
pour regarder la réalité sans préjugés
sans trop se défaire de ses illusions mathématiques
Source : « A quoi jouent les grands primates dans la théorie du chaos ? Leçon  N°3 : L’espèce humaine- Analyses coûts bénéfices dans différentes situations existentielles de grands primates, modélisée et auto-immune contre les dangereux raccourcis se tombant dessus à bras raccourcis « .
Rapport Coface & OCDE, 2013
Comme  ma boulangère le disait ce matin,
tandis qu’elle me tranchait un pain au levain :
« Les mauvaises ondes et les manifestes d’espoir se propagent partout, sauf du côté du Cap de Bonne espérance, en zone blanche, où elles ne rentrent que via les zones grises hors catalogue. »

Une réflexion sur “Nostalgiques de tout rien

  1. marietan dit :

    je vois pas petit don memoriel du dimanche soir ,where is it ? Pour info, le centre eastmam dentaire n’a pas servi qu’à arracher des dents, pendant la guerre c’etait un centre de torture des nazis; ou à moins que ce soit les resisitants qui s’en soient servis pour torturer les collabos, enfin je sais plus à verifier tout de meme…Thierry M

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