Bas de laine de Proust

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janvier 7, 2013 par Parallèles Potentiels

De Marcel Proust, l’homme aux bas de laine mémoriels si doudous, tout le monde connait le commerce de madeleines, mais de quoi s’agissait-il au juste ? Voili voilou, on le convoque pour vous. A la réception du Grand Hôtel de Cabourg. Avec ou sans accusé de déception, il répond par texto :

 » Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes –  DSCF3899et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience… DSCF3794

Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. » A la recherche du temps perdu…

L’an dernier, « Un amour de Swann » avait cent ans, let’s célébrate la madeleine. Celle de Proust comme les nôtres.

Elles seront vivaces comme plante grimpante à coup sûr en 2114.

A porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir, de la recherche du doudou perdu et des loups retrouvés, des erreurs mi-avouées, mi rangées dans les armoires du temps; Tant il est vrai que parfois, il faudrait effacer au fur et à mesure le souvenir… pour mieux s’approprier le temps qui reste,

les A/R Paris-Brest brumeux, si crémeux,

qu’on dégustait au Mas d’Hélène

le 1er mercredi du mois

Sirène

gouttelette presque impalpable gouttelette presque impalpable, recherche du doudou perdu, du temps retrouvé, reperdu, un temps suspendu

Du coté de chez Swann, longtemps mon âme défunte mais pas trop se trémoussa au feu de bois. On se déchauffe avant d’entrer.

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